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Faux signal et mauvais signe
Publié dans La Presse de Tunisie le 06 - 02 - 2012


Par Oualid JAAFAR *
Le jeudi 22 décembre 2011, le gouvernement a été officiellement présenté à l'Assemblée constituante. Les commentaires et les analyses concernant ce gouvernement n'ont pas été à la hauteur de l'évènement et au bout de quelques jours, c'est silence on tourne ! Apparemment le réflexe s'est substitué à la réflexion (Albert Camus dans son désenchantement) et on apprend désormais que l'analyse a une date de péremption! Au nom de l'intérêt national, des voix s'élèvent ici et là, pour hausser le ton et nous tancer pour arrêter de critiquer l'exécutif ......qu'on donne le temps au temps ....du déjà vu et entendu ......Mais voilà celui qui ne cède pas à l'exercice de l'analyse expéditive entrevoit mieux les perspectives et trouve dans les faits présents le meilleur moyen de corroboration.
«Adjugé !» Monsieur le commissaire priseur Hamadi Jebali avait clôturé les enchères : le peuple a eu son gouvernement de 42 membres visibles et 3 cachés, superstition oblige ! Ennahdha rafle la mise en s'octroyant les portefeuilles régaliens... soif du pouvoir quand tu nous tiens !
Dès le début, la démarche était légère et hautaine. Le gouvernement de Béji Caïd Essebsi a été touché dans son amour, propre et a présenté rapidement sa démission, ce qui a accentué le doute et la léthargie dans le pays......Le tact est une qualité fondamentale en politique. A ce comportement peu chevaleresque, s'ajoutait le retard accusé dans la composition du nouveau gouvernement. Pis encore, quand la question est posée, on nous sortait l'argument caractéristique de la bêtise tunisienne : normal. Bref, on démarre avec un faux signal qu'on espère ne pas être aussi un mauvais signe annonciateur de l'atmosphère qui va régner dans ce gouvernement.
Un faux signal aurait pu être rapidement rattrapé par des orientations positives affirmées, mais hélas on est resté sur notre faim (pour les optimistes) et on est vraiment tombé des nues pour les réalistes : où sont les jeunes, où sont les femmes et où sont les compétences dans un gouvernement qualifié de «fils légitime de la révolution»; un gouvernement qui est loin de consacrer les valeurs de la révolution tunisienne……mauvais signe.
Les points d'interrogation et la main invisible de Rached Ghannouchi
Le grand point d'interrogation, c'est ce déséquilibre incompréhensible dans le partage des portefeuilles ministériels. Le CPR et Ettakatol n'héritent d'aucun ministère régalien et ils ne sont pas mécontents puisque apparemment l'un est satisfait du niveau des prérogatives octroyées au Président de la République et l'autre ne cache pas sa joie et sa fierté de présider l'ANC; des sentiments qui auraient pu se métamorphoser en un gâchis sentimental si Ennahdha avait tiré sur la gâchette… mais la conjoncture enflammée a fait barrage devant les ambitions illimitées de ce parti concernant la présidence de la commission en charge de l'élaboration du projet de Constitution.
Et puis les points d'interrogation fusent et se multiplient : pourquoi s'entêter à nommer le gendre de Rached Ghannouchi au poste de ministre des Affaires étrangères, sachant que ce dernier semble très intéressé (pour ne pas dire impliqué) dans l'élaboration des orientations de la nouvelle diplomatie tunisienne. La politique étrangère de la Tunisie deviendrait-elle une affaire de famille ? Et puis à un moment où mille et une questions se posent concernant une éventuelle influence qatarie sur la gestion des affaires extérieures de la Tunisie (et pourquoi pas intérieures !), on s'obstine à désigner un cadre du Centre d'Al Jazira qui ne peut qu'éprouver (naturellement) une sympathie particulière pour ce pays. Et puis dans le choix de M. Rafik Abdessalem, on n'a pas été regardant quant à son ignorance de la langue française, alors que la France est notre premier partenaire économique. Mais le guide ou le cheikh Rached Ghannouchi a toujours le dernier mot… mauvais signe
Deuxième point d'interrogation, Moncef Ben Salem. Celui qui considère que Bourguiba a «vendu la Tunisie à la France» et que Douagi représente une infamie au niveau des programmes d'enseignement, a tout pour être un rétrograde......Voilà c'est un monsieur imbibé d'objectivité qui pilotera l'enseignement supérieur en Tunisie......faux signal. On n'évoquera pas à ce niveau les zones d'ombre concernant son niveau d'implication décisionnelle au niveau du «groupe sécuritaire» du mouvement islamiste, car ce dossier qui n'a pas été discuté avec franchise concerne aussi des personnes placées à des postes de responsabilité plus importants........mauvais signe
Troisième point d'interrogation, Noureddine Khadimi. Ce dernier a joué un rôle clé dans l'exaltation des passions extrêmes suite à la diffusion du film Persepolis. Usant de la radio Zitouna comme rampe de lancement, il a enflammé les sentiments d'une frange importante des Tunisiens tout en usant de la précaution d'emploi «ne pas tomber dans le piège de la violence», mais évidemment il s'agit uniquement d'une simple «précaution d'emploi».........La récompense de N.Khadimi n'a pas tardé à venir : ministre des Affaires religieuses. La portée de cette désignation serait-elle annonciatrice d'un nouveau cap dans le positionnement officiel de l'Etat en matière d'interprétation religieuse et plus généralement dans l'attitude à adopter versus le rapport complexe: société et religion, n'oublions pas que M. N. Khadimi est un conservateur qui considère par exemple que le hijab est obligatoire en Islam.
