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Le juge d'instruction ne s'est pas encore prononcé
Affaire de l'attentat à la pudeur contre la fille violée et son compagnon
Publié dans La Presse de Tunisie le 03 - 10 - 2012

Le juge d'instruction, Mohamed Ben Meftah, a procédé hier au tribunal de première instance de Tunis 1 à l'interrogatoire de la jeune fille violée et de son compagnon pour attentat à la pudeur, en vertu de l'article 226 du Code pénal. Il a décidé le report de l'affaire pour examen. Selon le comité de défense du couple constitué par plus de 50 avocats bénévoles, il n'y a ni abandon des poursuites ni inculpation du couple.
Le juge d'instruction avait interrogé les jeunes et écouté les plaidoiries de leurs avocats qui se relayaient dans le bureau 13 du Tribunal. Le comité de défense a soulevé à l'unanimité des vices de formes pour passer ensuite au fond. A ce titre, les hommes et femmes de loi ont relevé le manque de preuves de culpabilité du jeune couple, et «à supposer qu'il y ait des preuves, les éléments constitutifs du délit ne sont pas réunis», nous déclare Radhia Nasraoui, avocate en titre de la jeune fille.
Au terme d'un interrogatoire qui a duré près de trois heures, le couple a quitté le tribunal protégé par les forces de l'ordre et suivi par une nuée de journalistes et de photographes de la presse locale et internationale. La jeune fille de vingt-sept ans, qui avait été violée la nuit du 3 septembre par deux policiers, paraissait très frêle sous un foulard noir et des lunettes de soleil qui lui cachaient entièrement le visage. Son compagnon avait lui aussi la tête entièrement recouverte. C'est dans la voiture de Radhia Nasraoui qu'ils ont quitté les lieux vers 13h.
Les avocats se disent optimistes pour un classement sans suite
Dehors et malgré la chaleur, la place était noire de monde depuis 9h du matin. Des jeunes filles, des femmes et hommes, pour certains, pancartes en main, scandaient des slogans hostiles aux ministères de l'Intérieur et de la Justice. Des figures de la société civile et bon nombre de constituants avaient également marqué leur présence.
Confiante et arborant un sourire, Bochra Bel Haj Hmida, autre avocate du comité de défense, annonce le bon déroulement des plaidoiries, en se disant optimiste pour un classement du dossier. Pour enchaîner devant les micros des journalistes que le juge s'est basé sur les déclarations de la victime prises sous la pression au poste de police. Il faut savoir que dans le poste, ils l'avaient poussée même à abandonner les poursuites. L'intention était claire de la discréditer, conclut-elle.
Au sortir de l'interrogatoire, Saïda Garraj avait pour sa part dénoncé ce qu'elle considère comme un encouragement de l'hostilité envers les femmes et leurs droits, «la femme victime d'une agression sexuelle est toujours responsable quelque part, on essaye de trouver une justification, accuse-t-elle. Une mentalité nourrie par des textes de loi attentatoires aux droits de la femme, et nourrie par des pratiques selon lesquelles les femmes sont responsables de ce qui leur arrive avant d'être victimes», conclut la militante avocate.
Interrogé par La Presse, Abdessatar Ben Moussa, président de la Ligue des droits de l'homme et en sa qualité d'avocat du comité de défense, a dénoncé, quant à lui, l'ouverture de l'instruction par le ministère public qui «avait un pouvoir d'appréciation», mais qui a obéi, aux instructions du ministère de la Justice, déclare l'homme de loi avec beaucoup de regret.
Décourager les femmes agressées à porter plainte
La présidente de l'Association tunisienne des femmes démocrates, Ahlem Belhaj, constituée partie civile dans l'affaire, précise pour sa part que l'Atfd qui a accompagné des femmes victimes de violence sexuelle, et compte tenu de son expérience dans le domaine, dénonce de fait «des lois dans le code pénal faites pour décourager les femmes agressées sexuellement à porter plainte». Ce qui est positif aujourd'hui, selon la militante, c'est la mobilisation de tout le monde. Nous avons accompagné des cas dramatiques dans le passé, se souvient-elle, comme ce cas de la petite fille de 8 ans qui avait subi des attouchements sexuels par un commissaire de police. Mais au bout de quatre ans de lourdes procédures, d'appels en cassation, nous avons perdu l'affaire, narre-t-elle tristement. «Maintenant, il ne faut plus se taire, lance-t-elle, et je salue toute la société civile qui se mobilise, les citoyennes et citoyens, et je condamne le ministère de la Justice qui a transformé la victime en coupable, c'est quelque chose de particulièrement grave», accuse-t-elle. Avant de conclure par un appel qu'elle lance à tout le monde et aux médias «à soutenir la victime sans essayer toutefois de serrer l'étau sur elle ou de fouiner dans sa vie privée».
Sur l'avenue Bab-Bnet, devant le tribunal, les gens étaient plus présents pour affirmer leur engagement en faveur des libertés individuelles et du statut de la femme. Des citoyens criaient à tue-tête «violée ou voilée, que faut-il choisir ? » Une universitaire enseignante de civilisation musulmane à la Manouba, Amel Grammi, était parmi eux. Invitée à donner son point de vue, elle répond : «si la fille qui avait été violée était voilée, comment aurait été la réaction ? Je peux vous certifier que le jugement aurait été très sévère et en l'espace de 24 heures le pays aurait été sens dessus dessous, parce que la chasteté est désormais associée au voile», dénonce-t-elle.
Plusieurs constituants et constituantes ont été aperçus dans les allées du Tribunal : Selma Mabrouk, Nadia Chaabane, Selma Baccar, Mourad Amdouni, Noomaen El Fehri, Iyed Dahmani et bien d'autres. Néjib Chebbi a déclaré pour sa part qu'il est scandaleux de juger, cette jeune fille, dans la mesure où elle a été une victime innocente d'un viol de la part d'agents de l'Etat. Au lieu de sévir et punir pour protéger à l'avenir ces jeunes femmes, on les transfère devant un juge d'instruction, fustige-t-il
Selon les bruits de coulisses, le juge d'instruction aurait pu délibérer le jour même. Il le fera dans peu de temps en faveur d'un abandon des poursuites, espérait Radhia Nasraoui. Affaire à suivre.


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