Le Temps-Agences - Le Premier ministre israélien Ehoud Olmert est trop affaibli pour négocier un accord de paix avec la Syrie, a estimé hier Khaled Mechaal, le chef politique en exil du Hamas, en visite en Iran. M. Mechaal s'exprimait à Téhéran lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre iranien des Affaires étrangères Manochehr Mottaki, trois jours après l'annonce mercredi d'une reprise des négociations directes entre Israël et la Syrie. "Il existe un grand scepticisme concernant le sérieux d'une restitution du Golan (par Israël)", a-t-il dit en référence au plateau stratégique conquis par l'Etat hébreu en 1967. "C'est une manœuvre et un jeu avec les canaux (de négociation), c'est un jeu bien connu et, en plus, la faiblesse d'Olmert ne lui permettra pas d'agir." L'enquête pour corruption présumée et les appels à la démission dont M. Olmert fait aujourd'hui l'objet suscitent le doute quant à sa capacité de conclure un accord de paix avec les Palestiniens d'ici la fin de l'année ou encore de poursuivre les discussions engagées avec la Syrie. Israël a conditionné tout accord avec la Syrie à la rupture par Damas de ses liens avec le Hamas et l'Iran. Une condition que les autorités syriennes ont rejetée hier. Khaled Mechaal, qui réside à Damas s'est dit convaincu que ces nouveaux contacts ne se feraient pas aux dépens des discussions israélo-palestiniennes. Le chef politique du Hamas a également réitéré sa condamnation du blocus de Gaza imposé après le coup de force opéré voilà un an par le Mouvement de la résistance islamique dans le petit territoire côtier. Il a une nouvelle fois menacé de faire rouvrir par la force le point de passage de Rafah entre la Bande de Gaza et l'Egypte. "Si la communauté internationale et les parties concernées ne prennent pas l'initiative de briser ce siège, nous le briserons nous-mêmes. Nous insistons sur l'ouverture de tous les points de passage, notamment de celui de Rafah", a-t-il souligné.