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« La Révolution n'a nullement impacté les causes mais elle a produit voire amplifié l'état de délabrement de l'économique, du social et surtout du politique du pays »
Publié dans Le Temps le 16 - 01 - 2021

10 ans après le renversement du régime de Ben Ali, la classe politique fait son mea culpa. Anciens opposants de Ben Ali ou partisans se succèdent pour dresser le bilan du soulèvement populaire sur les deux plans, économique et politique. Qu'est ce qui a changé après 10 ans de liberté ? Mr Fethi Jerbi, l'un des fondateurs du CPR (Congrès pour la République) et qui a milité contre le régime de Ben Ali, interpelle tout le monde et nous fait une analyse exhaustive de la situation.
« A l'heure du bilan, il faut être objectif et prendre en considération tous les facteurs y compris les facteurs de perturbations exogènes qui ont saboté la transition économique et politique post-Révolution. Nul ne peut nier les acquis de la révolution notamment sur le plan des libertés. Mais il est complètement absurde de prétendre qu'avant la Révolution, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Nul doute les indicateurs n'ont et ne reflétaient exactement pas la réalité de la situation. Je le dis et je le répète, les statistiques des comptes de la nation sont tout sauf fiables et complètes et qu'il est plus que temps, aujourd'hui, de réviser les méthodes de calcul et d'auditer les comptes des agrégats, le plus vite possible.
Sur le plan des pratiques de gouvernance et de gestion de la chose publique, la démocratie n'a pas changé grande chose : que ce soit dans la justice, dans l'administration, dans l'éducation, dans la santé publique, dans les ministères, etc... Les lobbys, les affairistes, les activistes de l'ancien régime (RCD) et ceux de la centrale syndicale (UGTT) et ceux du patronat (UTICA) n'ont pas changé de politique...
Faute de programmes, d'expériences et surtout de volonté politique, ceux qui ont pris les commandes post-Révolution se sont avéré des « nouilles ». Ils n'ont jamais gouverné, pourtant ils ont eu la chance après le renversement du régime dictatorial de prendre les choses en main pour jeter les bases de la Réforme et du Changement au sens large du terme.
En 2011, le CPR par exemple avait l'opportunité de gouverner, cependant le soit- disant « bureau politique » a vu autrement et ils sont choisi le camp du mouvement Ennahdha qui incrustait ses pions au sein du parti et qui ont fini par le faire imploser. Idem pour les autres partis progressistes qui ont longtemps milité contre le régime du despote. C'est cette avidité du pouvoir qui a tout chamboulé. Certains ont choisi à se cacher « sous le manteau » d'Ennahdha, d'autres sous celui de l'ancien RCD ou même de l'UGTT.
- Les anciens RCD et les contre-révolutionnaires qui n'ont jamais participé de près ou de loin au soulèvement populaire. Doivent, à mon sens se taire et plutôt faire leur bilan.
- Ceux qui ont fait de la politique politicienne, les affairistes et la mafia qui ont profité de la déliquescence de l'Etat pour s'enrichir, devraient arrêter de crier misère , de cracher dans la soupe et surtout colporter l'expression « c'était mieux avant » et comme disait le proverbe « A collecter un gueux on devient pouilleux ».
Mais force est de constater que ce désordre politique est naturel. Il faut du temps pour réussir le processus démocratique et engager les réformes structurelles nécessaires.
Nous avons des acquis, nous n'avons pas seulement gagné la liberté d'expression, nous avons acquis un régime démocratique qui reste à peaufiner mais surtout des institutions démocratiques.
Certes nous constatons après coup que des insuffisances voire des aberrations ont été commises aussi et qu'il est nécessaire de revoir les méthodes de désignations à la tête de l'ISIE, de la HAICA... de manière à s'éloigner des désignations partisanes qui sont de nature à fausser les urnes et à saborder le processus démocratique.
Quant à la Cour constitutionnelle, j'invite le Chef du gouvernement à promulguer un projet de loi permettant la désignation au pair (par un jury adhoc)) des membres de la Cour constitutionnelle pour déverrouiller enfin cette situation alambiquée.
Arrêter avec les politiques économiques qui tâtonnent
Aujourd'hui, il faut remettre la pendule à l'heure. Il ne faut plus tergiverser et arrêter, notamment avec les politiques économiques qui tâtonnent. A commencer par une politique d'assainissement budgétaire et par dégraisser l'administration publique, une administration budgétivore. Trois chantiers sont indispensables pour gagner la bataille à savoir : lutter contre la spéculation, l'inflation et la corruption. La BCT doit adopter une politique monétaire non accommandante. Il faut contenir la masse monétaire et lutter contre les hypothèques et les titres douteux et toxiques. Je pense que la Révolution n'a fait qu'accélérer tout simplement la dégradation des indicateurs économiques par rapport aux attentes de la population. La Tunisie fut et demeure parmi les pays les plus endettés dans le monde. Par tête d'habitant nous avons dépassé le Brésil. Beaucoup d'argent sont entrés en Tunisie post-Révolution. Où sont-ils passés ? Hélas nous sommes passés d'un clientélisme individuel à un clientélisme partisan qui a contribué à amplifier la destruction du tissu industriel. Du fait, avec les mêmes causes on produit les mêmes effets.
« Il faut un Homme d'Etat et non un Homme de mandat »
Volonté et confiance sont les maîtres mots de la prochaine étape. Nous avons besoin des Hommes d'Etat et non des Hommes de mandat. Stabilité oblige, Mechichi doit poursuivre son travail tout en lançant une campagne de déblayage à grande envergure.
Il ne faut pas nier qu'il va y avoir un sursaut. Il suffit de mettre en marche les facteurs multiplicateurs qui ont déclenché la Révolution. Il y a toujours des acteurs et des gens honnêtes qui veulent servir la patrie. Nous avons des compétences, nous avons cette liberté de choisir et d'élire et nous avons aussi des structures préexistantes, il ne reste au peuple que de prendre les choses en main pour mieux choisir ses élus en partant de programmes préétablis. L'édification d'un Etat de droit et des institutions nécessite une dynamique de décennies de labeur et de construction ».
Y.G.A


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