D'autres incohérences et zones d'ombre entourent aussi ce gouvernement. Un ministre chargé de la réforme administrative ......est-ce compatible avec l'engagement (moral) de respecter le délai d'une année pour organiser de nouvelles élections...à moins que Mohamed Abbou, le responsable de ce portefeuille, compte s'auto-maintenir du moment que son parti a une vision temporelle plus élastique...........mauvais signe.
Tarek Dhieb, ministre de la Jeunesse et des Sports, ce grand footballeur a-t-il l'étoffe pour une telle responsabilité et la vision pour la jeunesse tunisienne ? Tarek Dhieb aurait pu faire un secrétaire d'Etat aux Sports, autre responsabilité, «pas assez compétent mon fils!»
La dernière intrigue, c'est l'intrigant Lotfi Zitoun, un ministre conseiller chargé des dossiers ou affaires politiques, un nouveau «Abdelaziz Ben Dhia» qui est en train de prendre place et de s'installer, et on le voit procéder méthodiquement à un marquage serré de Si Hamadi Jebali, à se dire si Monsieur Zitoun n'est pas un homme de l'ombre chargé d'exaucer des veux politiques tiers, un œil de Moscou qui veille au grain. Et puis ce Monsieur cache une arrogance qui le trahit de plus en plus. Malgré un séjour de plusieurs années en Grande-Bretagne, M. L.Zitoun se permet de faire la confusion dramatique entre flegmatisme et arrogance.
Voilà donc le beau cadeau concocté pour le peuple tunisien à l'occasion du premier anniversaire de sa révolution : un gouvernement pléthorique, une multitude de faux castings et une avidité incommensurable du pouvoir omniprésente «hic et nunc»...!
Et les évènements qui se sont précipités commencent à confirmer les appréhensions : laxisme irresponsable dans l'affaire de la faculté de Manouba et de celle de Sejnène (qui constituent par ailleurs d'excellentes actions promotionnelles pour le tourisme), des décisions incongrues en ce qui concerne les médias publics (très rassurantes pour l'avenir), incapacité d'apporter des réponses rapides et fondamentales concernant le dossier des martyrs et blessés de la révolution .........En un mot ce gouvernement a raté son départ et il ne cesse de montrer son incapacité de lancer des messages forts et d'enclencher une dynamique d'espoir à travers des actions immédiates......faux signal et mauvais signe
Les exceptions porteuses d'espoir
Pour finir sur une note positive, je dirai que la présence dans ce gouvernement de Hassine Dimassi, un fervent partisan d'un nouveau modèle de développement plus équitable, de Mehdi Mabrouk, un humaniste et un esprit éclectique, voire de Noureddine Bhiri, un avocat respecté dans le monde de la justice (*) peut être porteuse d'une lueur d'espoir et d'une parcelle d'assurance. Mais est-ce suffisant pour réussir l'entreprise ?
L'année 2012 est une année décisive, espérons que le gouvernement saura dissiper les craintes et nous faire oublier les faux signaux tout en en nous égayant de bons signes.
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(*) Même si une partie de l'opinion publique a été offusquée par les péripéties et les points d'interrogation sous-jacents à la libération de son frère dans le cadre de la dernière grâce et surtout au motif de l'inculpation initiale


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