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Education: priorité à l'excellence et à l'équité sociale et régionale
Publié dans Leaders le 07 - 01 - 2017

En 1956, le pays comptait 5 125 instituteurs dont 3 637 Tunisiens, 1 957 professeurs et autres enseignants dans les établissements du second degré, 729 établissements du primaire et 104 établissements du second degré. En 1956, le taux global d'analphabétisme de la population âgée de 10 ans et plus atteignait 84,7% en Tunisie (96% pour les femmes et 74,5% pour les hommes). En 1960, le taux d'analphabétisme des adultes était de 76% en Tunisie, 88% en Algérie et 89% au Maroc.
Quant au taux de scolarisation, il atteignait à peine 30% en Tunisie, 20% en Algérie et 17% au Maroc.
Le bilan éducatif du colonialisme français au Maghreb n'a donc qu'un rapport lointain avec la « mission civilisatrice » dont la France se targuait pour justifier sa mainmise politique et économique sur la région. En fait, « l'œuvre scolaire » de ce colonialisme n'a jamais pu dépasser le postulat de l'infériorité de l'indigène. Le bilan infirme en tout cas la thèse largement répandue dans certains cercles en France et ailleurs selon laquelle ce bilan serait, malgré tout, «globalement positif».
Quoi qu'il en soit, le taux d'analphabétisme de la population âgée de 10 ans et plus, c'est-à-dire le rapport entre les effectifs des analphabètes âgés de 10 ans et plus et les effectifs de la population âgée de 10 ans et plus, serait de 18,8% en 2014 selon le Rgph. Il atteint 12,4% pour le sexe masculin et 25,0% pour le sexe féminin. Plus de 1,7 million sont analphabètes en 2014 dont 1,16 million de femmes. Nous sommes évidemment loin des 84,7% hérités du colonialisme, mais le taux d'analphabétisme reste élevé malgré les efforts consentis depuis une soixantaine d'années.
Evolution du taux d'analphabétisme (10 ans et plus)
1956 1966 1975 1984 1994 2004 2014
Hommes 74,5% 53,9% 42,3% 34,6% 21,3% 14,8% 12,4%
Femmes 96,0% 82,4% 67,9% 58,1% 42,3% 31,0% 25,0%
Global 84,7% 67,9% 54,9% 46,2% 31,7% 22,9% 18,8%
Source: INS
Quant au taux global de scolarisation, il n'a pas cessé d'augmenter après l'Indépendance passant de près de 29% en 1955-56 à 71% en 1967-68 et à 86,2% en 1994 et à 95,8% en 2014. Il s'est stabilisé pour la période 2004-2014 entre 95 et 96% après avoir enregistré des bonds significatifs par genre et par milieu depuis 1956. Le taux global de scolarisation des enfants de 6 ans aurait atteint 99,5% en 2015-2016 ; 99,1% pour la tranche d'âge 6-11 ans dont 99,2% pour les filles ; 94,3% pour la tranche d'âge 6-16 ans dont 95,7% pour les filles ; 81,2% pour la tranche d'âge 12-18 ans dont 85,9% pour les filles.
Taux de scolarisation 6-14 ans en %
Année 1994 2004 2014
Masculin 89,0 95,5 95,5
Féminin 83,2 94,7 95,9
Global 86,2 95,1 95,8
Milieu communal 92,2 96,8 97,7
Milieu non communal 77,8 89,3 92,2
Global 86,2 95,1 95,8
Source : INS
La population âgée de 10 ans et plus sans niveau d'instruction représente près de 19,0% de la population totale considérée en 2014. Elle représentait 63,4% en 1966 ; 46,2% en 1984 ; 31,7% en 1994 et 23,1% en 2004. A l'inverse, la part de la population âgée de 10 ans et plus d'un niveau supérieur d'instruction dans la population totale considérée n'a pas cessé d'augmenter depuis pour passer de 0,5% en 1966 à 2,4% en 1984 ; 3,8% en 1994 ; 7,9% en 2004 et 12,9% en 2014.
Population 10 ans et plus selon le niveau d'instruction en %
Niveau d'instruction 1966 1984 1994 2004 2014
Néant 63,4 46,2 31,7 23,1 19,0
Primaire 30,7 34,2 40,2 37,0 32,8
Secondaire 4,4 17,2 24,3 32,0 35,3
Supérieur 0,5 2,4 3,8 7,9 12,9
Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
Source : INS
Nul ne peut donc contester l'avancée formidable que la Tunisie a réalisée dans le domaine éducatif au cours de ces soixante dernières années. Mais la massification accélérée de l'enseignement à laquelle elle a été obligée de recourir pour réaliser cette avancée a fini par développer des effets pervers allant à l'encontre de l'équité et de la performance que l'on doit attendre de tout système éducatif dans un régime républicain digne de ce nom.
Ces effets sont suffisamment parlants pour inciter l'Etat, les enseignants, les parents, les pédagogues et les syndicats à se convaincre que la Tunisie ne peut plus continuer sur cette voie suicidaire. Une réforme d'urgence s'impose donc et elle doit commencer par le niveau supérieur et la formation professionnelle, sinon le chômage des diplômés du supérieur atteindra un taux dépassant très largement 50% dans la décennie à venir. Il serait absurde et totalement irresponsable de retarder indéfiniment la mise en œuvre de cette réforme au motif fallacieux que toute réforme de l'éducation doit commencer par le commencement, c'est-à-dire l'école de base.
Tel qu'il est, le pays ne peut pas procéder à la réforme concomitante de tous les niveaux de l'enseignement. Il n'en a ni les moyens, ni le temps. Il lui faut donc faire un choix clair et ferme, et ce choix s'impose de lui-même, faute de quoi la Tunisie continuera à sacrifier des générations entières de diplômés et de non-diplômés sur l'autel du corporatisme et de la bienséance.
En tout état de cause, la réforme de l'enseignement primaire et secondaire doit suivre son cours. Mais elle ne doit pas être réduite à l'aménagement des vacances scolaires et à la réfection des murs, mais toucher à l'essentiel, c'est-à-dire la quête de l'excellence et de l'équité sociale et régionale. S'agissant d'un problème chargé de passion au sujet duquel chaque partie avance masquée sans prendre en considération l'intérêt général et la sacralisation de l'école, le salut doit venir d'une prise de conscience salutaire et collective.
Mais si ce n'est pas le cas, si le débat national sur la réforme du système éducatif continue à être parasité par des querelles secondaires ou dérisoires, si chaque partie campe sur ses positions, le devoir commande de passer outre et de tracer le chemin en faisant fi de tous les blocages, de tous les corporatismes et de toutes les idées reçues. L'avenir de la Tunisie, de sa jeunesse et de son développement est à ce prix.
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