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On s'est acharné sur le fils, mais on visait le père
Publié dans Leaders le 01 - 09 - 2014

Pendant une semaine, ce fut la curée : rumeurs persistantes de démissions collectives, tir de barrage contre le président du parti, soupçonné d'avoir cédé à la tentation dynastique, grand déballage de linge sale dans les médias. La désignation de Hafedh Caïd Essebsi tête de liste de Nidaa Tounès dans la circonscription de Tunis 1 a mis ce parti sens dessus-dessous. Au surplus, cette affaire ne pouvait pas plus mal tomber (deux mois seulement nous séparent des élections législatives). On en a tiré argument pour dénigrer Nidaa et son fondateur taxé de dictateur, diviser les militants et désespérer les sympathisants qui avaient placé tous leurs espoirs dans ce parti. Une levée de boucliers comme on en avait rarement vu et qui a fini par reléguer au second plan les débats de l'ANC sur la nouvelle loi antiterroriste, comme si le népotisme était un phénomène nouveau en Tunisie car la plupart des partis politiques sont aujourd'hui gérés comme une affaire de famille sans que personne n'y trouve à redire. A-t-on déjà oublié une affaire plus grave qui ne concernait pas un parti, mais l'Etat : la nomination, il y a deux ans, du gendre du leader d'Ennahdha à la tête du ministère des Affaires étrangères ? On nous avait assuré alors que cette promotion ne devait en rien à ses liens familiaux, mais à ses compétences en matière de relations internationales. Ce qui s'est révélé faux. Au fond, dans le cas de Hafedh Caïd Essebsi, ce qui était visé par les contestataires, c'était moins le fils que le père à qui on n'avait jamais pardonné d'avoir créé Nidaa et bouleversé le rapport de force dans le pays.
Une maladresse, la nomination de Hafedh Caïd Essebsi l'était, même si on nous dit qu'il a été élu à la régulière. Mais Nidaa n'est pas un parti de godillots. S'ils éprouvent un profond respect pour le fondateur du parti, les militants ne se sentent pas une vocation d'avaleurs de couleuvres, d'où les remous provoqués par cette nomination qui ont finalement provoqué la démission du fils de Béji Caïd Essebsi.
En bon bourguibiste, le président de Nidaa est un pragmatique. Il a eu l'attitude qu'il fallait à l'instar de Bourguiba qui, en 1969 lors de la crise des coopératives, dans les années 70, a renoncé au dernier moment à l'égalité hommes/femmes devant l'héritage et annulé, en janvier 1984, la hausse du prix du pain. A quelque chose malheur est bon. Le parti a fait la preuve de sa solidité et à aucun moment, il n'avait donné l'impression de sombrer
Cette affaire nous renvoie à une question essentielle à laquelle les Tunisiens sont très sensibles : la tentation dynastique et, plus généralement, le népotisme et les passe-droits. Cela leur rappelle des pratiques qu'ils ne veulent plus revivre. Tout autocrate qu'il était, Bourguiba n'avait jamais nourri d'ambitions présidentielles pour son fils qui en avait pourtant les capacités. Il a été même très dur avec lui pour ne pas prêter le flanc aux rumeurs qui avaient couru dès les années 60 à propos d'une éventuelle désignation de Bourguiba Jr comme dauphin. Un autre grand homme d'Etat, le général de Gaulle, avait eu la même attitude à l'égard de son fils, Philippe de Gaulle. Il lui avait toujours refusé la médaille de la Résistance et le titre de compagnon de la Libération, alors qu'il avait été l'un des premiers à le rejoindre à Londres en 1940 et eut un comportement exemplaire dans la résistance et sur les différents fronts : «Je ne pouvais pas, lui mon fils, le faire compagnon de la Libération ni lui décerner la médaille de la Résistance, sinon à titre posthume ou s'il était revenu gravement mutilé, et encore» a expliqué le général.
On voudrait que Si Béji ait les mêmes scrupules s'agissant de ses proches même si leurs qualités sont incontestables ; qu'il évite tout ce qui est de nature à donner prise aux accusations de népotisme, surtout en cette période électorale où on n'hésite pas à faire feu de tout bois pour discréditer l'adversaire. Bref, qu'il s'inscrive dans la lignée de Bourguiba et de Gaulle. Quant à Hafedh, il ne perd rien d'attendre qu'il se fasse un prénom, d'autant plus qu'il est relativement jeune et que son expérience politique est courte.
H.B.
Tags : Béji Caïd Essebsi Nidaa Tounès Hafedh Caïd Essebsi


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