La Tunisie au Top 3 des pays, où les chercheurs ont amélioré la sécurité de Facebook    Violence faite aux femmes : Le ministère de la Femme signe un accord de partenariat avec l'Association femme et citoyenneté au Kef    Black Friday chez Fatales, les bons plans à ne pas rater    Webinar sur les principales leçons tirées de Tfanen-Tunisie Créative le 3 décembre    ARP : Report de l'adoption de l'accord-cadre portant sur l'octroi d'une ligne de financement de 350 mille euros    Projet européen "REUSEMED" pour la création des réseaux de réutilisation des déchets    Tunisie : Le ministère de la Santé demande un financement supplémentaire de 286 millions de dinars au titre de 2021    ARP : adoption du rapport relatif aux projet de loi de finances de 2021 et budget de l'Etat de 2021    Affaire Fabrice Ondama : Le comportement du Club Africain est inadmissible, selon l'avocat du joueur    Coupe de la CAF (Préliminaire aller) US Monastir-Fasil Ketema : Premier défi africain à relever pour les fils de la capitale du Ribat    Etoile du Sahel : un entraîneur brésilien sur le radar    En photos : En colère, les journalistes protestent à la Kasbah    Tunise: 10 dinars pour chaque procès, la proposition du juge Moez Ben Fraj commence à prendre forme    Le secret de la photo idéale avec un smartphone révélé par un spécialiste    Coronavirus: Le bilan s'alourdit à Manouba    Saied appelle à barrer la route au banditisme des manifestants    Calme plat et absence de production au bassin minier    DECES : Mahmoud TAAMALLAH    Le point sur l'épidémie du coronavirus : Mise à jour du 26 Novembre 2020 à 11H00    Tunisie [Vidéo]: En direct, rassemblement des journalistes à Sfax    Covid-19 : le taux de guérison porté à 72,7% contre un taux de mortalité de 3,26%    Echange de graves accusations entre deux hauts magistrats : Faut-il craindre pour l'indépendance de la justice ?    Diego Maradona s'est éteint hier : Une légende s'en va !    Ligue des champions (Finale) Al Ahly-Zamalek : une explication égyptienne entre les deux grands éternels rivaux.    Ligue des Champions : le Bayern et City qualifiés aux huitièmes de finale    La grève des magistrats prolongée de trois jours    NEWS | Shonga propose ses services à l'EST    Les derniers mots de Maradona dévoilés par une chaîne de télévision    [TRIBUNE] Deux siècles après, Haïti redevient le plus peuplé de la Caraïbe    Sénégal : la Banque africaine de développement renforce les capacités nationales pour accroître la performance de son portefeuille    Forum de recrutement de l'INSAT : une édition spéciale 100% digitale    Habib Ammar : la priorité est de protéger le secteur touristique de l'effondrement    Le marché boursier termine la séance dans le vert à 0,74%    La réaction au virus dépend aussi des gènes du patient, déclare Chokri Hammouda    Plus de la moitié des Tunisiens ayant obtenu la nationalité italienne ont rejoint la France    Des cercles de réflexion auront lieu à Dar Sebastien à partir du 27 novembre 2020    Météo: Prévisions pour jeudi 26 novembre 2020    Tunisie – Dialogue National : Ennahdha et sa manie de manger à tous les râteliers    Netanyahu se rendra "bientôt" à Bahreïn    Un camp de migrants violemment démantelé en plein Paris    La tension monte en Thaïlande    « Les Tunisiennes et le cinéma », une louable initiative    Times: L'ère de Poutine touche à sa fin    40e jour de son décès : Naama, la voix de la Tunisie    Audition du Ministre des affaires Culturelles: Le budget se réduit comme une peau de chagrin    WEBINAIRE | «Les arts du spectacle vivant au temps du coronavirus en Tunisie», organisé par Al Badil-L'Alternative Culturelle: Et les arts de la scène dans tout ça ?    On nous écrit | « Untitled », l'exposition collective à la Galerie Selma-Feriani: Sans nom, et pourtant...    Le budget du ministère des Affaires Culturelles pour l'année 2021 fixé à 358,4 millions de dinars    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Les Turcs divisés suite à l'appel d'Erdogan
Publié dans Le Temps le 28 - 10 - 2020

Une "bonne leçon" qui n'a "que trop tardé", ou au contraire une mesure "illogique" et "impossible à appliquer": les Turcs étaient divisés hier, au lendemain de l'appel de leur président Recep Tayyip Erdogan à boycotter les produits français.
