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Riadh Zghal: Digitaliser pour stimuler l'entrepreneuriat en Tunisie
Publié dans Leaders le 21 - 01 - 2026

Lors des journées de l'Entreprise, Fethi Zouheir Ennouri, gouverneur de la Banque centrale, a terminé son discours en disant: «Notre pays n'est pas en manque de talents; il réclame un sursaut collectif pour la souveraineté économique, la dignité du travail et une gouvernance irréprochable.»
Le gouverneur s'adresse à des chefs d'entreprises et il appelle à l'investissement, qui aurait besoin d'un sursaut collectif, et ne manque pas de préciser que cela concerne la gouvernance. Les chefs d'entreprise sont concernés par l'investissement et l'Etat par la gouvernance, mais pas seulement. Car si on raisonne au-delà du court terme, il l'est aussi par l'éducation. C'est grâce à un système éducatif adéquat que l'on peut développer l'esprit entrepreneurial grâce à des programmes et des méthodes qui stimulent chez l'apprenant l'envie d'innover, d'oser de ne pas baisser les bras après un échec, de prendre des risques. Or la prise de risque n'est pas seulement intuitive, elle est calculée malgré beaucoup d'incertitude, vu les nombreuses variables qui entrent enjeu.
Parmi ces variables auxquelles l'entrepreneur est confronté, il y a l'arsenal juridique et l'épreuve du passage obligé par diverses organisations administratives, tellement chronophage. Pourtant, l'accélération de la digitalisation aurait considérablement servi à gagner du temps et à réduire l'appréhension de se heurter aux dysfonctionnements administratifs. Les retards accumulés dans la digitalisation administrative et le récit récurrent de la corruption qui sévit dans le monde des affaires nourri par des nouvelles aussi récurrentes d'arrestations de responsables administratifs, de banquiers et d'hommes d'affaires, provoquent une frilosité aussi bien parmi les porteurs de projets que parmi les administrateurs. Les décisions administratives sont d'autant plus risquées que l'arsenal juridique est devenu démesuré du fait de l'accumulation de lois et de décrets sans un rythme correspondant d'abrogation de textes désuets. On traîne encore des lois datant de l'époque beylicale et cette accumulation sans souci de cohérence crée un flou qui ouvre les portes à des interprétations variables augmentant ainsi le risque pour l'administrateur qui prend la décision en faveur d'un investisseur de s'exposer à une accusation. Certains évitent de le faire et renvoient la patate chaude à un niveau supérieur de la chaîne administrative sollicitant une consultation. Quand les demandes de consultations s'accumulent sans prise de décision, tout le processus d'investissement et de poursuite de projets déjà engagés se grippe, et c'est toute l'économie et la création d'emplois qui en souffrent. Bien évidemment ce n'est pas cela qui va mettre fin à la corruption, la recherche de sortie par les uns et les autres la fait encore fleurir. Pour certaines activités, l'une des voies de sortie demeure le passage vers le secteur informel avec ce que cela implique comme occasions perdues de création d'emplois décents, de revenus pour l'Etat et de risques de déviation vers des activités nocives incontrôlées.
Il est question de tant de dysfonctionnements liés à l'administration qui ralentissent le taux de croissance économique nationale avec ce qui s'ensuit comme insuffisance des moyens de l'Etat pour assurer une politique sociale permettant la réduction de la pauvreté ou du moins l'éradication de l'extrême pauvreté, d'améliorer les performances des secteurs qui touchent aux conditions de vie au quotidien - éducation, santé, transport en particulier- et de booster le rythme de création d'emplois. La digitalisation exige au préalable un investissement de la part de l'Etat, d'abord pour réunir des données précises et fiables sur la situation impactée par le fonctionnement administratif, puis par un «nettoyage» de l'arsenal administratif relatif à l'investissement. C'est alors que la digitalisation des opérations administratives sera conduite sur des bases solides. Un tel projet devrait mobiliser toutes les institutions gouvernementales concernées.
