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Mohamed Bachtobji, défenseur axial au CA : « Docile dans la vie ; guerrier sur le terrain »
Portrait : Loin des feux de la rampe
Publié dans Le Temps le 22 - 12 - 2007

Si le CA occupe depuis le début de saison le haut du classement c'est grâce à une défense compacte et solidaire, la deuxième après celle de l'Etoile avec seulement 7 buts encaissés. Au cœur de cette défense un homme discret mais efficace, que Mrad Mahjoub qualifie de « docile dans la vie et guerrier sur le terrain ».
Ses dix ans de carrière en tant que professionnel plaident en sa faveur et démontrent, si besoin est, le long souffle et le sérieux avec lequel ce joueur aborde son métier de footballeur parce que, pour lui, il s'agit bien d'un métier. Ses idoles sont Lilian Thuram, Baresi, Laurent Blanc et Badra.
En ralliant le Club Africain, Mohamed Bachtobji a réalisé son premier objectif, depuis qu'il est retourné sur le sol tunisien. Aujourd'hui, il aspire à mieux, il rêve de plus ; gagner une place en équipe nationale et il y croit fermement !

Plus qu'une passion...un destin !
Bachtobji a commencé à taper dans un ballon dès l'âge de quatre ans, en amateur à Dole, en France, où il est né. Il y demeurera jusqu'à l'âge de 15 ans. Repéré par Aldo Platini, le père de Michel, il passera au centre de formation de Nancy et de là sera recruté par le club de Hambourg (D3) en Allemagne pour sa première expérience professionnelle. Initiation adéquate et exemplaire où la rigueur tient une place de choix pour quelqu'un qui se destinait, déjà, à une carrière de footballeur !
D'ailleurs, les trois années qu'il a passées en Allemagne ne sont pas étrangères au caractère carré et rigoureux du futur joueur parisien. Luis Fernandez sera derrière son retour en France pour y intégrer le club phare de la capitale, le Paris Saint-Germain. Il y côtoiera des joueurs de grands talents tels que Ronaldhino, Pocchetino, Heinze, Talel El Karkouri et bien d'autres. « Mon jeune âge ne m'a pas permis d'arracher une place de titulaire. Pour le poste de défenseur central, l'expérience était requise. Mais je jouais avec l'équipe réserve et on a terminé premier », déclare-t-il nostalgique. Retour illico presto à Hambourg, et de là en Tunisie, son pays d'origine. Il n'a pu s'imposer à l'EST ni à l'ESS pour des raisons qu'il ignore, à ce jour.
Mrad Mahjoub, qui le voulait dans ces deux équipes après l'avoir vu à l'œuvre avec la sélection olympique, alors qu'il était directeur technique affirme : « les responsables l'ont réfuté, mais je pense qu'il y avait de la magouille derrière ce refus. Dans ce monde, les agents font très souvent la loi et les finances font avorter bien de transactions ».
Malheureux de s'être fait largué, Bachtobji s'est fixé pour premier objectif de rallier un grand club tunisien. Un agent lui a conseillé alors de tenter sa chance à Zarzis.

L'ESZ, le tremplin !
« Quand mon agent m'a fait comprendre qu'il était impératif pour moi de partir à Zarzis pour relancer ma carrière, j'étais réellement réticent. Mentalement, c'était dur à accepter. Je ne pouvais me résigner à renoncer à mes ambitions, mais j'ai fini par comprendre que c'était un passage obligatoire », dit-il.
Il n'aura, d'ailleurs pas à regretter son choix ! Bien au contraire, l'accueil qu'il trouvait chez les Zarzissiens lui fit un bien énorme et constitua un baume sur le cœur blessé de ce joueur malmené par des agents peu scrupuleux. « Je n'oublierai jamais ce qu'ont fait les responsables et les supporters zarzissiens à mon intention et la sollicitude dont j'ai été entouré », renchérit-il. Avec son sérieux inné et son professionnalisme, il décida de bosser très dur pour montrer ses capacités et avoir sa revanche. Ainsi fut-il.
Les responsables clubistes l'avaient à l'œil et ses sorties respectables contre les « Rouge et Blanc » ont consolidé la bonne réputation dont il jouit et l'a fait définitivement entré dans leur faveur. Ainsi Ben Chikha et Bachtobji rejoignirent la capitale pour élire domicile au parc A.
Le joueur signe un contrat de deux ans. Le public de son nouveau club est impressionnant, mais ne l'intimide guère ; « j'ai appris à jouer avec la pression. Je la trouve même positive. Dés le coup de sifflet du démarrage, je suis concentré sur l'adversaire et la rencontre et je n'entends plus le public »
A propos de ses relations avec ses coéquipiers, Bachtobji répond « je les respecte tous et ils me le rendent bien. Ce sont des collègues de travail. On ne peut pas se faire des amitiés en trois mois ».
Et Ben Chikha ? « Il apporte au club la rigueur, le sérieux et la rage de vaincre. Il ne fait de cadeau à personne. Son travail commence, d'ailleurs à payer. On n'a perdu qu'un seul match. Maintenant, il faut être patient et le laisser travailler. Si on continue sur notre lancée, on est bien parti pour remporter un titre. Il nous manque un attaquant de métier ».
Pourtant la défense était plus que critiquée en début de saison : « c'est bien vrai ! Mais aujourd'hui, nous sommes la 2ème meilleure défense après l'ESS avec 7buts encaissés. Les chiffres parlent, donc d'eux-mêmes ! »

