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La grogne sociale monte d'un cran
Publié dans Le Temps le 14 - 02 - 2017

Depuis plusieurs semaines, les manifestations, sit-in et blocages des routes se multiplient à travers le pays à l'instigation d'une jeunesse désœuvrée ou d'habitants de régions marginalisées. Hier encore, une grève générale dans les secteurs de l'éducation et de la santé a été observée dans la délégation de Bir Ali Ben Khelifa (gouvernorat de Sfax) en signe de protestation contre la dégradation des infrastructures sanitaires et scolaires ayant causé le décès d'une élève atteinte de l'hépatite.
Appuyés par l'antenne locale de l'Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) et des représentants d'autres composantes de la société civile, des centaines d'habitants de la région ont également manifesté bruyamment devant l'hôpital local
A Regueb (gouvernorat de Sidi Bouzid), des dizaines d'agriculteurs organisent depuis quelques jours un sit-in ouvert devant le siège de la délégation pour tenter d'amener les autorités à trouver des solutions adéquates aux difficultés de commercialisation des tomates dans un contexte de surproduction.
Toujours à Sidi Bouzid, à Meknassi, des diplômés qui chôment depuis 10 ans ont déclenché le sit-in «Harimna» ( On a veilli). Ces protestataires ont confisqué la semaine écoulée un camion de transport de phosphates et une citerne d'hydrocarbures au niveau de la route nationale 14 reliant Gafsa à Sfax. Ils ont aussi menacé de s'immoler par le feu, réclamant la tenue d'un conseil ministériel pour prendre des mesures en faveur des habitants de Meknassi qui «ne peuvent plus tolérer davantage de marginalisation et d'exclusion».
Samedi dernier, un sit-in a été aussi organisé devant le siège du gouvernorat de Sidi Bouzid par les sympathisants du parti Al-Mahabba appelant à la régularisation de la situation des terres domaniales, notamment dans la délégation de Meknassi. Ils ont également scandé des slogans appelant à réaliser les objectifs de la révolution.
Début février, des commerçants de Ben Guerdane ont bloqué la route reliant la ville au poste frontalier de Ras Jedir pour protester contre les mauvais traitements qu'ils ont subi de la part des douaniers libyens. Ils ont menacé d'aller plus loin dans leur mouvement de colère si du côté libyen on persiste à les humilier et saboter leurs activités commerciales.
Mesures difficilement réalisables
Une grève générale qui était aussi prévue le mercredi 8 février dans la région à l'appel de l'union locale du travail, l'Union de l'industrie du commerce et de l'artisanat et l'Union de l'agriculture et de la pêche a été reportée à une date ultérieure après avoir constaté des réactions positives envers les revendications des habitants de la région.
Une nouvelle date de la grève pourrait cependant être fixée lors d'une réunion prévue pour aujourd'hui.
Las des promesses de régularisation de leur situation, les employés précaires engagés dans le cadre du mécanisme dit 16 sur les travaux d'intérêt public ont, par ailleurs, organisé le 9 février des sit-in devant tous les gouvernorats. Le collectif des coordinations a également annoncé une grève nationale et un sit-in à la Kasbah, devant le siège du gouvernement, le 9 mars 2017.
Dans les diverses régions, les mêmes slogans ayant résonné en décembre 2010 et en janvier 2011, au plus fort de la révolte populaire contre le régime de Ben Ali, en l'occurrence « travail, dignité et justice sociale», sont brandis. Ces slogans signifient l'échec des gouvernements successifs à résoudre la crise de l'emploi des jeunes et à réduire les disparités régionales, avec un taux chômage qui culmine à 15,4 % en 2015 contre 12 % en 2010 et un taux de pauvreté qui tourne autour de 20%.
Le gouvernement annonce régulièrement des mesures destinés à lutter contre le chômage et la pauvreté, dont le pourvoi de 5.000 emplois dans les zones déshéritées, le recrutement d'une personne sans emploi de chaque famille démunie et la mise à disposition des terres domaniales aux plus défavorisés. Mais ces promesses semblent difficilement réalisables dans un contexte de fortes pressions sur les finances publiques qui empêche tout recrutement dans l'administration ou financement d'emplois aidés, conformément aux engagements de la Tunisie avec ses bailleurs de fonds internationaux dont le FMI.
«Six ans après la révolution, le fossé se creuse entre des gouvernements incapables de proposer autre chose que les solutions libérales dont l'échec est avéré depuis les années Ben Ali, qui recourent de plus en plus aux moyens sécuritaires et judiciaires; et la jeunesse des régions déshéritées qui refuse de renoncer aux mots d'ordre de la révolution et retrouve le chemin de la mobilisation sociale légitime et pacifique pour faire aboutir ses droits », a résumé le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux dans un communiqué publié récemment.


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