A cet effet, il serait peut-être utile que les ministères de l'Industrie, du Commerce, des Technologies, de l'Agriculture et du Développement mènent en partenariat une enquête sur les projets économiques qui sont en souffrance dans les différents gouvernorats à cause d'une signature administrative en attente et durant combien de temps. Les résultats de cette enquête guideront aussi vers le nettoyage de l'arsenal juridique pour ne garder que des textes clairs et précis intégrés dans un ensemble cohérent qui ne prête pas à des interprétations aléatoires. L'abrogation de lois devenues désuètes, la mise en harmonie des textes particuliers aux secteurs et aux diverses branches d'activité baliseront le terrain de la digitalisation. Ce sera aussi l'occasion de préciser davantage les niveaux de responsabilité habilités à prendre les décisions, contribuent au nettoyage de l'arsenal juridique et proposent éventuellement de nouveaux instruments pour accélérer l'indice total de l'entrepreneuriat selon les spécificités des contextes locaux et régionaux. Ces diverses actions préalables sont nécessaires car la digitalisation n'est pas seulement une affaire de technologie, c'est aussi et surtout une affaire de règles et de procédures définies sans ambiguïté. Il est difficile de dire ce que coûtera l'investissement que supportera l'Etat en préparation à la digitalisation de l'administration mais le retour sur investissement est sans doute assuré.
Selon Doing Business, la Tunisie est classée 78e sur 190 et 8e sur 20 pays de la région Mena (Moyen-Orient-Afrique du Nord) en ce qui concerne les conditions de montage d'une affaire économique. Un tel classement dans les top 10 de la région Mena reflète les nombreuses réformes et dispositions prises par les gouvernements successifs pour faciliter la création d'entreprises. En revanche, l'indice d'activité entrepreneuriale montre un net déséquilibre au profit des régions côtières par rapport à l'intérieur. Un tel déséquilibre s'accompagne de chômage, d'exode et de dépeuplement rural creusant de plus en plus les inégalités régionales. Les variables explicatives d'une telle situation sont nombreuses et on ne peut les détailler dans cette tribune. Néanmoins, leur prise en compte dans les décisions de l'investissement public peut réduire leurs effets. A cet égard, la digitalisation de l'administration et l'intelligence artificielle représentent des opportunités à mettre en œuvre afin d'accélérer l'investissement dans les régions de l'intérieur.
L'investissement se développe par la création et le pays a besoin de relever l'indice d'activité entrepreneuriale totale, particulièrement dans les régions défavorisées. Certes, il existe de nombreuses institutions de formation à l'entrepreneuriat (Aneti, Centres d'affaires, espaces entreprendre, pépinières d'entreprises, incubateurs dans les universités, accélérateurs), mais les résultats demeurent en deçà des attentes et les raisons se trouvent à plus d'un niveau dont celui de l'école. En effet, l'école est le lieu de découverte des talents et des capacités d'innovation. La généralisation de clubs d'entrepreneuriat dans toutes les institutions d'éducation et de formation permettra non seulement l'éclosion des talents mais aussi l'entraînement au travail d'équipe et à l'innovation individuelle et collective. La réalisation d'un projet dans un club de ce genre constitue l'occasion pour l'apprenant de vivre une expérience sociale où s'opposent des points de vue et se construisent des consensus pour relever collectivement des défis. Un club d'entrepreneuriat encadré par un enseignant est l'occasion pour l'apprenant de quitter la position de récepteur passif en classe et de se retrouver dans celle d'acteur qui met en pratique ses connaissances, discute, innove, s'expose à des divergences, des conflictualités, des défis, expérimente la vraie vie et s'y prépare. L'école représente l'institution stratégique pour assurer une dynamique entrepreneuriale durable et créatrice de richesse dans le long terme.
Riadh Zghal
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