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Mohamed Salah Ben Ammar: La Tunisie menacée par ses enfants
Publié dans Leaders le 04 - 07 - 2019

« L'expérience démocratique tunisienne fait l'objet de menace » Ce n'est pas un extrémiste qui le dit mais un homme modéré à la parole rare. C'est Monsieur le président de l'ARP Mohamed Ennaceur le dit ainsi d'autres, moins sages, ont parlé de "coup d'Etat" médical.
L'éditorial du Monde titrait le 29 juin 2019 « La Tunisie fragilisée par les atermoiements de son élite politique», et parlait de cour constitutionnelle non établie à cause de « mesquins calculs partisans » « de turpitudes de l'ancien régimes toujours pas vaincus » pour conclure que la population tunisienne en est aujourd'hui la première victime. D'autres éditorialistes sont arrivés aux mêmes conclusions. Indéniablement l'expérience tunisienne a été , depuis son début, menacée de l'extérieur et de l'intérieur.
C'est un euphémisme d'affirmer que de l'extérieur l'expérience tunisienne ne plait pas à tous. C'est encore un exemple unique au sud de la méditerranée et dans le monde arabe. Sans sombrer dans une paranoïa excessive nous constatons dernièrement que les interventions étrangères « amicales » dans la vie politique se font moins discrètes. Elles viennent de toutes parts et prennent toutes les formes. Les « cadeaux » aux partis politiques affluent sans qu'on sache très bien qui donne quoi ni combien, tout se passe dans une opacité totale mais la finalité est évidente, intervenir dans la vie politique intérieure. « Timeo Danaos et dona ferentes », nos politiques devraient se méfier plus de ceux qui leur font des cadeaux que de ceux qui les critiquent. Il est angoissant de penser qu'en 2020 le paysage politique local dépendra des financements étrangers de certains partis. Il serait salutaire que l'Etat reprenne sa place et fasse tomber les masques.
De fait à l'intérieur ces derniers temps la multiplication des coups de butoir contre la révolution du 17 décembre - 14 janvier n'annoncent rien de bon. Des discours négatifs se sont durablement installés dans le paysage médiatique.Le printemps tunisien est régulièrement moqué notamment par les nostalgiques de l'ancien régime. Les « nouveaux partis » récemment constitués se disputent sans aucune pudeur les restes du RCD. Les anciens ministres de Ben Ali sont à nouveau aux commandes. Ils ont été absouts des méfaits de la dictature, des élections truquées, de la corruption, de la situation catastrophique dans laquelle ils ont laissées nos institutions, du 26-26, des manipulations de la constitution. Ils étaient des exécutants, Ben Ali décidait seul disent-ils. Facile.
Comme attendu dans ces conditions la parole contre-révolutionnaire s'est progressivement libérée pour devenir agressive. C'est une « révolte téléguidée de l'étranger », « la situation était meilleure du temps de Ben Ali » distillent-ils insidieusement."La révolution de la brouette" serait la cause de tous nos malheurs. La nouvelle constitution est rejetée dans sa totalité parce que quelques-uns de ses articles n'ont pas été correctement appliquées durant ce quinquennat. Les acquis de la révolution sont minorés : Liberté d'expression? Elections libres? Indépendance de la justice? Autant d'acquis et bien d'autres en devenir qui ne sont pas valorisés.
Fini le romantisme révolutionnaire, tellement nécessaire, en particulier à ceux qui souffrent de la situation économique générée par l'incompétence de nos gouvernants.
La société civile n'arrive plus à se mobiliser ; qui se souvient de Kasbah 1 et 2, de la Coupole ? Finis les manifestations quasi quotidiennes, le sit-in au Bardo…Les activistes n'ont pas baissé les bras mais s'interrogent sur la méthode. Ils ont été trahis par leurs leaders que les dorures de la république ont détournés de leur idéal révolutionnaire.
Plus aucun doute n'est permis, l'expérience démocratique tunisienne est menacée de l'extérieur et de l'intérieur. Les rôles sont différents mais faire échouer l'expérience démocratique est un objectif commun, c'est évident.
Une prise de conscience est nécessaire. Nous l'oublions souvent « La démocratie est un processus de construction permanent…». Au lieu de nous détruire, sachons faire de nos ratés des opportunités. Ce n'est pas le cas actuellement, nous nous enfonçons dans nos contradictions. Ceci implique entre autres une remobilisation de la société civile pour redresser le processus en cours. Menée à son terme, l'expérience tunisienne changera la face du monde dans notre région. Nos « amis » et « les pays frères » avec la complicité de forces intérieurs l'ont très vite compris ; leur empressement à investir sur certains groupes, n'est ni plus ni moins qu'une manœuvre pour peser sur le processus démocratique.
Peut-être, emportés par notre élan, n'avons-nous pas pris conscience des risques que la période actuelle fait courir à l'avenir du pays. Les enjeux actuels dépassent de loin un rendez-vous électoral ou la constitution d'un parti. C'est de notre futur qu'il s'agit.


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