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IX- La Cité interdite ouverte à tous
Reportage
Publié dans La Presse de Tunisie le 12 - 05 - 2010

Par notre envoyé spécial en Chine Hmida BEN ROMDHANE
Le balcon duquel Mao Ze Dong avait proclamé le 1er octobre 1949 la République Populaire de Chine est envahi quotidiennement par les visiteurs. Surplombant la place Tienanmen, le balcon historique, décoré par un portrait géant de Mao, est situé juste au-dessus de la Porte de la Paix céleste qui commande l'entrée sud de la Cité interdite.
On est pris de vertige quand on regarde du fameux balcon la place Tienanmen, tellement elle est immense et noire de monde. Des Pékinois, quelques étrangers, mais surtout des provinciaux chinois, chaque groupe suivant son guide qui le précède avec un long drapeau distinctif à la main. Avec l'élévation du niveau de vie dans les provinces, des milliers de Chinois arrivent quotidiennement dans la capitale avec la ferme intention de découvrir les splendeurs d'une histoire millénaire dont ils sont visiblement fiers.
Des dizaines de milliers de personnes qui vont, viennent, se croisent, montent, et descendent, traversent en long et en large l'immense place Tienanmen, cela donne effectivement le vertige. Cette place mérite largement son nom de «plus grande place au monde». C'est un immense rectangle de près d'un demi-million de mètres carrés, 880 mètres du nord au sud et 500 mètres d'est en ouest.
Deux immenses bâtisses se font face à 500 mètres de distance : le Palais de l'Assemblée du Peuple à l'ouest et le Musée de l'Histoire de la Révolution à l'est. Mais elles semblent susciter peu d'intérêt si l'on juge par les mouvements de la foule qui se font, dans leur immense majorité, dans le sens nord-sud.
Dans le sens nord-sud, car tout le monde se dirige vers le sud de la place Tienanmen où se trouve l'entrée sud de la Cité interdite, désormais ouverte à tous. Elle doit son nom au fait que, pendant des siècles, c'est-à-dire pendant tout le règne des 24 empereurs des deux dynasties, Ming et Qing, qui ont gouverné la Chine de 1420 à 1911, le peuple n'avait pas le droit de s'en approcher ni les empereurs et leurs proches d'en sortir, sauf dans des cas exceptionnels.
La visite de la Cité interdite commence par la «Cour extérieure» qui se compose de trois salles principales : la «Salle de l'Harmonie suprême», le «Salle de l'Harmonie parfaite» et la «Salle de l'Harmonie préservée». C'est là où l'empereur gouvernait, recevait ses ministres, présidait les cérémonies officielles, etc.
Derrière la «partie officielle» de la Cité interdite, se trouve la «Cour intérieure» réservée aux appartements de l'empereur et de l'impératrice, les proches, les concubines, les eunuques, les serviteurs, etc. Elle comprend «le Palais de la Pureté Céleste», «la Salle de l'Union» et «le Palais de la Tranquillité Terrestre».
Ce qui frappe le plus, c'est l'état impeccable dans lequel sont conservés le trône de l'empereur, les meubles des appartements, les lits, les alcôves, les rideaux, les peintures et autres objets de décoration.
Selon notre guide, les innombrables palais de la Cité interdite «comportent 9.999 chambres» car en Chine, le chiffre 10.000 symbolise la perfection qui ne peut être atteinte que par les divinités. Les hommes ne peuvent que tendre vers la perfection sans jamais l'atteindre. Par conséquent, le maximum de chambres que les empereurs pouvaient se permettre est de 9.999. Il s'agit évidemment d'une légende. Selon une enquête effectuée par les autorités chinoises en 1973, la Cité impériale comporte exactement 8.704 chambres.
«C'est la plus grande construction en bois au monde», assure le guide. «Pour construire cet immense complexe, on a dû procéder à une déforestation à grande échelle. Des centaines d'hectares de cèdres étaient nécessaires pour construire la Cité interdite entre 1406 et 1420».
En effet, les palais impériaux reposent sur d'immenses et d'innombrables colonnes, chacune représentant à elle seule un cèdre. Les cours d'eau, présents partout dans la Cité, servent surtout à éteindre les incendies, faciles à se déclencher dans ces interminables constructions à base de bois. Devant chaque palais, deux immenses chaudrons au moins sont constamment remplis d'eau. Le but étant, en cas d'incendie, de procéder rapidement aux premières extinctions.
Le visiteur est frappé par l'omniprésence des brûle-encens. «Quand tous ces brûle-encens sont utilisés en même temps, la Cité interdite est couverte d'un immense nuage de fumée et les empereurs ont l'impression que leur Cité est montée au ciel», explique le guide. «Mais les brûle-encens ont une autre fonction. Ils servent à communiquer avec les divinités à travers la fumée qui monte vers le ciel. Les empereurs prient souvent les divinités et les implorent d'éviter au pays les catastrophes, de donner à l'agriculture assez d'eau, mais pas trop, etc».
Les brûle-encens sont presque aussi nombreux que les dragons. On en voit partout où l'on va. «C'est normal», explique le guide, «le dragon est le symbole de la force et de la puissance. Il fait partie des mythes fondateurs de la civilisation chinoise. Mythologiquement, il est le gardien de l'intégrité et de la pérennité de l'empire. Le dragon n'est pas seulement représenté en statue, mais il est brodé aussi sur les habits des empereurs. Seuls les empereurs ont le droit de se faire broder des dragons à cinq griffes sur leurs habits».
Un autre animal bizarre est présent dans la Cité interdite et dont on peut acheter une réplique en miniature dans les magasins de souvenirs : une tortue avec une tête et des pattes de dragon ! L'un des empereurs voulait qu'un animal représentant la longévité fût présent avec les dragons et les grues dont les statues pullulent devant les palais et dans l'immense jardin impérial. Quel autre animal peut symboliser la longévité mieux que la tortue. Le seul petit problème est que sa lenteur et sa faiblesse sont peu compatibles avec le caractère des empereurs. Qu'à cela ne tienne. On mariera la longévité, la rapidité et la force et on offrira à l'empereur un animal sur mesure : la tortue avec une tête et des pattes de dragon.
Reste l'énigme de la grue, omniprésente elle aussi, toujours debout sur ses longues pattes, mais dans différentes postures. «C'est la monture préférée des divinités qui l'utilisent dans leur descente des cieux quand ils décident de faire un tour sur terre», explique le guide sur un ton solennel.
La couleur rouge est dominante dans la Cité interdite. Les murs extérieurs et intérieurs, les plafonds, les colonnes de cèdre, etc. C'est la même couleur qu'utilisent les restaurants chinois dans les quatre coins du monde. Cette couleur n'est pas choisie au hasard ni sur un coup de tête. Le rouge est la couleur du feu, et les mauvais esprits ont peur du feu… Une explication d'autant plus crédible qu'aucun mauvais esprit n'est venu troubler cette mémorable visite de la Cité interdite.
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Demain : X- Mao, l'éternel


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