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Changement de cap ?
Point de mire
Publié dans La Presse de Tunisie le 01 - 04 - 2012


Par Abdelhamid GMATI
Le mouvement Ennahdha a donc fini par accepter la reconduction de l'article premier de la Constitution de 1959 qui stipule que «la Tunisie est un Etat libre, indépendant et souverain. Sa religion est l'Islam, sa langue l'arabe et son régime la République». Après avoir fait un forcing à l'ANC, dans les mosquées, et dans les rues avec des manifestations de masse réclamant l'introduction de la charia dans la Constitution, le mouvement renonce à cette exigence. Repli tactique ou changement de cap ? Le leader du mouvement explique : «Nous ne voulons pas introduire une notion dans la Constitution alors qu'elle est encore objet de discorde ou d'incompréhension. Il y a plusieurs interprétations de la charia et l'opinion publique n'arrive pas à avoir une vision claire de la chose et certains ont peur de son application. Dans ce sens, il faut préciser que la charia est bien plus que des châtiments corporels. Finalement, le consensus a été obtenu sur l'Islam et la démocratie, et non pas sur la charia dont les principes ne sont pas bien assimilés par Monsieur-tout-le-Monde et dont certaines mauvaises applications en ont donné une image déformée». M. Rached Ghannouchi ne donne cependant pas sa propre interprétation de manière explicite. «L'Islam, c'est la charia. Les deux termes renvoient au même sens. Sauf que le sens usité et que l'on donne actuellement à la charia est très réducteur puisqu'il le résume à un ensemble de châtiments corporels», dit il.
Mais qu'est-ce au juste la charia ? Un éminent penseur tunisien estime qu'«il n'existe pas dans le texte coranique de trace du terme ‘‘charia'' qui constitue l'une des causes de l'oppression vécue par les musulmans... dès lors qu'elle est soumise à la dictature des exégètes». Et il ajoute : «Ma religion est la liberté... car le Coran la consacre de manière explicite, les apports des exégètes dans la pensée salafiste sont une déformation des textes coraniques». Opinion et analyse partagées par de nombreux penseurs musulmans à travers le monde. En fait, on ne sait pas trop ce qu'il faut entendre par ce mot. Tout est affaire d'interprétation selon les exégètes qui en ont établi les règles. Chacun, à travers les siècles et les sociétés, a essayé de codifier la vie du musulman tant dans ses aspects publics que privés. Au nom de la religion, on veut régir le code de la famille, les transactions financières, aussi bien que l'héritage, les infractions pénales, les affaires judiciaires et même la tenue vestimentaire («plus on cache le corps plus on est pieux»). Et cela se fait souvent à coups de fatwas : comme celle prononcée en 2007 par un imam de l'Université égyptienne Al-Azhar, autorisant une «femme à allaiter son collègue à cinq reprises afin de nouer avec lui une relation de sein». Ce qui les empêcherait d'avoir des relations sexuelles. Fatwa qui a soulevé une vive polémique. Lubna Ahmad Al-Hussein, la journaliste soudanaise qui avait été condamnée en 2009 à quarante coups de fouet pour avoir porté un pantalon, vient de publier un livre avec Djénane Kareh Tager (Suis-je maudite) dans lequel elle démonte la mythologie édifiée au fil des siècles et qui a abouti à l'édification de lois qui n'ont rien à voir avec le Coran, voire le contredisent.
Les nahdhaouis, dont certains sont érudits, ne peuvent pas ne pas être au courant de ces analyses. On pourrait donc penser que s'ils tiennent à la charia c'est qu'ils tiennent à exercer le pouvoir en se dotant d'une légitimité religieuse. Certains responsables nahdhaouis, dont certains élus à l'ANC, ont déjà exprimé leur désaccord avec leur chef et ne sont pas prêts à renoncer à la charia. Et là aussi, personne ne donne sa propre interprétation de la charia. Un élu de l'opposition fait remarquer qu'il n'existe pas une charia mais des charia. Serait-ce celle en cours en Arabie Saoudite, au Soudan, en Iran, celle des soufis, celle des salafistes, du Hezb Ettahrir...? Selon lui, le problème de l'inscription de la charia dans la Constitution pose le problème de son interprétation, et que selon ces interprétations, la charia peut ouvrir la porte à une nouvelle forme de dictature. Une autre question se pose : plusieurs de ces adeptes de la charia rejettent la Constitution, la démocratie, la République, la notion d'Etat et même le drapeau tunisien. Quelle société tunisienne veulent-ils édifier ?
Pour le moment, prenons acte de ce consensus sur l'article premier de la future Constitution. On retiendra aussi cette affirmation du chef d'Ennahdha :«L'Islam est la religion de l'Etat avec tout ce que cela a et entraîne comme implications».
Cela veut-il dire qu'à un moment ou un autre, la charia sera à l'ordre du jour ?


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