Pour l'instant, l'appel du bouillant chef d'Etat turc à dédaigner les marques tricolores semble relativement peu suivi d'effet: des clients masqués entrent comme d'habitude dans ce magasin de l'enseigne française Carrefour situé dans un quartier animé du district de Sisli, à Istanbul.
Daim Kara, 51 ans, en sort les bras chargés de produits. Pris sur le fait, ce partisan du boycott se défend : "J'achète à Carrefour, mais ce sont des produits turcs", dit-il en montrant ses emplettes.
"Je soutiens l'appel au boycott, parce qu'ils menacent la Turquie. Ils méprisent les musulmans", affirme-t-il.
Les relations entre Paris et Ankara, deux membres de l'Otan, se sont fortement tendues depuis l'an dernier, en raison notamment du soutien français à des milices kurdes syriennes et de désaccords sur la Libye et la Méditerranée orientale.
Mais rarement, les rapports avaient connu une telle crise à l'époque contemporaine: après que M. Erdogan eut mis en cause la "santé mentale" du président français Emmanuel Macron, la France a rappelé samedi son ambassadeur à Ankara.
Lundi, le dirigeant turc a renouvelé ses attaques personnelles, accusant M. Macron de mener une "campagne de haine" contre les musulmans à cause de son soutien à la liberté de caricaturer le prophète Mohamed, dont toute représentation est taboue dans l'Islam.
Pour Mahmut Atilla, retraité de 70 ans, l'appel de M. Erdogan ne changera rien.
"De toute façon je boycotte déjà les produits français. Je boycotte aussi les produits américains: je ne bois pas de Coca. On a du jus de fruit, du bon jus d'orange local. Je préfère boire cela", grommelle-t-il.
Murat, un trentenaire à la mâchoire carrée attablé à un café plus loin, estime que "cela n'a que trop tardé". "Il faut donner une bonne leçon à Macron !", lance-t-il.
Sur Twitter, des partisans de M. Erdogan ont publié des listes de marques françaises à éviter, oubliant, relevaient d'autres internautes, l'enseigne de luxe Hermès, prisée de la Première dame de Turquie.
L'impact de l'appel de M. Erdogan sur le commerce entre la Turquie et la France, qui représentait près de 15 milliards d'euros d'échanges l'an dernier, est difficile à anticiper.
Mais il ne semble en tout cas pas avoir suscité le même engouement que son appel, en 2018, à bouder les appareils électroniques américains lors de tensions entre Ankara et Washington.
De nombreux Turcs s'étaient alors filmés en train de casser leur iPhone à la masse ou en roulant dessus. Rien de tel, cette fois.
Il faut dire que les tensions entre la France et la Turquie interviennent au moment où l'économie turque, durement impactée par la pandémie de nouveau coronavirus, vacille, préoccupant de nombreux Turcs.
La livre turque, qui a perdu plus de 25% de sa valeur face au dollar depuis le début de l'année, a encore plongé dans la foulée des dernières diatribes de M. Erdogan, atteignant mardi un nouveau plus bas historique à 8,15 contre un billet vert à 11H00 GMT.
Dans ce contexte, l'appel au boycott des produits français risque d'"avoir des impacts négatifs pour la Turquie", s'inquiète Güzide Kosifoglu, pour qui cette décision "illogique" a été "prise sous le coup de l'émotion".
"Il ne faut pas oublier que de nombreux produits des marques françaises sont fabriqués ici", souligne cette employée du secteur du tourisme en crise. "Cela fournit des emplois à de nombreux Turcs".
Du centre de production Renault à Bursa (nord-ouest) aux innombrables boutiques de marques françaises de luxe à Istanbul, en passant par les assurances et les arômes alimentaires, les entreprises françaises sont un important pourvoyeur d'emplois.
"Dans un monde où les liens commerciaux sont entremêlés, (un boycott) ne me semble pas être très raisonnable (...) et impossible à appliquer", renchérit Murat Kaymaz, 47 ans.
"Si un produit est de qualité et qu'il me convient, je ne fais pas trop attention à sa provenance. Peu importe qu'il soit italien ou français", ajoute-t-il.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.