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Riadh Zghal : La décentralisation en Tunisie, transfert ou transformation du pouvoir ?
Publié dans Leaders le 31 - 12 - 2017

Dans un livre de prospective publié en 1990 sous le titre Power Shift (permutation du pouvoir), Alvin Toffler écrivait que l'avenir appartient à ceux qui sont rapides et peuvent donc profiter de l'accélération de «la machine à créer la richesse» grâce au flux accéléré d'informations, de données et de savoir. Et ce qui fait la différence entre « the fast and the slow» (p. 389 et suivantes), c'est la rapidité et l'agilité qui créent la richesse des pays riches et la richesse procure du pouvoir.
Cette pensée nous interpelle car l'un des problèmes majeurs dont souffrent des pays comme le nôtre, c'est justement la lenteur dans la prise de décision, l'absence de réactivité raisonnée, le boulet des lenteurs administratives qui pénalise le citoyen qui recourt (obligé) à ses services – il paie les frais de cette lenteur en temps, en argent, parfois en santé et en perte d'occasions d'amélioration de ses conditions de vie, notamment par le biais de l'investissement et de la création de richesse
Aujourd'hui que notre pays se dirige vers l'institution de la décentralisation, il y a comme un espoir qui pointe à l'horizon. C'est celui d'une meilleure gouvernance et de plus de réactivité des organisations administratives de proximité qui constitueraient désormais le lieu de prise des décisions. Mais un tel espoir risque d'être déçu rapidement si les modes d'exercice du pouvoir ne changent pas de modèle.
La décentralisation consiste dans la dévolution de certains pouvoirs du centre vers la périphérie, autrement dit du gouvernement central et centralisé vers des structures de gouvernance régionales /locales. Si on pousse cette opération jusqu'au bout de sa logique, cela revient à un changement de paradigme de l'exercice du pouvoir : passer d'une forme de relations verticales entre l'administrateur et ses administrés à des relations horizontales entre des acteurs d'horizons divers. Et comme la décentralisation à venir dans notre pays s'inscrit dans un contexte de démocratisation et d'appel à la bonne gouvernance – ce qui veut dire participation, transparence, redevabilité –, l'exercice du pouvoir suivra davantage des lignes horizontales entre partenaires complémentaires plutôt qu'une ligne verticale reliant un sommet détenteur du pouvoir et une base supposée s'y soumettre. Les relations horizontales dans l'exercice du pouvoir impliquent échange, négociation, débats contradictoires et conflictualités, le tout conduisant à des décisions collectivement conçues. Ceci en théorie, mais l'on sait que la démocratie n'empêche pas l'influence politique déterminante d'une minorité. C'est pourquoi il ne suffit pas de légiférer pour réussir la décentralisation et la démocratie.
Les deux sont des processus dont le déroulement humain est loin d'être un long fleuve tranquille. Si notre pays n'était pas bien préparé à l'instauration de la démocratie, il faudrait qu'il en tire les leçons et se prépare à la gouvernance décentralisée en commençant par reconnaître les conditions de sa réussite. Parmi ces conditions, il y a, à notre avis, d'abord la nécessité qu'elle serve un développement économique inclusif. L'inclusion amène à circonscrire un sens partagé de l'intérêt du plus grand nombre, à court et long termes, à veiller à ce que les différentes institutions et composantes de la société reconnaissent dans le mode de gouvernance pratiqué une prise en compte de leurs besoins, qu'ils ont voix au chapitre des décisions qui touchent à la vie quotidienne. Cela nécessite des capacités de leadership, des leaders qui incarnent une légitimité leur permettant d'amener les divers participants à se détacher de leurs intérêts égoïstes et de prendre conscience des exigences incontournables du vivre-ensemble et d'œuvrer pour l'intérêt général.
Le leader politique démocratique n'est pas une autorité incontestée mais c'est celui qui dispose des capacités d'organiser les débats sans parti pris et sans usage de contraintes autres que celle de la discipline qui impose l'écoute et le respect des autres de manière à avancer ensemble vers ce qui sera une décision innovante. Elle est ainsi car elle est le produit d'un travail collectif, d'échanges souvent contradictoires, de la synergie créée par la contribution de personnes venant d'horizons divers et l'accumulation des expériences réussies autant que des erreurs.
De tels leaders, la décentralisation en aura besoin en grand nombre si l'on ne veut pas qu'elle soit déviée vers les luttes partisanes qui jalonnent encore le processus de démocratisation depuis des années. Et comme ces leaders ne courent pas les rues, il faudra les former le temps que l'on élabore les textes juridiques relatifs aux élections municipales et régionales. Afin de réussir la décentralisation, notre pays a besoin d'une masse critique de personnes qualifiées en matière de bonne gouvernance, de leadership, de gestion des conflits. En plus de ces capacités, il faudra aussi qu'elles présentent une réelle prédisposition à des comportements éthiques… mais cela est une autre affaire.


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