*Colloque organisé dans le cadre des programmes éducatifs multimédias ‘'Maarifa'' par l'ASBU, France télévision et Canal France international (CFI). - Finie la télé à papa, celle qu'on regardait passivement et qu'on ingurgitait comme on le ferait avec un sirop. La révolution du web et la prodigieuse profusion du numérique font que nos jeunes, aujourd'hui, sont capables de faire leur propre télé. Il s'agit donc de technicité qui induit un changement de vocation. Les jeunes y sont déjà préparés. Et ils s'y mettent d'autant plus allègrement qu'ils réussissent à introduire, dans le petit écran, un époustouflant mélange des genres. Le colloque ‘'Maarifa'' qui se tient au siège de l'Union des radios des Etats arabes ASBU les 25 et 26 octobre établit d'emblée le constat : notre rapport à la télévision a changé. La télévision qui, au siècle dernier, faisait battre le cœur du monde entier est devenue elle-même l'objet de changements et le fruit du progrès qui s'opère dans le domaine du numérique. C'est un peu enfoncer une porte ouverte que de le dire. Sauf qu'il s'agit ici, de réfléchir sur les différentes acceptions de l'écran, aujourd'hui et de plancher sur le rôle qu'il a à jouer pour éduquer les jeunes générations. Le colloque en question organisé par France télévisions, Canal France International CFI et l'ASBU s'articule autour du thème « Télévision-éducation : le savoir, un enjeu grand public » montre, un tant soit peu, que de nouvelles perspectives se présentent à l'écran de la télé qui devient mobile et interactif grâce au développement de l'Internet et ses réseaux, la téléphonie et ses possibilités. Des experts de la zone euro méditerranéenne et des décideurs des télévisions des pays membres de l'ASBU se sont réunis pour échanger et renouveler l'offre télévisuelle et multimédia en matière d'éducation et pour réfléchir pendant deux jours, sur les nouveaux concepts, enjeux et stratégies de production de programmes éducatifs audiovisuels et interactifs.. « L'enjeu consistera ici à en inverser la fascination souvent stérile, en permettant aux télévisions de la Méditerranée d'offrir aux jeunes l'accès à de nouveaux médias de la connaissance… » affirme M. Pierre Ménat, Ambassadeur de France en Tunisie. Education aux médias « L'éducation par les médias » du siècle dernier a cédé la place à « une éducation aux médias ». C'est ce qui ressort de la communication de M. Jacques Piette, un chercheur en éducation média de l'Université Sherbrook (Canada) qui a expliqué que les médias classiques nous ont aidé dans le processus éducationnel, c'est l'éducation par les médias. Les médias numériques qui affichent une explosion en ces temps présents supposent une éducation aux médias. Les enseignants doivent s'adapter à cette nouvelle donne pour amener à réfléchir sur le développement d'une pensée critique et autonome chez l'apprenant. « On assiste, aujourd'hui au déclin du mode Net 1.0 qui se résume en un web encyclopédique, le préféré de l'école. Il est remplacé de plus en plus par un mode Net 2.0 qui n'est autre que le web participatif (facebook, skype, téléphonie portable…) le préféré des jeunes. Les enseignants doivent en prendre considération. Sauf qu'on est confronté à un véritable problème d'adhésion à ces nouveaux objectifs de la part des enseignants qui ne maîtrisent pas ces outils numériques. » avance notre interlocuteur qui s'est longuement penché sur la mutation de l'environnement médiatique chez les jeunes ajoutant : « Avec les anciens médias on combattait la passivité des jeunes. Aujourd'hui, il faut plutôt calmer leur hyperactivité face aux nouveaux médias. ‘'La vie en ligne'' présente une réelle menace à la vie ‘'hors ligne'' ( vie familiale, scolaire, sociale) . » conclut-il. La question a été présentée sous un autre angle par M. Gilles Braun, le ministre français de l'éducation qui a rappelé que la télévision subit aujourd'hui de nouveaux changements notamment avec l'intervention de nouveaux logiciels qui influent l'utilisation classique de l'écran. Même l'école suit cette marche vers la numérisation en s'équipant de plus en plus de tableaux blancs…et d'une fourniture scolaire qui fait que l'élève devient de plus en plus outillé pour utiliser l'écran autrement.