Les Sfaxiens ont choisi le Cap Bon pour se préparer dans la quiétude. En gardant le sourire aux lèvres, ils décompressaient comme ils le pouvaient Il était 16h30, jeudi, le bus transportant l'équipe sfaxienne s'est arrêté devant le portail du stade Mohsen-Haddad de Grombalia. Luka et sa bande font leur entrée et se dirigent vers les vestiaires. Malgré un ciel grisâtre et un temps venteux, les joueurs se dirigeaient sans tarder vers le terrain central. Souriants et décontractés, les joueurs qui foulaient successivement la pelouse, s'amusaient ensemble en se passant le ballon. La présence des représentants des médias à l'entraînement semble ne pas gêner le staff technique et les joueurs. Et quand nous abordons l'un d'entre eux, il s'arrête volontiers pour nous accorder une interview, toujours avec le sourire. Le trophée, c'est la première chose à laquelle on pense, et ce, peu importe la question qu'on pose : "Nous espérons faire un bon match et conserver notre trophée", nous a lancé Moëz Aloulou, vraisemblablement très ému de disputer sa première finale de Coupe de Tunisie : "Les jeunes du groupe, tout comme moi, sommes émus de disputer notre première finale. Tous les jeunes souhaitent apporter le plus escompté", espère le jeune milieu sfaxien. Plutôt décontractés Et c'est à 16h45, alors que les premières gouttes de pluie commençaient à s'abattre sur le terrain, que Luka sifflait le coup d'envoi, non pas de la finale, mais de l'avant-dernière séance de préparation qui s'est déroulée devant une cinquantaine de spectateurs, venus observer à l'œuvre le détenteur du trophée. Pendant près une heure, les "Noir et Blanc" se sont livrés à des exercices légers. Contrôle de balles, passes courtes sur des petites passerelles du terrain, et pour conclure, un petit exercice d'application. Tout s'est fait dans une ambiance plutôt décontractée. Les caméras de télévision, les flashes d'un appareil photo, ne les gênent guère. On plaisante, certes, mais on demeure concentrés. Et contrairement aux apparences, le stress est bien là, mais on le stigmatise : "Le CSS est un habitué des finales, que ce soit à l'échelle nationale que continentale. N'empêche que cette finale est un match piège par excellence. L'OB est une équipe qui force le respect. Les ambitions des Béjaois de remporter le trophée sont légitimes. De plus, nous aborderons cette explication au bout d'une longue et épuisante saison. On se rappelle forcément des difficultés que nous avons connues tout au long de la saison. On se dit alors que le salut passe par une consécration. Et quand on pense à tout cela, on est forcément stressés. On essaye donc de stigmatiser le stress en plaisantant ensemble tout en restant bien concentrés aussi bien à l'entraînement que durant les séances de visionnage", explique Chedy Hammami. Et pour pouvoir garder le cap à l'entraînement, on n'hésite pas à se défouler à l'hôtel. On fait comme on peut Le jeune Aloulou nous livre la recette pour rester à la fois décontracté et concentré à l'entraînement : "A l'hôtel, que ce soit à la réception ou dans nos chambres, la finale s'invite dans nos discussions. Et pour combattre le stress, on navigue sur Internet ou on regarde le football européen à la télé. Cette semaine, nous avons conservé nos habitudes. Il y a sans doute un peu de stress, car on ne peut pas échapper à la pression du match. C'est pourquoi, nous avons essayé de créer une bonne ambiance. Ça nous arrive aussi de nous défouler un peu, histoire de décompresser", nous a il fait savoir, tout en ajoutant : "Tout au long de la saison, nous avons effectué plusieurs stages. Nous ne sommes donc pas à notre premier rassemblement. A force d'être ensemble durant les stages et les mises au vert, nous avons appris à vivre en famille. Et c'est agréable". Dans leur lieu de retraite à la station balnéaire Yasmine Hammamet, les joueurs conservent leur sourire, alors qu'ils s'apprêtent à se diriger vers le restaurant pour dîner. Ils se comportent comme des membres d'une grande famille. "Nous avons passé plus de temps ensemble qu'avec nos familles. Nous avons appris à nous connaître. Nous parlons beaucoup ensemble pour être prêts à tous les scénarios imaginables", souligne Hammami.