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la nouvelle société tunisienne (II)
La Révolution du Jasmin :
Publié dans La Presse de Tunisie le 26 - 07 - 2013


Par Boubaker BENKRAIEM
Même nos trottoirs et certaines de nos places ont été réquisitionnés d'office par des vendeurs qui, utilisant des étals anarchiques ou directement par terre, exposent des objets de toutes sortes (essentiellement d'origine chinoise et parfois dangereux), introduits dans notre pays par des filières difficilement démasquables et qui, non seulement dérangent les passants, mais encore gênent les affaires des petits commerces qui, eux, renflouent les caisses de l'Etat, en payant leurs taxes.
Aussi nous avons assisté, en 2011, stupéfaits et inquiets, à la dissolution le plus normalement du monde d'un organisme très important pour la survie de l'Etat connu sous le nom de Sûreté de l'Etat et dont la mission, à connotation sécuritaire, est surtout préventive. En effet, la mission essentielle de cet organisme spécialisé est la recherche, à l'intérieur et à l'extérieur du pays, de renseignements se rapportant à toutes les personnes, nationales ou étrangères, projetant tout genre de nuisance au pays. La raison invoquée pour sa suppression était le fait que ce service serait devenu, sous l'ancien régime, une police politique. Faut-il rappeler que l'Administration, de quelque nature qu'elle soit, est subordonnée au décideur politique qui n'est autre que le ministre. C'est à lui et à lui seul de ramener ce service, à chaque fois, sur le droit chemin en vue de remplir la mission pour laquelle il a été créé. L'erreur est là : le responsable politique qui a pris cette décision, très grave par ailleurs, manque d'expérience et aurait dû s'informer et se concerter avec le gouvernement. Ce qui est regrettable et dommageable pour le pays, c'est la mise à la retraite d'office d'un grand nombre de cadres spécialisés dans le domaine du renseignement, cette spécialité rare et difficile et nécessitant plusieurs années de formation et d'expériences. Saluons la décision du chef du gouvernement qui décida, tout dernièrement, la remise sur pied de cet important organisme.
De même, nous n'avons pas pris de mesures draconiennes lorsque nous avons trouvé, dans plusieurs endroits du pays, d'importants stocks d'armes dont certaines étaient même sophistiquées et capables de grandes destructions. Ce qui est inquiétant, c'est que la banlieue de la capitale n'en était pas épargnée. Nous ne nous sommes pas posé de questions lors de la découverte dans des mosquées, ces lieux de prière, d'humilité et de repentance, d'armes blanches représentées par des «sioufas» et d'autres modèles servant au combat rapproché et nous ne nous sommes pas demandé pourquoi ces outils sont stockés dans ces lieux de prière.
Nous avons tout fait pour mériter tout ce qui nous arrive : en effet, nous avons tous fermé les yeux lorsqu'il y a eu les évènements de Rouhia, de Bir Ali Ben Khelifa, de Bou Chebka, pour peu qu'ils aient été rapidement minimisés et qu'on a voulu nous faire croire qu'ils sont passagers et qu'ils ne poseront pas de problèmes sérieux à notre pays comme si nous étions immunisés contre le terrorisme.
Tout le système a failli à sa mission et nous n'avons pas du tout à nous en féliciter car les partis politiques n'étaient et ne sont préoccupés que par les élections, les prochaines et même celles d'après puisqu'elles sont les seules garantes de l'arrivée au pouvoir. Et, ainsi, trente mois après la révolution, pratiquement rien n'a changé et, au contraire, la situation a empiré : la vie est devenue plus chère et plus difficile et c'est ce que ressent le plus le citoyen, les mouvements de foule qui sont devenus, difficilement contrôlables ont, parfois, débordé, occasionnant des dégâts importants et inquiétants (comme ce fut le cas, par exemple, lors de l'attaque de l'ambassade des Etats-Unis, l'assassinat du martyr Chokri Belaïd qui a fait trembler tout le pays et même au-delà), la période transitoire a trop duré et même un peu trop, le prestige de l'Etat s'est trouvé bafoué et le respect de la loi controversé. Un grand nombre d'imams de mosquées agissant, au vu et au su de tous, en maîtres absolus dans ces lieux de culte et ne craignant ni les lois du pays ni celles divines et par des fatwas de circonstance, encourageaient nos jeunes au Jihad en Syrie, pays musulman comme nous. Et le comble, ils ont même inventé pour nos jeunes filles le jihad du repos du guerrier, ce qui représentera pour les générations futures un point noir dans l'Histoire de leur pays et, à juste titre, ils nous en voudront pour cela. Mais ce qui est désolant, c'est le silence complet des pouvoirs publics à ce propos, comportement ayant encouragé les initiateurs à persévérer, sans aucune inquiétude, dans leur basse besogne et cela est aussi regrettable qu'avilissant. Que ferons-nous de ces jihadistes, du moins pour ce qu'il en resterait, une fois de retour au pays? Que ces mêmes imams s'en chargent !
