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Les Turcs divisés suite à l'appel d'Erdogan
Publié dans Le Temps le 28 - 10 - 2020

Une "bonne leçon" qui n'a "que trop tardé", ou au contraire une mesure "illogique" et "impossible à appliquer": les Turcs étaient divisés hier, au lendemain de l'appel de leur président Recep Tayyip Erdogan à boycotter les produits français.
Pour l'instant, l'appel du bouillant chef d'Etat turc à dédaigner les marques tricolores semble relativement peu suivi d'effet: des clients masqués entrent comme d'habitude dans ce magasin de l'enseigne française Carrefour situé dans un quartier animé du district de Sisli, à Istanbul.
Daim Kara, 51 ans, en sort les bras chargés de produits. Pris sur le fait, ce partisan du boycott se défend : "J'achète à Carrefour, mais ce sont des produits turcs", dit-il en montrant ses emplettes.
"Je soutiens l'appel au boycott, parce qu'ils menacent la Turquie. Ils méprisent les musulmans", affirme-t-il.
Les relations entre Paris et Ankara, deux membres de l'Otan, se sont fortement tendues depuis l'an dernier, en raison notamment du soutien français à des milices kurdes syriennes et de désaccords sur la Libye et la Méditerranée orientale.
Mais rarement, les rapports avaient connu une telle crise à l'époque contemporaine: après que M. Erdogan eut mis en cause la "santé mentale" du président français Emmanuel Macron, la France a rappelé samedi son ambassadeur à Ankara.
Lundi, le dirigeant turc a renouvelé ses attaques personnelles, accusant M. Macron de mener une "campagne de haine" contre les musulmans à cause de son soutien à la liberté de caricaturer le prophète Mohamed, dont toute représentation est taboue dans l'Islam.
Pour Mahmut Atilla, retraité de 70 ans, l'appel de M. Erdogan ne changera rien.
"De toute façon je boycotte déjà les produits français. Je boycotte aussi les produits américains: je ne bois pas de Coca. On a du jus de fruit, du bon jus d'orange local. Je préfère boire cela", grommelle-t-il.
Murat, un trentenaire à la mâchoire carrée attablé à un café plus loin, estime que "cela n'a que trop tardé". "Il faut donner une bonne leçon à Macron !", lance-t-il.
Sur Twitter, des partisans de M. Erdogan ont publié des listes de marques françaises à éviter, oubliant, relevaient d'autres internautes, l'enseigne de luxe Hermès, prisée de la Première dame de Turquie.
L'impact de l'appel de M. Erdogan sur le commerce entre la Turquie et la France, qui représentait près de 15 milliards d'euros d'échanges l'an dernier, est difficile à anticiper.
Mais il ne semble en tout cas pas avoir suscité le même engouement que son appel, en 2018, à bouder les appareils électroniques américains lors de tensions entre Ankara et Washington.
De nombreux Turcs s'étaient alors filmés en train de casser leur iPhone à la masse ou en roulant dessus. Rien de tel, cette fois.
Il faut dire que les tensions entre la France et la Turquie interviennent au moment où l'économie turque, durement impactée par la pandémie de nouveau coronavirus, vacille, préoccupant de nombreux Turcs.
La livre turque, qui a perdu plus de 25% de sa valeur face au dollar depuis le début de l'année, a encore plongé dans la foulée des dernières diatribes de M. Erdogan, atteignant mardi un nouveau plus bas historique à 8,15 contre un billet vert à 11H00 GMT.
Dans ce contexte, l'appel au boycott des produits français risque d'"avoir des impacts négatifs pour la Turquie", s'inquiète Güzide Kosifoglu, pour qui cette décision "illogique" a été "prise sous le coup de l'émotion".
"Il ne faut pas oublier que de nombreux produits des marques françaises sont fabriqués ici", souligne cette employée du secteur du tourisme en crise. "Cela fournit des emplois à de nombreux Turcs".
Du centre de production Renault à Bursa (nord-ouest) aux innombrables boutiques de marques françaises de luxe à Istanbul, en passant par les assurances et les arômes alimentaires, les entreprises françaises sont un important pourvoyeur d'emplois.
"Dans un monde où les liens commerciaux sont entremêlés, (un boycott) ne me semble pas être très raisonnable (...) et impossible à appliquer", renchérit Murat Kaymaz, 47 ans.
"Si un produit est de qualité et qu'il me convient, je ne fais pas trop attention à sa provenance. Peu importe qu'il soit italien ou français", ajoute-t-il.


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