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Secteur du livre, indépendance éditoriale et bibliodiversité
Publié dans La Presse de Tunisie le 25 - 02 - 2012

• «L'édition indépendante : perspectives européennes et maghrébines», une conférence de Luc Pinhas à la Bibliothèque nationale
«Je crois que tout a basculé. Personne ne sait ce qu'il faut faire. C'est terrifiant », a confié Mohamed Kameleddine Gaha, le directeur de la Bibliothèque nationale de Tunisie, mercredi dernier, à l'occasion du lancement d'un cycle de conférences, organisé en partenariat avec l'Institut français de Tunisie et l'Institut de recherche sur le Maghreb contemporain.
Ce cycle est une initiative visant à construire « quelque chose pour le livre », pour reprendre l'expression du directeur de la BN. Il essayera, entre autres, de réunir tous les acteurs du secteur autour d'un sérieux projet de réforme alternatif. Il tenterait également de répondre à une question d'une extrême urgence : « Avec quels outils penser la société tunisienne aujourd'hui ? »... Le premier rendez-vous a été donc confié à Luc Pinhas, vice-président de l'Alliance internationale des éditeurs indépendants. Le chercheur a défini avant d'évaluer deux notions apparues dans le champs de l'édition et de la librairie depuis une quinzaine d'années qui sont « l'indépendance éditoriale » et « la bibliodiversité ».
Pinhas s'est basé, dans son intervention, sur des travaux de recherches, menés par des économistes pour évaluer la bibliodiversité. « Une tâche délicate », a précisé le conférencier. Il a brossé un état des lieux de l'édition française, parlé des acquis et des lacunes du secteur, à travers une intervention riche, pointue et très technique... Il a insisté, par ailleurs, sur l'importance du groupement pour faire pression sur l'Etat, en distinguant, à ce propos, deux sortes d'aides possibles : l'une quantitative (à la production et à la vente des livres...) et l'autre qualitative (au financement des projets éditoriaux...). Le chercheur français a aussi évoqué l'édition numérique et sa contribution dans la diffusion du livre à échelle mondiale et dans la conquête d'autres modes de lecture. Il a félicité, à cette occasion, la première initiative de la librairie tunisienne en ligne, lancée par Cérès production.
Avec beaucoup de réserves, Luc Pinhas a abordé la situation du marché du livre dans les pays du Maghreb en général et en Tunisie en particulier, en essayant d'examiner comment les notions « indépendance éditoriale » et « bibliodiversité» peuvent y avoir sens et d'interpeller public, professionnels et responsables politiques. «Après la révolution, le livre a apparemment connu un essor spectaculaire en Tunisie. Il suffit de voir les vitrines des librairies!», a observé le chercheur français. « Ce n'est pas vrai !», devait riposter un éditeur présent. Et d'ajouter : « La révolution a aidé certains éditeurs à prospérer, mais elle a contribué à en tuer d'autres ».
Le secteur du livre regorge apparemment de problèmes immenses. Les auteurs qualifient les éditeurs de « prédateurs » qui reprochent leur « ingratitude » aux écrivains. Selon l'un d'eux, ces derniers « changent de comportement dès la parution de leur premier livre». La relation entre ces deux acteurs semble en crise. «Et ces querelles nous enfoncent de plus en plus dans le gouffre», a observé un auteur.
Il y a urgence à agir. C'est évident. L'historienne Kmar Ben Dana croit que le vrai handicap du secteur vient de la marginalisation du métier de libraire. « Un métier qui doit être révisé de fond en comble. Le livre a besoin d'un récepteur de qualité», propose-t-elle
D'autres éditeurs croient que la privatisation du livre scolaire est essentielle pour nourrir le secteur et favoriser la production du livre culturel. Sans une autonomie financière, le domaine ne pourra pas aller au-delà de ses limites actuelles. L'indépendance de l'édition n'est pas étrangère à la culture tunisienne. L'assistance a rappelé les efforts de Noureddine Ben Khedher, l'un des fondateurs des éditions Cérès qui a toujours milité pour ce principe. « Je me rappelle d'une phrase que ce dinosaure a prononcée pour mettre fin à une querelle avec un auteur. Il a dit : « C'est moi qui mène le plaisir. Et je crois qu'il a raison », nous confie Karim Ben Smaïl, directeur de Cérès. Comment alors peut-on mener le plaisir au lecteur dans cet environnement culturel « trouble » ? « On trouvera des solutions si on restera unis. On a plus que jamais besoin de dialogue», devait conclure Kamel Gaha, le directeur de la BN. Que les bien intentionnés l'entendent...


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