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Jean-Louis Guigou: Construire un futur désirable en Tunisie
Publié dans Leaders le 05 - 04 - 2019

Le forum économique franco-tunisien, organisé au Sénat le 15 février 2019, par Business France, en présence du chef du Gouvernement tunisien, Monsieur Youssef Chahed, fut un succès.
Devant conclure ces débats, j'en ai retiré quatre enseignements:
• Tout d'abord, objectivement, il convient de positiver la situation de la Tunisie: c'est un Etat de droit qui sait se faire respecter, une démocratie avérée, la seule vraie révolution dans les pays arabo-musulmans ; des compétences reconnues, une compétitivité réelle, des femmes libres, une position géographique idéale au centre de la Méditerranée, pivot entre l'Europe et l'Afrique sub-saharienne.
D'ailleurs, un récent sondage réalisé par le CIAN(1) montre que les dirigeants implantés dans 39 pays africains classent la Tunisie en tête pour leurs prévisions de croissance et de rentabilité en 2019 assez loin devant le Maroc et l'Algérie. Les tunisiens ne doivent plus avoir de complexes.
(1) Le MOCI-CIAN-CCI Paris IDF- « le baromètre Climat des affaires du CIAN –Edition 2018 » - Présenté au Forum Afrique2019 à Paris le 08 février 2019
• Ensuite, l'importance de la proximité géographique avec l'Europe constitue une donnée de plus en plus stratégique. Avec la crise financière de 2008, la mondialisation sauvage consistant à aller produire n'importe quoi, n'importe où, n'importe comment avec n'importe qui, pourvu que les prix soient faibles, a considérablement régressé. C'est la régionalisation qui prime. C'est le retour de la proximité géographique. Les chaînes de valeur se compactent pour réduire les coûts de transports, contrôler la qualité des entrants et réduire les risques monétaires.
Se constituent de grands ensembles, souvent de pays voisins, l'Union Européenne, l'AEUMC (ex ALENA) et l'ASEAN associant des pays développés matures et vieillissants au Nord à des pays jeunes et émergents au Sud.
La Tunisie profite pleinement de sa proximité géographique et culturelle avec l'Union Européenne puisqu'en moyenne 80% de ses importations se font avec 4 pays européens : la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne, que 85% de ses exportations se font avec ces mêmes 4 pays, et 90% des IDE proviennent encore de ces mêmes pays.
Le Premier Ministre fit remarquer au Sénat que la Tunisie était plus intégrée à l'Europe que certains pays européens. Cette « bande des 4 » a une lourde responsabilité dans le développement de la Tunisie. Il ne serait pas illogique, anormal, que le Gouvernement tunisien, fort de ce lien privilégié, demande à ce que les Agences de développement de ces 4 pays et leurs Ministères se coordonnent (au lieu de se concurrencer) sur des thématiques : les énergies renouvelables, les pôles de compétitivité, la formation professionnelle, des programmes sur la santé, les TIC, les transports et l'aménagement des territoires. Ces 4 partenaires ont des droits mais également des devoirs. Une conférence permanente de la « bande des 4 » sur les programmes tunisiens bien ciblés honorerait les européens et leur permettrait ensemble de faire face à l'offensive chinoise, japonaise, turque, russe …
• Une troisième conclusion positive est à rechercher dans le mouvement de co-production qui se dessine.
Les IDE ? C'est bien, mais ils sont incontrôlables, ne concernent souvent que les grands groupes et n'entrainent pas le tissu local des PME créatrices d'emplois. Ils se concentrent par ailleurs à 59% dans le grand Tunis.
Les entreprises offshore ? C'est bien, mais cela coûte cher en terme de dérogation fiscale. Surtout elles ne poussent pas le tissu des PME tunisiennes vers l'international et la modernisation. Il y a bien en Tunisie un dualisme entre les 27000 entreprises offshore qui réalisent 80% des exportations et les 700.000 entreprises onshore qui peinent à en réaliser 20%. Le moment est venu, compte tenu de l'étroite proximité géographique de promouvoir un nouveau modèle de coproduction entre les PME et ETI tunisiennes et les centaines de milliers de PME et ETI de France, d'Allemagne, d'Italie et d'Espagne. Grâce à une étude de l'IPEMED Tunisie(1) en étroite collaboration avec le Ministre Zied Ladhari nous avons pu identifier un ensemble d'entreprises tunisiennes qui sont de vraies « gazelles » avec un fort potentiel de développement. Elles ont tout pour être performantes, créer des milliers d'emplois et aller à l'international.
La coproduction avec un partenaire européen de taille comparable serait la solution. Le partenariat, le transfert de technologie et le partage de valeur ajoutée en est la condition.
Nous allons poursuivre ce projet avec la coopération du CJD français (Centre des Jeunes Dirigeants), et mettre en relation ces « gazelles » tunisiennes avec des entreprises françaises à la recherche, elles aussi, d'un lifting, grâce à l'international.
Cette stratégie de coproduction est portée en Tunisie par de nombreux acteurs dont Mme Ben Slimane, Directrice Générale de la Caisse des Dépôts tunisienne.
(1) Etude « Filières prioritaires pour la coproduction en Tunisie » de Noureddine Hajji, Président d'IPEMED Tunisie, 29 septembre 2017
• Pour finir, deux visions de l'économie tunisienne en 2030 se dégagent de cet excellent forum organisé au Sénat. Nombreuses furent les interventions panels-débats dans le domaine de la santé : pharmacie, imagerie médicale, hospitalisation, recherche médicale, gériatrie, chirurgie etc…
Ce secteur est en pleine expansion.
Dès lors, la Tunisie pourrait devenir la Floride de l'Europe et de l'Afrique en y attirant les meilleures compétences et des patients des deux continents. Les malades, les blessés, les personnes âgées des deux continents pourraient se rendre en Tunisie, plus proche : aux portes de leur pays d'origine.
Mais aussi, un autre secteur a fait l'objet de nombreux développements :celui des TIC : digital, intelligence artificielle, téléphonie, sécurité, informatique. Là encore la Tunisie pourrait devenir la Californie de l'Europe et de l'Afrique. Un lieu de convergence où les meilleurs experts et chercheurs des deux continents se rassembleraient pour faire naître une Silicon Valley de l'axe Afrique-Méditerranée-Europe.
L'Europe et l'Afrique auront besoin de plusieurs millions d'informaticiens et programmateurs. La Tunisie a toutes les compétences pour devenir ce grand pôle digital de l'axe AME.
Pour surmonter les difficultés présentes, inhérentes aux révolutions en profondeur, rien de tel que de faire de la prospective et à partir des tendances lourdes à l'œuvre construire un futur désirable.


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