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Et plus dure sera LA CHUTE !
Publié dans Le Temps le 07 - 12 - 2020

p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 13px; line-height: normal; font-family: "Myriad Pro";"Le Temps – Raouf KHALSI p class="p2" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 11px; line-height: normal; font-family: "Myriad Pro";"L'expression : «Annus horribilis» (année horrible) est empruntée au latin est avait été sciemment utilisée par la Reine Elizabeth II en 1992 dans son discours à l'occasion de ses quarante ans de règne. Mais cette expression se transpose aisément chez nous pour qualifier cette année 2020, la plus difficile de l'Histoire moderne de la Tunisie, et qui est essentiellement caractérisée par les sauts mortels d'un Etat et, même, par une Nation toute entière qu'un travail méthodique, s'apparentant à des exercices de satanisme, est en train de vouer à la dislocation, si ce n'est déjà fait.
C'est en effet l'année de tous les malheurs, l'année où tous les ascenseurs sont en panne-que ce soit l'ascenseur social ou les ascenseurs des hôpitaux (triste allégorie). L'année où l'on se remémore (sans rien faire d'autres) ces bus qui foncent dans les ravins sur les routes de la mort, l'année aussi où les regards béants engloutissent ceux qui ne les voient pas, l'année entre autres où les ouvrières agricoles laissent la vie au crépuscule d'une pénible journée de travail dans les champs. L'année où les Blouses blanches crient, stoïques, leur désarroi.
Le temps des funestes allégories
A elle seule la pandémie de la Covid-19, catastrophe mondiale s'il en est, ne saurait être l'unique révélateur chimique de l'incapacité de l'Etat à faire preuve de résilience, à lutter contre les dysfonctionnements existant partout dans les modules stériles de la gouvernance. Face à ses morts, les larmes des Tunisiens ont fini par s'assécher. Nous sommes en plein dans la banalisation de cette mort devenue notre lot quotidien. Nous sommes interdits face à ce tissu d'horreurs grand-guignolesques, cortège de la déchéance des valeurs morales qu'une révolution fantasmée croyait avoir rétablies. Nous sommes, enfin, ces otages résignés à un semblant de sursaut vaguement grommelant face à un système fait pour qu'émergent des castes, des lobbys, des « fin de race », et tous autant qu'ils sont, feignent de s'étriper, mais qu'une complicité tacite réunit en un claquement des doigts, dès lors qu'il s'agit de butin. Où en sommes-nous de cette transition démocratique ? Où en sommes-nous des institutions que « la meilleure constitution du monde » avait cru avoir bien vissés, mais qui ne se révèlent être que leurres et sournoises démagogies.
Une révolution faite pour « la dignité » pour la démocratie est généralement, impérativement porteuse de cet « imaginaire démocratique » au sens de cette capacité individuelle et collective d'inventer des représentations globales à travers desquelles on se donne une identité citoyenne-civique, loin du lyrisme des uns et du manichéisme des autres. Cette identité ne s'est pas construite et, même, davantage : l'identité forgée par une civilisation trois fois millénaire, celle qui s'est fondue dans un Etat civil et laïc à l'aube de l'indépendance, eh bien ce qu'il en restait, les nouveaux « saigneurs » du pays nous en ont vite spoliés.
C'est l'heure des funestes allégories. Hichem Méchichi déclare que les hôpitaux tunisiens sont devenus « un grand cimetière », cependant que son ministre de la Santé Faouzi Mehdi étouffait ses sanglots et ravalait ses larmes au Parlement, à l'occasion de la discussion du budget alloué à son département. Or, comme l'a si bien dit Mehdi Kattou sur un plateau télévisé, on ne demande pas au gouvernement de pleurer. En d'autres termes, ce qui lui est demandé aujourd'hui c'est d'insuffler L'Etat-stratège, cet Etat qui doit se plier à ce qu'on appelle « la dictature des urgences ».
