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Israël et le danger d'« implosion »
Chronique du temps qui passe
Publié dans La Presse de Tunisie le 25 - 05 - 2010


Par Hmida BEN ROMDHANE
Que la «Flottille de la liberté» partie de Turquie arrive cette fois à briser le blocus imposé à Gaza ou sera empêchée d'accoster par les navires de guerre israéliens, Israël est perdant dans les deux cas de figure. Et il est plus perdant encore s'il arrive à faire avorter cette nième tentative de faire parvenir une aide à une population qui en a désespérément besoin. Le gouvernement israélien aura ainsi contribué à noircir encore plus une réputation internationale en lambeaux et versé de l'eau au moulin des centaines d'ONG mobilisées au niveau international pour dénoncer en temps réel les abus et les exactions commis par un Etat qui, depuis des décennies, s'est mis délibérément hors la loi.
En fait, ce qui enrage le gouvernement israélien, ce ne sont pas ces tentatives répétées d'organisations humanitaires internationales de briser le blocus de Gaza, mais leur activisme débordant considéré en Israël comme «la plus grande menace stratégique» qui pèse sur le pays. Il faut revenir au rapport d'un think tank israélien, Reut Institute, basé à Tel-Aviv, pour comprendre les raisons de la haine inextinguible que vouent les responsables israéliens aux organisations humanitaires.
En janvier dernier, Reut Institute a publié un rapport mettant en garde le gouvernement israélien contre la «grande menace stratégique» que pose pour le pays l'activisme des organisations humanitaires. Dans un exposé au PowerPoint devant le gouvernement israélien, réuni en février dernier pour l'occasion, le président du Reut Institute, Gidi Grinstein, s'est époumoné à montrer comment les organisations humanitaires internationales cherchent à provoquer «l'implosion» du pays de l'intérieur en lançant une campagne à grande échelle de «délégitimation d'Israël».
Le président de Reut Institute a semé la trouille parmi les membres du gouvernement israélien en leur citant des exemples d'Etats qui ont implosé non pas suite à des défaites militaires sur le champ de bataille, mais à des «campagnes de délégitimation internationale», comme ce fut le cas pour l'Etat raciste d'Afrique du Sud ou les Etats communistes d'Union soviétique et d'Allemagne de l'Est.
Le rapport donne une longue liste des «délégitimeurs» d'Israël (delegitimizers of Israel) qui «ont pignon sur rue à Londres, Madrid, Toronto, la Baie de San Francisco et ailleurs». Elle comporte : 1- «Ceux qui dénoncent l'incapacité du gouvernement israélien à respecter la loi internationale et cherchent à traduire des responsables politiques et militaires devant des tribunaux internationaux»; 2- «Ceux qui qualifient les récentes attaques israéliennes contre les Palestiniens et des pays voisins de crimes de guerre et crimes contre l'humanité»; 3- «Ceux qui décrivent les colonies dans les territoires occupés comme illégales et immorales»; 4- «Ceux qui demandent la fin de la discrimination contre les Palestiniens à l'intérieur des frontières israéliennes»; 5- «Ceux qui qualifient le blocus de Gaza d'illégal et de punition collective»; 6- «Ceux qui qualifient Israël de paria et d'Etat d'apartheid»; 7- «Ceux qui refusent le droit d'Israël à l'existence ou le doit du peuple juif à l'autodétermination»; 8- «Ceux qui appellent pour la solution de l'Etat unique au conflit israélo-arabe».
On le voit la liste est longue, et les chercheurs du Reut Institute ont sans doute oublié plusieurs autres catégories de «délégitimeurs», tellement les actions et les attitudes critiquables et condamnables des gouvernements israéliens successifs depuis 1948 jusqu'à ce jour sont nombreuses.
Il va sans dire que pour les extrémistes israéliens, et ils sont légion par les temps qui courent, tous ces «délégitimeurs» sont des antisémites. Et comme il y a beaucoup de juifs parmi les «délégitimeurs», comme Richard Goldstone, l'auteur du rapport sur la guerre de Gaza, Noam Chomsky, qui s'est vu refuser l'entrée en Israël et dans les territoires occupés le 16 mai dernier, ou encore les journalistes Uri Avneri et Gideon Lévy, «traîtres» en Israël, mais auxquels l'adjectif antisémite s'applique difficilement, les extrémistes ont résolu le problème en leur collant l'étiquette de «Self-hating jews» (littéralement les juifs qui se détestent).
Tous ceux qui aujourd'hui en Israël défendent la ligne politique absurde (contre la solution de deux Etats, contre la solution d'un seul Etat, contre le respect de la loi internationale, l'usage de l'arme de l'antisémitisme pour contrer toute critique, etc.) ont de sérieuses raisons de s'inquiéter face à l'échec inéluctable du projet sioniste, surtout quand ils ont en tête l'échec du «projet-jumeau», celui de l'apartheid sud-africain.
Ayant mis le doigt sur la plaie, et ayant souligné le danger d'implosion auquel aura à faire face Israël dans le cas où les campagnes de «délégitimation» se poursuivent, les auteurs du rapport ont bien sûr proposé des solutions. Compte tenu de leurs références académiques, on aurait opté sans hésitation pour l'idée que ces chercheurs du Reut Institute sont dotés d'une intelligence qui leur permet de proposer quelques solutions sensées et censées couper l'herbe sous les pieds des «délégitimeurs» du genre retrait aux frontières du 4 juin 1967 et respect de la légalité internationale.
Mais au vu de la solution proposée, on ne peut s'empêcher de conclure que ces «chercheurs» ne cherchent pas à prévenir l'«implosion» qu'ils redoutent mais, par excès de stupidité, à la précipiter. Comment peut-il en être autrement quand ces gens du Reut Institute recommandent vivement au gouvernement israélien de mobiliser Shin Beth et Mossad (services de sécurité et d'espionnage) pour des opérations de «sabotage» des activités des ONG dans le but d'«entraver leurs campagnes de délégitimation» ? H.B.R.


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