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Une œuvre de toutes les confluences
Publié dans Le Temps le 24 - 08 - 2018

Désormais connu de tous les artistes et du grand public, le tableau de l'artiste tuniso-russe Olga Malakhova fait partie des images d'Epinal tunisiennes. Saurons-nous retrouver, recenser et conserver tout ce patrimoine qui compile nos archétypes et représentations inconscientes?
Il s'agit d'une composition surprenante qui tire son nom du folklore tunisien. En effet, ce tableau d'Olga Malakhova est intitulé "Ommek Tangou" et renvoie à un personnage légendaire, une effigie qui avait coutume d'être promenée en procession pour invoquer la pluie. Ce personnage d'Ommek Tangou pouvait prendre la forme d'un épouvantail ou d'une poupée rudimentaire et était suivi par une foule qui par de sonores incantations, priait pour qu'il pleuve.
Une réminiscence numide,
punique ou romaine
Plusieurs chants ont été transmis dans ce folklore d'Ommek Tangou qui remonte à la surface de nos mémoires lorsque les pluies sont insuffisantes. Pour certains ethnologues, ce personnage qui survit dans nos superstitions pourrait avoir des origines lointaines qui remonteraient au temps des Numides ou des Puniques. On sait peu de choses de Ommek Tango sinon qu'elle est probablement une survivance paienne, une sorte de déesse de la pluie que certains assimilent à la Juno Caelestis de l'époque romaine.
Malgré sa profondeur historique et symbolique, les artistes se sont rarement emparés du personnage de cette "Mère La Pluie". On en trouve mention dans quelques oeuvres littéraires et aussi dans "Sourakh", le film de Omar Khlifi. Pourtant, la tentation doit être grande de figurer, transfigurer, sublimer ou détourner ce personnage! C'est à cela que l'artiste Olga Malakhova s'est employée en créant un tableau déroutant intitulé "Ommek Tangou". Exposé en mars 2018 au sein de la nouvelle collection de l'artiste, ce tableau s'est rapidement imposé et est devenu une véritable icône représentant cette figure folklorique. De manière remarquable, chaque évocation du personnage légendaire est accompagnée de la composition de l'artiste russo-tunisienne. Désormais, c'est un peu comme si le tableau se confondait avec le personnage, aussi bien pour les artistes que pour le grand public.
Un air de Joconde surréaliste
Il faut dire que la Tango de Malakhova est plutôt surprenante, avec sa pipe et son smartphone. Toutefois, l'aspect archétypal du personnage est parvenu à distinguer ce tableau et lui donner une diffusion particulière. De fait, ce tableau est à son tour devenu une véritable icône, de celle qu'affectionne l'artiste dans sa démarche actuelle qui consiste à mêler figures traditionnelles russes et tunisiennes. Dans un certain sens, cette "Ommek Tango" avec ses particularismes et son air de Joconde surréaliste, s'est imposée comme un des tableaux représentatifs de la peinture tunisienne actuelle, comme une oeuvre connue de tous, qui renvoie à certaines créations de Aly Ben Salem, Jellal Ben Abdallah ou Brahim Dhahak.
C'est en cela que réside le mystère de l'art et l'accélération que connaissent des toiles qui entrent subrepticement dans l'histoire. Avec cette "Ommek Tangou", Malakhova réalise ce miracle artistique qui consiste à interpeller le subconscient ou le ça de celle ou celui qui regarde une oeuvre, l'associe à un héritage et l'adopte dans sa galerie virtuelle. Observer cette "Tango" nous invite par ailleurs à réfléchir sur les toiles les plus "parlantes" de notre peinture contemporaine. Quelles sont-elles? Que représentent-elles? Qui en sont les auteurs? De Yahia aux tendances contemporaines, ce sont des centaines de tableaux qui expriment notre être profond, les replis de notre legs et les méandres de notre personnalité. Saurons-nous, à l'image de cette superbe "Ommek Tango" les retrouver, recenser et conserver?


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