Après le Brexit en Grande Bretagne, « l'America First » de Donald Trump aux USA, c'est au tour de l'Allemagne de renouer avec le « Nationalisme » avec cette montée surprenante du parti « AFD » (Alternative für Deutschland), dont la dénomination même implique un programme de repli de l'Allemagne par rapport à l'Europe et surtout, l'accueil et la gestion du million et demi de réfugiés afghans et syriens « infiltrés » suite au « trou d'air » toléré courageusement par la chancelière Angela Merkel. Certes, la Kanzelerina, femme la « plus forte » au monde reste maîtresse du jeu politique au pays de Goethe et de Schuller, avec 33% des sièges du Bundestag. Mais, elle doit désormais, compter avec les 13% de l' AFD et les libéraux, 10,7%, tous aussi intransigeants sur la bureaucratie de Bruxelles et l'arrivée en masse des réfugiés. Finalement, cette « fièvre nationaliste » commence à approcher l'universel, puisque la Russie l'a déjà emprunté avec Vladimir Poutine et il ne reste que la Chine qui s'accroche parce qu'elle a largement bénéficié de l'ouverture des marchés mondiaux à sa production bon marché. Du coup, l'Allemagne n'est plus loin du « Deutschland first », dans ce tourbillon énorme qui marque et marquera encore plus significativement la planète d'ici 2050, avec la poussée démographique mondiale énorme, la raréfaction des ressources naturelles et la paupérisation des 3⁄4 de la population mondiale. Tout ceci doit nous inciter à réfléchir, car quand l'Allemagne éternue, c'est l'Europe qui a la grippe, et quand l'Europe est malade, c'est l'Afrique du Nord qui plonge dans le coma ! Les Tunisiens doivent comprendre que les frontières classiques qui nous séparent, et qui nous lient en même temps, avec les pays leaders en Europe, vont devenir de plus en plus étanches, si nous n'arrivons pas à atteindre le standard européen « minimal », dans tous les domaines. Ceci commence par la culture du travail bien fait. D'où la nécessité d'enseigner et populariser la « finition » sur tous nos produits à l'exportation et à la consommation. Par ailleurs, il faut rentabiliser au mieux notre production et en réduire les coûts pour faire face à une concurrence désormais rude et sans concessions. Tous les pays du Sud de la Méditerranée, y compris la Turquie, produisent la même chose que nous. Du textile, à l'huile d'olive, au tourisme, tout le monde peine à sauvegarder ses parts de marché, en période de récession européenne et mondiale ; Même l'Allemagne, première locomotive économique et financière d'Europe, est touchée. Et plus de 700.000 Allemands ont quitté leur pays pour s'installer en Amérique, Australie, Canada, au sud de l'Europe (France et Espagne) et même en Afrique, fuyant les impôts pléthoriques et la dégradation du pouvoir d'achat des classes moyennes en Allemagne même. La Tunisie peut à la limite profiter de cette « exode » favorable en Euros et en devises fortes, bien particulière, pour développer une politique attrayante, en direction de ceux qui veulent fructifier et dépenser leur argent chez nous. Ceci ne demande pas beaucoup d'investissements, ni de grands sacrifices. Il suffit d'améliorer la qualité de vie, de l'hygiène publique, de l'environnement et surtout réduire l'arsenal bureaucratique, qui fait de la Tunisie une direction « à problèmes », pour des millions d'européens, qui fuient justement la bureaucratie de leurs pays et leurs Etats contraignants malgré une prospérité relative ! Plus on développe la qualité de la vie des Tunisiens eux-mêmes, et plus le pays sera attirant pour ces centaines de milliers de « touristes » avec une résidence secondaire, plus prolongée que celle des 10 jours des tours-opérateurs. D'ailleurs, comme il s'agit de personnes plus âgées, disposant de retraites confortables, de sécurité sociale et autres assurances dans leurs pays d'origine, elles sont plus à même de se faire soigner en Tunisie, d'où ce « tourisme médical » à forte employabilité et à forte plus-value pour nos cliniques, le corps médical et para-médical et nos usines de fabrication de médicaments. Par conséquent, à quelque chose, malheur peut être bon, et les soucis passagers de Mme Angela Merkel, ne doivent pas inquiéter les Tunisiens, s'ils savent se préparer à de nouveaux créneaux de la coopération avec l'Allemagne et l'Europe. La formation professionnelle, l'énergie renouvelable, l'écologie et l'environnement, le développement ferroviaire et l'infrastructure routière, autant de domaines où les Allemands sont très performants et qui peuvent nous aider à atteindre au plus vite le standard européen minimal. Ne perdons pas de temps... Mme Merkel, grande amie de la Tunisie est toujours aux commandes de l'Allemagne. Faisons en sorte de la motiver encore plus pour soutenir les efforts de mise à niveau globale de la Tunisie ! Mais, attention, les Allemands sont disciplinés et aiment la discipline ! K.G