Que se passe-t-il pour vos cinq sens pendant le jeûne ?    Un nouveau livre de Faouzia Farida Charfi : Lettre à mon petit-fils sur l'islam d'aujourd'hui    Ouvrage Les plus belles mosaïques de Tunisie : l'art ancestral de la mosaïque à l'honneur    Gemini 3.1 Pro lancé : Google avance un modèle d'IA plus intelligent que les autres    11.000 tonnes sur le marché, mais l'huile subventionnée reste introuvable    Une à trois dattes par jour : vraiment bonnes pour la santé pendant le Ramadan ?    Dépassements et ventes conditionnées : l'ODC invite les Tunisiens à agir    Ramadan en Tunisie : rester proche malgré la distance grâce à Taptap Send    L'ISCAE Manouba et IFC Cairo signent une convention de partenariat stratégique    Reprise du trafic ferroviaire du TGM sur toute la ligne Tunis – La Goulette – La Marsa    Météo en Tunisie : pluies éparses dans les régions côtières    Leila Shahid: une vie à raconter la Palestine au monde    Annonce officielle des arbitres pour le derby tunisien    La suspension simultanée de Land'Or et Poulina annonce-t-elle un rachat stratégique ?    De Tunis aux plus hautes sphères : le parcours exceptionnel de Rachid Azizi dans son livre « Un sur un million »    Attijari bank célèbre la transmission et les liens intergénérationnels au sein de la diaspora avec une campagne baptisée "يعيش فينا رمضان" à l'occasion du Ramadan 2026    Météo en Tunisie : nuages passagers, vent fort    La Voix de Hind Rajab primé au gala Cinema for Peace à Berlin, Kaouther Ben Hania refuse la récompense    Abderrazek Kéfi, ancien ministre de l'Information, est décédé    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    Université tunisienne: sortir du fétichisme électoral pour restaurer la compétence    Ramadan en Tunisie: entre spiritualité et gourmandise (Album photos)    Ooredoo Fintech Tunisie obtient l'agrément de la Banque Centrale pour lancer walletii by Ooredoo en Tunisie    Visa Schengen 10 ans : qui pourra en bénéficier ?    Epson renforce sa gamme de projecteurs 3LCD en Tunisie : performance, innovation et polyvalence au service des professionnels et de l'éducation    Zoubeida Khaldi: Ce cavalier    Ooredoo Fintech Tunisie obtient l'agrément de la Banque Centrale pour lancer walletii by Ooredoo en Tunisie    Iran : Guerre probable, versus, paix improbable ?    Arabie Saoudite annonce le début officiel du Ramadan 2026 avec le Qatar et les Emirats    Qui est Anne-Claire Legendre, la première femme à réinventer l'Institut du monde arabe ?    Festival Gabès Cinéma : Afef Ben Mahmoud à la direction    Où et quand suivre les barrages aller de la Ligue des champions ?    Quart de finale de la Ligue des champions : Les dates clés pour Espérance Tunis contre Al Ahly !    CIVP : vers une augmentation de l'indemnité des stages en Tunisie    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Conférence de Munich 2026: l'Europe face au duel Washington–Pékin    Lancement de la première session de recrutement 2026 : dates et modalités    L'odorat des chiens au service de l'oncologie médicale    Anis Lassoued : ''Enda a été le déclic qui a permis à Moez de briser les chaînes du silence''    De la culture générale (II): l'apport arabe à la Renaissance européenne    Le tennisman tunisien Moez Echargui se qualifie pour les quarts de finale du Challenger de Pau    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    Le diplomate tunisien Mohamed Ben Youssef nommé à la tête de l'Institut culturel Afro-arabe    L'Université de Tunis El Manar et l'Université japonaise d'Hiroshima signent un accord de coopération    Mondher Msakni: L'orfèvre    Israël intensifie sa politique d'annexion et de colonisation en Cisjordanie    ATMEDIA lance la première session de formation sur l'intelligence artificielle pour les journalistes    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Les Turcs divisés suite à l'appel d'Erdogan
Publié dans Le Temps le 28 - 10 - 2020

Une "bonne leçon" qui n'a "que trop tardé", ou au contraire une mesure "illogique" et "impossible à appliquer": les Turcs étaient divisés hier, au lendemain de l'appel de leur président Recep Tayyip Erdogan à boycotter les produits français.