Un guerrier sur le terrain
Le défenseur tenace et discret a, d'ores et déjà, gagné une place de choix dans le dispositif tactique de Ben Chikha et dans le cœur des supporters clubistes qui l'ont surnommé Mhaissi, en référence à l'ancien défenseur dur et intraitable du club. Il n'est pas sous les feux des projecteurs et ne constitue pas une attraction pour les médias ; « c'est qu'il a un rôle plutôt ingrat, riposte Mrad Mahjoub. Il ne se fait pas remarquer mais il est très utile dans son poste. Il a beaucoup de caractère et sait assener ses petits coups. Il est très régulier, consciencieux et droit. Il facilite le travail de l'entraîneur parce qu'il ne triche jamais. Il ne s'impose que par sa compétence. Il prend à cœur les intérêts du club. Il ne fait passer rien avant son match. Ce n'est pas un joueur comme ça qui va te trahir. En un mot c'est un véritable professionnel ».
Il a eu de très bons formateurs pour forger son caractère, affiner ses qualités défensives et lui inculquer quelques ficelles du poste de défenseur. Rachid Mataâr, son coach à Nancy lui répétait souvent « le défenseur est l'ouvrier, le milieu l'ingénieur ! ». Rôle qui ne semble pas le rebuter. Bien au contraire, il prépare minutieusement ses rencontres : « je n'ai pas besoin de provoquer les attaquants, tonne-t-il, par des insultes, mais je suis très dur sur l'homme. J'ai un petit carnet où sont inscrit tous les attaquants tunisiens. Je note leurs points forts et faibles. Je connais au millimètre près ce qu'ils valent tous ».
Et ce qui s'est passé avec Chermiti, alors ?
« J'ai juste joué dur sur lui. Il a demandé des excuses et je les ai accepté vu son jeune âge mais je crois qu'il devrait mieux se comporter. Il n'a encore rien prouvé. De toute façon je suis habitué, l'année dernière, j'ai été mordu par Gomez et cette année par Chermiti. Je commence à collectionner les cicatrices ! »

Sagesse et bonne hygiène de vie
Pour durer dans le métier, la vie du joueur peut être dissocié de celle de l'homme. Cette leçon, Bachtobji semble l'avoir gobé, adoptée et en a même fait un code de conduite. « Quand j'ai signé au CA, nous confie-t-il, les responsables voulaient que j'habite en ville mais j'ai refusé. J'ai préféré rentrer chaque soir à Menzel Jmil, où je suis au calme, tranquille et entouré de ma famille. J'ai fait ce choix pour mon bien être et celui de l'équipe ».
L'homme est encore libre des liens matrimoniaux, mais a des hobbies sages tels que la lecture, le cinéma ou encore le shopping. Il vit seul, mais ses tantes et ses cousins sont tout près et toujours présents pour meubler ses moments de solitude.
Quant à l'avenir, il n'a pas de souci à se faire puisque, parallèlement à sa carrière de footballeur, Bachtobji a fait des études de commerce après le bac. Il a, aussi des diplômes d'entraîneur ; initiateur 1 et 2, animateur senior, brevet de secourisme et premier degré.
L'après-foot ne constitue, donc, pas une source de soucis pour cet homme mesuré et sûr de lui qui aborde sa vie avec intelligence. « Je pourrai entraîner bien que ce métier ma paraît très difficile, affirme-t-il. Je crois que je prendrai une année sabbatique pour décider de mon avenir quand j'aurai arrêté ma carrière ».
Ce n'est certainement pas un Bachtobji qui se ruerait sur des décisions hâtives. Dans tout ce qu'il entreprend, l'homme prend son temps. Il fonctionne en fonction des objectifs qu'il s'est fixé et ne brûle aucunement les étapes. Il sait être patient et attendre son heure.
Aujourd'hui, il est un titulaire incontesté et incontestable au sein de la défense clubiste. Les supporters ne s'y trompe pas et ont finit par reconnaître le battant derrière le personnage timide. Ils l'ont d'ailleurs élu meilleur deuxième joueur derrière Lassaâd Ouertani suite au derby gagné par les « Rouge et Blanc ». Quelle meilleure reconnaissance pour le joueur, quelle plus chaleureuse consécration et récompense pour le défenseur ?
Un titre peut-être !


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