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Le prophète vous aurait désavoué...
Publié dans Le Temps le 27 - 10 - 2020

p class="p1" style="text-align: right; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 12px; line-height: normal; font-family: "Myriad Pro";"Par Samia HARRAR
Il est, au-dessus de toutes les mêlées. Mais, il se serait tenu, nous n'en doutons pas une seule seconde, du côté de Samuel Paty, assassiné injustement, parce qu'il avait enseigné la liberté d'expression, et la liberté de conscience, à ses élèves.
Le prophète Mohammed -paix soit sur lui-, aurait pleuré. De constater à quel point, son «Message», a été mal compris, mal interprété, par tous ceux qui prétendent le défendre aujourd'hui. Car le prophète ne prêchait pas la haine de l'Autre. Et n'aurait pas accepté, qu'en son nom, et au nom de l'Islam, un enseignant ait pu être sauvagement décapité, tout simplement parce qu'il avait fait son devoir. En son âme et conscience. Celui d'enseigner la liberté. Et les valeurs de respect, de tout ce qui fonde, l'idée même de la suprématie de l'humain, et du respect de l'humain, dans sa diversité. En lui laissant libre-champ, de croire ou de ne pas croire. Sans l'irruption de la violence et de la haine. Ni dans les faits, ni dans le discours.
Le prophète Mohamed ne se serait sans doute pas, joint, aux appels de la haine, lancés, dimanche soir à Tataouine, contre le pays des Lumières, la France, parce que son président avait déclaré, qu'il fallait défendre à jamais, les valeurs de la République. Et parce que, il aurait fustigé l'islam politique qui a enfanté des enfants monstrueux. Des terroristes qui décident qui doit vivre ou pas. Et de quelle façon, il doit mourir.
Nous fustigeons également l'islam politique. Sans l'ombre d'une hésitation. Comme nous fustigeons tous les radicalismes. Peu importe les religions dont ils se réclament. Car ils se valent tous ; dans la haine, des libertés et des différences. Et nous ne serons jamais solidaires, de ceux qui appellent à la haine. Où qu'ils soient, d'où qu'ils soient.
Le prophète Mohamed -paix soit sur lui-, aurait ri des caricatures. Et les auraient prises pour ce qu'elles sont : des caricatures. Ni plus, ni moins. Parce que le prophète Mohammed était, et doit demeurer, au-dessus des mêlées, ce serait lui faire injure, que de continuer à perpétrer la haine, en son nom. Il n'aurait, sans doute pas apprécié.
Le prophète Mohamed, il serait revenu aujourd'hui, pour voir l'état de sa «Oumma» : oui, sans doute ; il en aurait pleuré.


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