Pour l'instant, l'appel du bouillant chef d'Etat turc à dédaigner les marques tricolores semble relativement peu suivi d'effet: des clients masqués entrent comme d'habitude dans ce magasin de l'enseigne française Carrefour situé dans un quartier animé du district de Sisli, à Istanbul.
Daim Kara, 51 ans, en sort les bras chargés de produits. Pris sur le fait, ce partisan du boycott se défend : "J'achète à Carrefour, mais ce sont des produits turcs", dit-il en montrant ses emplettes.
"Je soutiens l'appel au boycott, parce qu'ils menacent la Turquie. Ils méprisent les musulmans", affirme-t-il.
Les relations entre Paris et Ankara, deux membres de l'Otan, se sont fortement tendues depuis l'an dernier, en raison notamment du soutien français à des milices kurdes syriennes et de désaccords sur la Libye et la Méditerranée orientale.
Mais rarement, les rapports avaient connu une telle crise à l'époque contemporaine: après que M. Erdogan eut mis en cause la "santé mentale" du président français Emmanuel Macron, la France a rappelé samedi son ambassadeur à Ankara.
Lundi, le dirigeant turc a renouvelé ses attaques personnelles, accusant M. Macron de mener une "campagne de haine" contre les musulmans à cause de son soutien à la liberté de caricaturer le prophète Mohamed, dont toute représentation est taboue dans l'Islam.
Pour Mahmut Atilla, retraité de 70 ans, l'appel de M. Erdogan ne changera rien.
"De toute façon je boycotte déjà les produits français. Je boycotte aussi les produits américains: je ne bois pas de Coca. On a du jus de fruit, du bon jus d'orange local. Je préfère boire cela", grommelle-t-il.
Murat, un trentenaire à la mâchoire carrée attablé à un café plus loin, estime que "cela n'a que trop tardé". "Il faut donner une bonne leçon à Macron !", lance-t-il.
Sur Twitter, des partisans de M. Erdogan ont publié des listes de marques françaises à éviter, oubliant, relevaient d'autres internautes, l'enseigne de luxe Hermès, prisée de la Première dame de Turquie.
L'impact de l'appel de M. Erdogan sur le commerce entre la Turquie et la France, qui représentait près de 15 milliards d'euros d'échanges l'an dernier, est difficile à anticiper.
Mais il ne semble en tout cas pas avoir suscité le même engouement que son appel, en 2018, à bouder les appareils électroniques américains lors de tensions entre Ankara et Washington.
De nombreux Turcs s'étaient alors filmés en train de casser leur iPhone à la masse ou en roulant dessus. Rien de tel, cette fois.
Il faut dire que les tensions entre la France et la Turquie interviennent au moment où l'économie turque, durement impactée par la pandémie de nouveau coronavirus, vacille, préoccupant de nombreux Turcs.
La livre turque, qui a perdu plus de 25% de sa valeur face au dollar depuis le début de l'année, a encore plongé dans la foulée des dernières diatribes de M. Erdogan, atteignant mardi un nouveau plus bas historique à 8,15 contre un billet vert à 11H00 GMT.
Dans ce contexte, l'appel au boycott des produits français risque d'"avoir des impacts négatifs pour la Turquie", s'inquiète Güzide Kosifoglu, pour qui cette décision "illogique" a été "prise sous le coup de l'émotion".
"Il ne faut pas oublier que de nombreux produits des marques françaises sont fabriqués ici", souligne cette employée du secteur du tourisme en crise. "Cela fournit des emplois à de nombreux Turcs".
Du centre de production Renault à Bursa (nord-ouest) aux innombrables boutiques de marques françaises de luxe à Istanbul, en passant par les assurances et les arômes alimentaires, les entreprises françaises sont un important pourvoyeur d'emplois.
"Dans un monde où les liens commerciaux sont entremêlés, (un boycott) ne me semble pas être très raisonnable (...) et impossible à appliquer", renchérit Murat Kaymaz, 47 ans.
"Si un produit est de qualité et qu'il me convient, je ne fais pas trop attention à sa provenance. Peu importe qu'il soit italien ou français", ajoute-t-il.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.