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Des proches de Ghannouchi cherchent à lui trouver une «porte de sortie honorable»
Publié dans Le Temps le 28 - 05 - 2020

Onze dirigeants de premier plan du mouvement Ennahdha ont appelé, dans un document interne rendu public mardi, à garantir l'alternance au niveau de la direction du mouvement, sans pour autant priver son leader, Rached Ghannouchi, son président «de tout rôle futur au sein du parti».
«Les préoccupations du mouvement Ennahdha sont profondes et ne peuvent être réduites à une passation au niveau de la direction ou à la mise à l'exclusion de son président de tout rôle futur au sein du mouvement, ou encore à pousser vers le non-respect du principe de l'alternance », ont précisé ces dirigeants.
Les signataires du document transmis aux médias, parmi lesquels figurent Abdelkrim Harouni (président du conseil de la choura), Rafik Abdesselam (responsable du bureau des relations extérieures), Noureddine Arbaoui (président du bureau politique), Mohsen Nouichi (responsable du bureau des élections) et Mohamed Zourrig (vice-président du bloc parlementaire), ont mis l'accent «l'importance du rôle du président du mouvement Rached Ghannouchi dans l'accompagnement efficace de la nouvelle direction du mouvement qui émanera du 11ème congrès ». Ils ont aussi recommandé aux autres membres d'Ennahdha de faire réussir la mission de Ghannouchi à la tête de l'Assemblée des Représentants du Peuple et à respecter les principes éthiques et le système de valeurs sur lequel s'est fondé le mouvement Ennahdha en tant que parti civil, démocratique, ayant l'islam pour référence.
Ces dirigeants nahdhaouis connus pour être des fidèles du chef historique du parti ont d'autre part souligné l'impératif de tenir le 11e congrès du parti avant la fin de l'année 2020 et à entretenir un dialogue interne de manière approfondie sur les différentes questions intellectuelle, politique et stratégique relative au mouvement.
«Il est essentiel de construire des consensus solides à même de préserver l'unité du mouvement et de consolider le climat de confiance entre ses membres avant l'entame du congrès », ont-ils fait remarquer. Et d'ajouter : «Il est question de garantir l'alternance au niveau de la direction du mouvement de manière à assurer le renouvellement de ses élites conformément aux dispositions de son statut, aux usages démocratiques et à l'autorité institutionnelle».
Les signataires du document qui se font appeler «groupe de l'unité et du renouveau» ont souligné l'accumulation de «certains points négatifs et erreurs commises au cours des dernières années», citant notamment des dysfonctionnements qui ont mis à mal la ligne politique, la faiblesse du «rendement institutionnel» et «le manque de discipline» de certaines figures et dirigeants du parti.
«Il est clair pour tout le monde que le mouvement Ennahdha traverse un conflit interne qui ne cesse de s'aggraver depuis le 10e congrès, organisé en 2016. C'est un différend à caractère principalement organisationnel qui a conduit à un climat tendu ayant, à son tour, contribué à perturber le parti et à gaspiller beaucoup d'efforts et d'énergies », ont-ils noté, tout en indiquant que «le fait que ce conflit ait été rendu largement public dans les médias représente une violation criante des traditions du parti et une atteinte à l'image du mouvement Ennahdha ».
Guerre de succession
Selon les signataires du document, la recrudescence des conflits internes au sein d'Ennahdha n'a pas seulement porté atteinte à l'image du parti et de sa cohésion, mais a également influé sur les grandes orientations politiques du mouvement et a empêché l'application des recommandations issues du 10e congrès, notamment en ce qui concerne la «spécialisation» et l'ouverture sur les compétences et les nouvelles catégories, en particulier les femmes et les jeunes.
Le mouvement Ennahdha vit depuis plusieurs mois au rythme d'une bataille de succession. Plusieurs dirigeants du mouvement ont en effet appelé publiquement Rached Ghannouchi, qui tient le gouvernail depuis quatre décennies, à rendre le tablier à l'occasion bien avant la tenue du 11è congrès prévu d'ici fin 2020.
Dans un entretien publié le 11 janvier dernier par le quotidien «Le Maghreb», Abdelhamid Jelassi, membre du conseil de la choura et député, a appelé à mettre fin au mandat de Rached Ghannouchi en tant que président d'Ennahdha et ce, conformément au règlement intérieur du mouvement islamiste, soulignant que le cheikh est désormais occupé à présider le Parlement.
«Rached Ghannouchi est occupé avec le Parlement, et pour éviter toute duplicité relative à ses discours en tant que chef d'Ennahdha et président du Parlement, déléguer ses fonctions au sein du parti », a-t-il souligné. Et d'ajouter : «lors du prochain congrès, on ne peut pas parler d'une prorogation du mandat de Rached Ghannouchi à la tête d'Ennahdha d'un point de vue légal, et ce conformément au règlement interne du mouvement. Le parti a besoin d'un changement et d'accorder des opportunités aux autres dirigeants dans le cadre de la bonne gestion et de l'alternance démocratique».
De son côté, le député Samir Dilou a estimé, dans un entretien accordé hier à Shems FM, que le poste de président du mouvement qu'occupe Rached Ghannouchi «est désormais incompatible avec celui de président de l'ARP». Il a également rappelé que le règlement interne d'Ennahdha interdit à Rached Ghannouchi de briguer un nouveau mandat en tant que président de la formation.
En septembre 2019, Ghannouchi a été même lâché par son a directeur de cabinet Zubair Chehoudi. Ce dernier a démissionné de toutes les structures du parti, en appelant clairement Rached Ghannouchi à «rester chez lui ou à la mosquée». Il a alors dénoncé l'intervention du chef du parti et de son gendre, Rafik Abdesselam, dans la nomination des têtes de listes présentées aux dernières législatives, leur reprochant d'avoir exclu les voix divergentes, notamment parmi les femmes et les jeunes.
Ainsi, les islamistes ne cachent plus leur opposition à l'inamovible «cheikh», et on est bien loin de la charte constitutive des Frères musulmans qui enjoint aux militants de rester unis pour le meilleur et pour le pire ad vitam aeternam, au risque de se faire excommunier. L'autorité morale dont jouit Rached Ghannouchi a bel et bien volé en éclats à telle enseigne que certains experts s'attendent à ce que le cheikh se fasse éjecter de son poste de président du parti lors du prochain congrès en l'absence d'un arrangement en vertu duquel il se verrait octroyer un poste honorifique.


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