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A la lueur encore vive
Critique Théâtrale: Cent et une étoiles, de Mounir El Argui
Publié dans La Presse de Tunisie le 20 - 01 - 2010


C'est véritablement de militantes de la scène qu'il s'agit dans ce spectacle de Mounir El Argui. Cent et une étoiles déborde du paysage actuel de la création théâtrale, s'étend pour rejoindre les racines de la contribution de la femme dans la pratique théâtrale jusque dans les années trente. Les étoiles de l'époque et jusqu'à nos jours se comptent par plusieurs dizaines : cent et plus probablement. Houda Ben Amor, l'instigatrice de cet hommage, un cartable sous la main, a joué son propre rôle de militante, à sa manière. Compilant documents historiques, coupures de presse, dépliants, affichettes, photos, le peu de matière qu'elle a ramassé lui a fourni de quoi proposer à Hamdi Hmaïdi la nomenclature du texte. Celui-ci fin prêt, elle le remanie dans une optique dramaturgique et confie la mise en scène à Mounir El Argui. Parmi la constellation des étoiles recencées, quelques phares sont retenus que Houda campe non sans brio. La pionnière n'est autre que Hbiba M'sika, l'actrice et chanteuse «maudite», dont l'ascension fut époustouflante et s'achèvera par une fin tragique (elle fut immolée par son amant). Suivront Fadhila Khetmi, Chéfia Rochdi et Fethia Khaïri qui s'insèrent dans la lignée des comédiennes charismatiques et caractéristiques de la lutte pour la participation de la femme à la pratique théâtrale. Car faut-il rappeler qu'à cette époque, le théâtre était perçu comme l'expression de l'oisiveté, de la marginalité, d'ailleurs concernant aussi bien les femmes que les hommes. Cette première génération de comédiennes, sur lesquelles s'est longtemps posé un regard de suspicion, réducteur et méprisant, ont bravé bien des réticences. Elles ont été sans doute soutenues, encadrées et accompagnées par des artistes eux aussi «maudits», en l'occurrence le groupe «Taht Essour» mais c'est dans la douleur qu'elles ont pu percer et venir à bout de toutes les résistances sociales culturelles et souvent aussi politiques (certaines des pièces où elles jouaient confinaient au son patriotique). La deuxième génération s'inscrit dans une autre conjoncture. Au début des années cinquante, s'énonce un théâtre en quelque sorte «consacré» par le social et faisant désormais partie des traditions des publics. Les efforts de comédiennes telles que Narjess Attia, Mouna Noureddine, Samia Mzali, Anissa Lotfi… se tournent vers le peaufinage de l'expression. C'est un nouveau combat pour la technicité, la spécificité de la chose théâtrale. Car les premiers hommes de théâtre tunisiens formés à l'étranger commençaient à déferler sur la scène et initièrent pour ainsi dire les premières transformations dans la conception de la pratique théâtrale. Mais pour revenir au sujet de la pièce, le rôle joué par les femmes dans leur propre promotion et celle du 4e art demeure au cœur de la préoccupation du spectacle. Houda Ben Amor, se déplaçant non sans aisance dans les rôles difficiles d'artistes telles que Hbiba M'sika, Fadhila Khetmi, Chéfia Rochdi…, a porté le spectacle dans ses tripes. Elle a fait preuve d'une énergie remarquable. C'est un hommage qui vient à point nommé, par cette année de la célébration du centenaire du théâtre tunisien, rafraîchir la mémoire des jeunes générations théâtrales quant à l'itinéraire édifiant de ces étoiles. Ce spectacle, dont la première a ouvert les Journées du théâtre arabe, récemment organisées au Théâtre municipal de Tunis, poursuivra ses représentations et fera sans doute encore parler de lui.

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