Quelle ultime journée. En ne respectant pas les prévisions unanimes, elle a bien joué avec les nerfs des 50.000 Clubistes au stade de Radès, ceux, cent fois plus nombreux qui regardaient la TV en duplex, ont vécu 90 minutes à l'italienne et vingt minutes d'enfer. Voici comment : Bien avant la pause, l'ESZarzis qu'on craignait montée à Tunis pour servir de décor à un couronnement annoncé, marque un but. Mais l'Etoile, n'ayant pu ouvrir le score, le Club Africain restait champion en puissance. Le public à Radès était dépité, mais pas encore inquiet. Mieux, dix minutes après la reprise, le Club Africain obtient un penalty et égalise, reprenant son avance de deux points, mais cette fois sous la menace d'un but de l'Etoile. C'est ce qui arriva effectivement, quatorze minutes après le penalty du CA. Du coup, l'Etoile remonte sur le trône qu'elle abandonna quatre jours plus tôt, à Gabès. Le miracle allait-il se réaliser ? L'Espérance de Zarzis a failli entrer dans l'histoire du football de ce dernier demi-siècle en sacrant un tiers avant de quitter la Ligue I. Mais le miracle n'a duré que neuf minutes et quelques secondes. Treize minutes avant la fin d'un championnat qui nous a fait tout voir, Youssef Mouihbi remit les pendules à l'heure, rendant le but de l'Etoile superflu. Les nerfs torturés, cinquante mille poitrines vont désormais pouvoir s'égosiller. Ailleurs, où on a un peu oublié ce qui se passait, de drôles de choses se déroulaient. Le Stade Tunisien, piégé par le CSHL, cédait la 4ème place à l'USMonastir. Là aussi, le fléau de la balance a bien dansé, car le Stade Gabésien, avant de quitter l'élite, a voulu jouer un dernier tour. Il mena par deux à zéro avant d'en concéder trois buts et propulser à cette fameuse 4ème place son adversaire du jour. L'OB s'est fait piéger chez lui par l'ASMarsa, mais pas le CAB qui gagna grâce à son gardien, devenu buteur. Comme c'était la journée des fantaisies, le CSSfaxien n'a pu mieux faire que de perdre chez lui. Ainsi, El Gaouafel aura terminé sa saison en beauté. Après avoir été l'un des artisans de la désignation du champion. Le Club Africain, trop longtemps absent sur le trône, a attendu 12 ans pour s'épanouir.