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Entre censure et pensée alternative
La liberté de création, trois ans après la révolution
Publié dans La Presse de Tunisie le 21 - 01 - 2014

La révolution tunisienne a-t-elle réussi à créer un espace propice à la libre expression trois ans après? Est-ce que le créateur est encore soumis à la censure? Et comment l'artiste peut-il tirer profit de sa création pour devenir un maillon incontournable au service de la culture ? Toutes ces questions ont été posées à une pléiade d'artistes et intellectuels tunisiens de divers horizons dont voici les témoignages.
Le metteur en scène et comédien Ezzedine Ganoun considère que la liberté de création et d'expression est aujourd'hui davantage menacée plus qu'elle ne l'avait été sous le règne de l'ancien régime. Actuellement, dit-il, la censure existe indirectement sous une autre forme. Il a, à cette occasion, lancé un appel aux artistes pour protéger ce principe fondamental de la créativité et relever le défi de la lutte contre toute forme de censure en s'imprégnant de techniques et expressions artistiques pour réussir la mise en place d'un processus créatif constructif.
Pour le réalisateur Brahim Letaief, la liberté de création s'est imposée après la révolution tunisienne, alors que l'action culturelle n'a pas été mise au diapason du mouvement social massif. «C'est pour cette raison que les autorités se sont permises d'anéantir les créateurs, en témoignent la condamnation de rappeurs et les incidents survenus au palais El Abdellia à la Marsa (juin 2012)», selon ses propos.
Le poète Sghaier Ouled Ahmed a, pour sa part, insisté sur le fait que la liberté n'est pas un don mais fait partie des acquis de la révolution, ajoutant, selon ses termes, que la nouvelle constitution comporte des restrictions relatives aux libertés. «Les artistes devraient défendre leur droit à la liberté d'expression inhérente à la réalisation de projets artistiques productifs». L'humoriste Lotfi Abdelli a noté «que les pressions et la censure imposées sur les libertés des artistes se poursuivent jusqu'a présent», indiquant que «cet engagement du créateur est cher payé».
L'artiste plasticien Abdelmajid Elbekri a estimé que le problème de la censure ne se pose pas dans le domaine pictural actuel. «Ce secteur a plutôt besoin de mesures qui permettent de le promouvoir à travers, notamment l'instauration de grand prix qui distinguent les meilleures œuvres».
Amor Guedamsi, artiste et secrétaire général du Syndicat des artistes plasticiens, est convaincu que la liberté de création connaît aujourd'hui une «désillusion» et que «l'Etat n'a pas mis en place de garanties ni de lois relatives aux droits et aux libertés».
Il a rappelé, à ce propos, la condamnation d'artistes et le vandalisme contre les mausolées et dans l'espace culturel El Abdellia à la Marsa. L'artiste a fait des reproches au ministère de la Culture pour sa position qu'il a qualifiée de «fade», selon ses propos, s'agissant des mesures que cette institution aurait pu entreprendre pour répondre aux préoccupations des artistes plasticiens.
Un plan de réforme relatif à ce secteur avait été proposé, selon Guedamsi, au ministère de tutelle, sans suite concrète. Pour lui, l'Art doit survivre dans son contexte socioculturel et les artistes devraient faire face à l'obscurantisme propagé par certaines parties. Il s'agit aussi de concevoir une stratégie de communication efficace et participative pour une culture ouverte fondée aussi sur le droit à la différence.
Pour le caricaturiste Lotfi Ben Sassi, la liberté de création est largement présente, mais des lectures différentes de ce concept entraînent parfois un amalgame entre le message émis par l'artiste et la perception de l'autre à ce sujet. Selon ses propos, la liberté demeure relative dans tous les pays, notamment, là où fleurissent la liberté d'expression et le respect de la dignité de l'homme, à l'instar des Etats-Unis d'Amérique, de la France, ou de la Suisse.
L'humoriste et comédien Hédi Weld Baballah a, pour sa part, estimé que la liberté d'expression nécessite le respect des valeurs imposées par les us et coutumes.
Selon Hamzaoui Mohamed Amine connu pour son tube «Houmani» concocté avec «Kafon», «le rappeur ne peut interagir avec son réel et avec la société qui l'entoure qu'à travers un espace de liberté qui n'existe que relativement». Il a estimé que «Houmani» constitue un témoignage vivant de la réalité de la Tunisie.
Evoquant la situation du livre et de l'édition ainsi que du vent de liberté qui a soufflé après la révolution du 14 janvier, Mohamed Kamel Eddine Gaha, directeur général de la Bibliothèque Nationale de Tunisie, et directeur de la Foire internationale du livre (2012-2013), a expliqué que les écrivains vivent un état d'euphorie dans un élan de liberté qui aboutira, avec le temps, à une nouvelle culture qui permettra de mieux interagir avec elle.
Il a fait remarquer que «la liberté de pensée et d'expression est encore à ses prémices et la mise en place d'une nouvelle culture nécessite sagesse, maturité et innovation pour éviter toute forme d'anarchie intellectuelle».


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