Ces urgences, le gouvernement les a bien identifiées, même si l'on s'attendait à ce que le budget du ministère de la Santé fût revalorisé. Car l'urgence première, c'est là qu'elle se fait pressante. Pris entre deux feux (Kaïs Saïed et Rached Ghannouchi), le Chef du gouvernement vit dans la contorsion d'une idée fixe : que cette loi de finances soit adoptée. Elle le sera, même si des querelles ont éclaté au sein de la commission des finances et que ces querelles ne sont mues que par des clivages partisans. Des blocs parlementaires annoncent leur intention d'attaquer la loi de finances complémentaires pour inconstitutionnalité (les articles 4 et 5) devant l'Instance provisoire de constitutionnalité de la loi. Pas vraiment sûr que cela aboutisse parce que l'article 4 (inhérent à la fiscalité) profite aux deux partis « relativement » dominants au sein de l'hémicycle. Hichem Méchichi aura proposé ces deux articles pour garantir la survie de son gouvernement.
On nous tourne le dos
Ce ne sont toujours que de petits détails techniques, des accommodements comptables, mais dont les répercussions pour l'avenir immédiat et pour l'année 2021 représentent autant d'équations à plusieurs inconnues. Le recours à l'endettement interne et aux marchés étrangers seront néanmoins inévitables. Face à un FMI qui se raidit, face à la détérioration de la note souveraine de la Tunisie, il n'est cependant pas sûr que les bailleurs de fonds étrangers nous feront des cadeaux, parce que, justement, « la Tunisie, ils n'y croient plus », comme l'a amèrement avoué l'expert en économie Ezzedine Saïdane.
Et, au-delà de la conjoncture, au-delà de l'appauvrissement d'une frange importante du peuple, le spectacle offert par les « représentants du peuple » (encore une allégorie) devient, aujourd'hui, la risée de tous ceux (nous parlons des « pays amis ») qui avaient applaudi « La révolution du jasmin ». Chroniqueurs, éditorialistes, spécialistes étrangers des affaires tunisiennes en arrivent, tous, à conclure qu'ils ne reconnaissent plus la Tunisie. La Tunisie est devenue en effet « le grand malade » de la rive Sud de la Méditerranée, comme le fut l'Empire ottoman avant d'être dépecé.
Grand malade ? Justement parce que les ferveurs du 14 janvier 2011 ont vite été anéanties. Quelle image de nous-mêmes renvoyons-nous à ceux qui nous ont toujours pris pour modèle de laïcité et d'égalité hommes/ femmes, quand un sinistre député répondant au nom de Mohamed Affès exhibe toute sa misogynie, se défaussant sur les mères célibataires et les traitant de « trainées » ? Il est sûr que, dans son esprit « le Jihad Ennikah » est plus sain et mieux conforme aux commandements charaïques !
Quelle image encore, lorsqu'on étudie en profondeur les plans d'Ennahdha pour « La solution finale » (juste pour emprunter l'appellation qu'a donnée Hitler à son plan d'épuration ethnique), quelle image donc, lorsque tout un chacun sait que la secte prévoit l'assaut final en 2024 pour islamiser massivement la Tunisie ? « La réconciliation nationale » prônée par le Cheikh suprême ? Ce n'est pas une réconciliation, mais des recrutements ! Et, entre temps, que nous réservera la nouvelle Sublime porte ottomane ?
Aujourd'hui, que Méchichi gère le pays, ou que Saïed continue (sans doute à juste titre) de dénoncer des complots endogènes et exogènes contre la Tunisie, ou encore que l'UGTT menace de se dresser contre la mauvaise gouvernance, tout cela n'est que littérature. Il reste néanmoins cette Société civile : c'est à elle de reforger notre identité originelle. Les grondements corporatistes ne véhiculent pas ces valeurs. Et pour qu'émerge un véritable imaginaire démocratique, il nous faut d'abord rompre avec ce « révolutionnarisme d'un autre épistème ».
Sinon, plus dure, vraiment plus dure sera la chute !
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