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Jeu de miroir
Exposition «anonymous»
Publié dans La Presse de Tunisie le 26 - 12 - 2014

Peintre engagée, Leïla s'intéresse au vécu socio-politique qui demeure très relatif à tout un chacun.
Leïla Selmaoui est passée par les beaux arts. Après un master en philosophie contemporaine en esthétique, elle fait cavalier seul et enchaîne les expositions. «La peinture, nous dit-elle, c'est la continuité, c'est également l'espoir». Mais c'est également sa passion de toujours. Ce peintre nocturne, amie de la nuit, qui crée à la tombée des jours, a à son actif quatre expositions. La première date de 2005, la deuxième en 2012, la troisième en 2013. Puis «Anonymous» est né bien ancré dans la réalité sociale. Une tranche de la vie. Peintre engagée, Leïla s'intéresse au vécu socio-politique «qui demeure très relatif à tout un chacun», nous dit-elle...
Des têtes anonymes, des spectres hauts en couleur hantent la galerie Aire Libre d'El Teatro. Bien trempés dans l'impressionnisme, les tableaux de Leïla Selmaoui sont des jets de peinture ça et là qui nous offrent une palette de couleurs chatoyantes qui accrochent par leur éclat. Formes circulaires sans fin, longilignes, des courbes fluides, voire lumineuses. Ce sont des têtes sans visages en mouvement. On croirait qu'ils cachent précieusement un grand secret et préfèrent garder l'anonymat. Des spectres noyés dans une réalité mouvementée qui, parfois, expriment une douleur ineffable. Ces êtres mystérieux à l'âme vagabonde évitent de se dénuder.
Ce qui frappe au premier regard, c'est la dominance des couleurs. Le bleu l'emporte : «il peut exprimer les profondeurs de l'être», nous explique le peintre. Mais à côté, des couleurs vives et vivantes viennent faire de l'ombre au bleu et s'affirment pour mieux mettre en valeur ces têtes vidées de leurs différents sens. Jeu d'art, jeu de miroir. L'interprétation peut être très personnelle, un mal-être peut s'en dégager. «Derrière les rideaux», «Epuration», «Mysterious» ou encore «Déclaration» sont illustrés par des visages vidés de leurs regards, de leur bouche, de leurs yeux, dansant au gré des couleurs. Et pourtant, ces mystérieux visages nous parlent. Ils jouent, ce sont des acteurs qui interprètent «La vie de tous les jours», ce sont les échos de la société, de ses maux. Là où chacun «accuse l'autre» et lui fait porter le chapeau. «Ce n'est pas moi, c'est l'autre», peinture engagée qui s'inscrit dans la réalité sociale. Qui dépeint une société qui a perdu son essence, son visage, son identité.
«Une interprétation très personnelle», nous dit Leïla Selmaoui, c'est également une note d'espoir, explique le peintre qui ressort, à travers les couleurs chatoyantes qui entourent chaque courbe circulaire, chaque visage anonyme...
Leïla Selmaoui a une préférence pour l'acrylique «parce qu'il sèche vite» et puis, nous dit-elle, «j'ai la liberté de faire fusionner les couleurs...». En fait, son œuvre la devance, elle peint puis se découvre. Ainsi, notre jeune peintre fait parler les couleurs : «elles disent l'inconscient, le subconscient, le profond de l'être», nous dit-elle. En réalité, Leïla Selmaoui découvre sa propre peinture guidée par son pinceau, presque en transe et à travers une gestuelle spontanée. Et le tableau naît, à travers ces œuvres, le peintre «interprète la vie» tel un chef d'orchestre. A la première période de son travail artistique, elle était en admiration devant les œuvres de Francis Bacon. Il fut sa référence, son idole. Elle a même travaillé sur les personnages et scènes de ce grand peintre. «Puis petit à petit, on prend son envol», nous dit Leïla Selmaoui, «on se libère et on reste concentré sur le message qu'on veut transmettre».
Le peintre transmet un beau message «Les gens les plus importants ne sont pas toujours au-devant de la scène». Ces anonymes qui nous observent sans mot dire, s'imposent et s'affirment. Et l'on ressent que malgré leur absence-présence, ils détiennent la vérité. Une vérité entachée de mystère. Ce sont des âmes perdues qui crient à tue-tête, on est là, on est caché mais on existe. On est une part de la réalité et elle nous alimente, on s'y ressource. On est là, on vit dans chacun de vous au plus profond de vous-mêmes. Ecoutez nos murmures.


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