D'autre part, alors que nous vivons une période transitoire, dure et difficile pour notre pays qui n'a pas encore retrouvé ses repères, la plus grande majorité des corps sociaux ont, par des menaces de grève ou des actions de grève effective, tout fait pour obtenir, de la part des gouvernements provisoires qui n'avaient pas, avant les élections, une quelconque légitimité, des avantages et des améliorations de salaires. Cet état de fait dure encore jusqu'à présent. Ces demandes sont inappropriées étant donné la situation que traverse notre pays
Quelle est merveilleuse la pratique de la liberté et de la démocratie !! Et comme c'est remarquable de pouvoir, sans aucune difficulté, créer un parti politique, une association de la société civile en vue de pouvoir participer, sans aucune restriction ou contrainte, à l'animation de la vie sociale et politique de son pays. Mais ce qui est incompréhensible, c'est cette dispersion des efforts occasionnés par la création d'une multitude de groupuscules de partis dont, pour certains, le nombre d'adhérents ne dépasse guère les membres de la famille du premier responsable et dont les objectifs se ressemblent et s'équivalent. Mais très rares sont les partis qui ont présenté des programmes économiques viables et qui peuvent non seulement intéresser les Tunisiens mais encore encourageraient leurs adhésions aux idées et aux programmes de ces partis. C'est bien dommage que ces petits partis n'aient pas pensé, comme l'ont fait certains, dirigés par des vieux loups de la politique, à se regrouper, par affinités, par besoins, par obligations de résultats, par nécessités, en vue de se positionner pour avoir un certain poids sur la scène politique.
Nous avons appris, tout dernièrement, par les médias, que le directeur général de la Douane a jeté l'éponge, n'ayant pas été suivi par la tutelle donc par le gouvernement, de son approche quant à la création de syndicats au sein de ce corps spécial, ce corps paramilitaire par excellence. C'est bien dommage pour ce corps et pour le pays car, connaissant bien ce brillant responsable depuis des décennies ainsi que ses hauts faits d'armes, ses capacités et ses compétences, on était sûr qu'il était capable, pour peu qu'on le soutienne, de faire de ce corps spécialisé un outil de développement sûr, efficace et incorruptible tout en garantissant aux personnels de tous grades une vie digne et rassurante. Je pense que l'erreur a été commise les premiers mois de la révolution, lorsque les forces de sécurité intérieure ont été autorisées à former des syndicats. Le gouvernement provisoire de l'époque aurait pu, en se basant sur son caractère provisoire, reporter pareille création, à la fin de la période transitoire. On aurait dû, d'ailleurs, invoquer les exemples des pays européens ou des Etats-Unis d'Amérique, pays démocratiques par excellence, qui n'ont pas, pour la grande majorité d'entre eux, opté pour l'institution de syndicats au sein des corps des forces de sécurité. Ceux qui l'ont autorisé, et ils sont trois ou quatre douzaines dans le monde, n'ont pas hésité à en fixer les objectifs. Cependant, les rapports sociaux entre les Etats et les citoyens évoluant très rapidement dans ce monde où nous vivons, il y aurait lieu de repenser, très sérieusement, les règles qui doivent régir pareilles relations surtout celles se rapportant à ces corps spécifiques. Faisons-le avant que l'on soit, un jour, obligé à le faire dans l'urgence. Faut-il préciser que la force de ces corps spéciaux (sécurité intérieure, douane, armée) réside dans leur unité, unité dans tout (discipline, formation, convergence de leur action, etc.).Toutefois, nos forces de sécurité intérieure (police-garde nationale) et notre corps des douanes, agents de l'Etat en armes comme les militaires sont des corps spéciaux et contrairement à ce que pensent beaucoup de responsables, ils ne peuvent être comparés à aucun autre corps de l'Etat. C'est pourquoi ils ont droit à ce qu'un organisme s'occupe de leurs problèmes spécifiques, en particulier ceux relatifs au côté social (tels que les conditions de travail, la situation sociale, les salaires, la vie familiale, la couverture sociale, etc). pour la simple raison qu'ils doivent être, en tout temps et en tout lieu, disponibles pour remplir convenablement leurs missions qui ne sont ni aisées, ni dépourvues de danger. Si aujourd'hui, ces corps ont le droit de se syndiquer, demain peut-on interdire à la Grande Muette de le faire? La question est tellement sérieuse pour que les pouvoirs publics, au plus haut niveau, lui accordent toute l'importance qu'elle mérite. Je proposerais même la révision des autorisations déjà accordées en introduisant des additifs relatifs aux objectifs spécifiques de ces syndicats particuliers. D'autre part, on pourrait penser à la création, pour les militaires, d'une commission de la condition militaire, comme c'était le cas dans l'armée française. Le but de cette commission serait de s'occuper et de défendre l'évolution de la vie sociale des militaires : amélioration de solde, logements, soins médicaux, retraite, etc. J'ai, par ailleurs, soulevé la question des syndicats dans les corps spéciaux par ma lettre ouverte adressée aux députés de l'ANC, deux mois après les élections du 23/10/11 et parue sur le journal La Presse du 29 décembre 2011 par laquelle j'ai attiré leur attention sur ce problème particulier.
B.B.
*(Ancien cadre supérieur, auditeur à
l'Institut de défense nationale «3°Promo»)


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