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Pas seulement incompétent, l'Etat perd la «boule»... et devient assassin !
Publié dans Le Temps le 15 - 10 - 2020

p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 13px; line-height: normal; font-family: "Myriad Pro";"LE TEMPS - Slim BEN YOUSSEF p class="p2" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 10px; line-height: normal; font-family: "Myriad Pro";"Bien trop annihilant pour un simple fait divers, la mort d'un citoyen à Sbeitla, suite à la démolition d'un kiosque, dit « anarchique », à l'intérieur duquel il dormait, représente une énième goutte de trop, entre autres grosses gouttes qui se déversent, décidément sans cesse, sur un vase, débordant déjà de toutes parts, depuis plusieurs années. Bien au-delà de la responsabilité « étatique », directe et flagrante, si ce n'est de la fatale omission, « professionnelle », qui a couté la vie à ce citoyen, il est tout aussi question, par-dessus tout, de cette crise socio-économique, aigue et chronique, abattant le pays de fond en comble, et qui aura poussé, de fait, ce quinquagénaire lambda dans ses derniers retranchements dont il a le secret, l'acculant à passer la nuit là où il ne devrait pourtant pas l'être...
Pas plus tard que la semaine dernière, recoupement oblige, l'Etat tunisien avait déjà englouti dans ses égouts une enfant de dix ans, à Bhar Lazreg. La victime aidait sa mère, une «barbécha», à ramasser les bouteilles en plastique pour les revendre à une usine de recyclage. Cette fois-ci, c'est l'Etat, personnifié par ses propres agents de démolition, qui perd carrément sa boule (de démolition ?) et qui se met à tuer ses Citoyens à coups de burin, de marteau et de brise béton.
Démolition à boule vue !
La victime, d'après les témoignages, est un père de famille quinquagénaire, éboueur le jour, et aidant son fils à gérer son kiosque «anarchique», la nuit. Une «entreprise», certes illégale d'où la décision de démolition, mais qui permettait, en réalité, à la famille en question de survivre et de gagner son pain. C'est dire qu'entre le marteau et l'enclume, ces gens-là n'ont pas vraiment la possibilité de choisir...
Concrètement, la démolition de ce kiosque «illégal», par les pouvoirs locaux, a causé la mort d'un Citoyen qui dormait à l'intérieur. Intervenues mardi à l'aube, les autorités chargées de la démolition ont tellement cherché à ménager l'effet surprise, qu'ils ont complètement oublié d'évacuer les lieux avant de lancer leur opération. Enormissime, l'erreur a couté la vie d'un citoyen, provoqué la colère des Tunisiennes et des Tunisiens, et déclenché une série de limogeages à l'échelle locale et régionale.
Quelques heures après l'«incident», la nouvelle a provoqué des débuts d'émeute et de heurts entre les habitants et les forces de l'ordre dans la ville de Sbeïtla, qui ont duré toute la matinée. A chaud, des routes ont été bloqués, des pneus ont été brulés et un camion de la municipalité a été même incendié en guise de représailles, par les manifestants locaux.
Des «échauffourées» qui ont obligé la Kasbah et le ministère de l'Intérieur à intervenir, sur le champ, pour calmer les ardeurs.
Effondrement social
et « solutions » inefficaces
Le ministre de l'Intérieur, Taoufik Charfeddine, et celui des Affaires locales, Chokri Ben Hassen, ont été «dépêchés» sur les lieux «afin d'apporter l'appui nécessaire à la famille de la victime, lit-on dans le communiqué de la présidence du gouvernement. Comme d'habitude, une enquête a été ouverte sur les circonstances de l'incident : «L'opinion publique sera informée de ses résultats, le plus tôt possible», promet la Kasbah.
Pour sa part, le président de la République, Kaïs Saïed, n'a pas manqué de réagir, à son tour. Recevant Méchichi à Carthage, Saïed a appelé, dans un communiqué publié à propos, « chaque partie à assumer toutes ses responsabilités », grondant que « la loi doit être appliquée à tous, quels que soient le poste et la responsabilité qui en incombe ». Dans son style désormais caractéristique, le président de la République a martelé que « les crimes commis par ceux qui ont pillé l'argent du peuple pendant des décennies sont restés sur les tablettes des tribunaux sans poursuites ni sanctions efficaces ».
Malgré la vague de limogeage des dirigeants locaux, et en dépit de l'envolée lyrico-populiste du Président, les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre se sont poursuivis, d'après les témoignages, dans la nuit du mardi au mercredi. Matraque et gaz lacrymogène d'un côté, slogans «anti-Etat» et jet de pierre de l'autre. Preuve que les dirigeants de ce pays n'ont décidément rien compris.
Le problème dépasse la «simple» erreur professionnelle et encore moins le simple fait de désigner un coupable et le mettre en prison. Il s'agit, plutôt, du comble d'une crise socio-économique qui dévale par torrents aussi bien dans les profondeurs du pays que sur ses façades. Une crise que ces mêmes dirigeants n'ont pas manqué d'alimenter au fil des années, corruption, incompétence et amateurisme politique obligent.


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