Tunisie : décès d'Afif Hendaoui, une carrière entre diplomatie et enseignement    Journée mondiale de la santé : Forum Vivre Mieux : La Science au Cœur de notre Quotidien à la CST    Prévention du cancer colorectal : recommandation de Institut national de nutrition Zouheir Kallel    Livre "Kairouan, la ville et ses saints. Lectures hagiographiques" par Nelly Amri, paru aux éditions Contraste    L'ancien ministre et ambassadeur Afif Hendaoui est décédé    Enseignement supérieur en Tunisie : chiffres clés, étudiants, diplômés et recherche en forte activité pour l'année 2024-2025    Météo en Tunisie : pluies éparses, températures en baisse    Papas tunisiens : 7 jours payés pour être là dès la naissance !    Dhia Bouktila: La science est fille de l'imagination    Horaires et diffusion : le face-à-face Tunisie – Canada en direct    Calendrier fiscal avril 2026 : toutes les dates à ne pas manquer !    À partir du 2 avril 2026 : les Tunisiens devront payer jusqu'à 15 000$ pour leur visa B1/B2    Secousse sismique enregistrée à sidi bouzid    Pierre Le Run, nouveau Directeur général de l'Union Internationale de Banques    Entrée Sud : Le ministre annonce une accélération du rythme pour une livraison finale fin 2026    Intempéries en Tunisie : vigilance maximale sur les routes    Banque centrale : taux maintenu à 7 % malgré la pression mondiale    Remise de lettres de créance de M. Nabil Assaf, nouveau Représentant de la FAO en Tunisie    La scène musicale tunisienne en deuil : Décès du violoniste Amine Boudidah    L'Université de Gafsa et l'Ecole Normale Supérieure de Ouargla signent une convention de coopération    Forum des créatrices arabes 2026 à Sousse : la traduction au cœur des débats littéraires féminins    Hommage au Doyen Sadok Belaïd: Témoignage et dialogue entre Philippe Noiret, Bertrand Blier, Louis de Funès et Raymond Devos    Samsung Galaxy S26 Ultra embarque un nouveau codec vidéo pour réaliser des contenus de qualité professionnelle    Dhafer L'Abidine remporte le prix du meilleur réalisateur au Festival de Manchester pour son film Sophia    Watania Sports : diffusion expérimentale en marge des célébrations du 60e anniversaire de la Télévision tunisienne    Météo en Tunisie : nuages passagers, pluies abondantes attenues au nord    Titre    Pionnière de l'océanographie tunisienne, la Professeure Founoun Chakroun est décédée    Quand se joue la demi-finale aller entre l'EST et Sundowns ?    Mohamed Salah Ben Aïssa - Hommage à un maître; quelques vérités pour l'histoire    Tunisie : victoire convaincante pour les débuts de Lamouchi    Engrais: la guerre au Moyen Orient met à nu la fragilité de la Tunisie    L'effet Jaouadi ou le triomphe de l'excellence opérationnelle    Ce n'est plus la loi de la jungle, c'est pire, c'est la loi de Trump !    Cette nuit, la France change d'heure : ce qui va concrètement changer    Le champion du monde tunisien Ahmed Jaouadi remporte la médaille d'or avec un nouveau record au championnat des universités américaines    Guerre en Iran et dans la région: éléments de décryptage    Saison Méditerranée 2026 : Louis Logodin annonce une programmation culturelle franco-tunisienne    La Société des Transports de Tunis organise des sorties culturelles pour les écoles primaires    Mahmoud El May - Choc énergétique global : l'entrée dans une stagflation durable    Décès du journaliste Jamal Rayyan, figure historique d'Al Jazeera Arabic    "Monsieur Day", In memoriam    Abdelkader Mâalej: L'angliciste des services de l'information    Abdelaziz Kacem, en préface du livre d'Omar S'habou: Gabriem ou la tentation de l'Absolu    Secousse tellurique en Tunisie, au gouvernorat de Gabès ressentie par les habitants    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



«Déflation, inflation ou stagflation ?» *
Lu pour vous
Publié dans Le Temps le 12 - 04 - 2011

Depuis la crise de 2008, l'économie est entrée en territoire inconnu. Les repères se dissipent et l'Occident met en œuvre une chimie de théorie keynésienne (creusement des déficits) et monétariste (création de monnaie par monétisation des dettes publiques).
Mais si le keynésianisme avait été correctement lu et interprété, les Etats n'auraient jamais accumulé des dettes publiques d'une hauteur inconnue. De plus, les déficits publics récurrents auraient trouvé leur contrepartie dans des dépenses d'investissements et non dans des dépenses courantes. En même temps, les autorités monétaires mettent en œuvre un expansionnisme qui est potentiellement inflationniste, puisque les théories de Friedman postulent que l'inflation est un phénomène monétaire lié à l'augmentation trop rapide de la masse monétaire.

Une traite sur l'avenir

Quel sera le résultat de cette expérience économique ? Le scénario que nous retenons est celui de la stagflation, c'est-à-dire une combinaison de stagnation économique, affectée d'un chômage persistant (estimé à près de 10 % par le FMI) et d'inflation, que nous n'excluons pas forte.
En ce qui concerne l'effet de stagnation, il sera essentiellement décelable par un chômage structurel, déjà bien établi dans certaines régions.
Au-delà de l'effet d'optique du départ à la retraite d'une partie importante des baby-boomers (ce qui ne fait que reporter le problème de leurs revenus de remplacement sur les pouvoirs publics), le chômage est lié à différents phénomènes : désindustrialisation, inadéquation de l'enseignement, épuisement du modèle de croissance par endettement, manque de flexibilité du marché du travail et surtout atonie des mentalités qui n'ont pas encore bien intégré la mutation des foyers de croissance. Dans ce domaine, on remarque aussi que le marché du travail européen est négativement affecté par un écart de productivité et un taux de mise à l'emploi défavorable.
Mais pourquoi une conviction de stagnation et d'inflation alors que de nombreux économistes agitent le spectre de la déflation (qui constitue une forte préférence collective pour la liquidité) ? Parce que la création de monnaie ex-nihilo (avec des billets qui ne deviennent que des créances sur d'autres billets), telle que mise en œuvre par les banques centrales, est une traite sur l'avenir dont le remboursement deviendra incertain. Il est incontestable que les Etats et les banques centrales procèdent actuellement à une monétisation de la dette publique avec son corollaire de création de surliquidité et d'inflation différée éventuelle.
Les récentes mesures masquent donc peut-être une importante inflation postposée, mais dont un des symptômes est la dilatation des injections monétaires et des bilans des banques centrales.

Un aboutissement subit

Comment d'ailleurs imaginer que la différence entre les injections monétaires et les réalités de l'économie de la production ne conduisent pas à une inflation qui risque d'être autant subite qu'elle sera forte ? Cette inflation sera d'ailleurs un facteur de rééquilibrage des dettes et donc des dissonances financières entre générations. Dans cette perspective, il ne faut pas oublier que l'endettement privé a, lui aussi, servi d'élément de substitution à la croissance des revenus.
En d'autres termes, la monétisation des dettes publiques en croissance stratosphérique va peut-être conduire à une déperdition de la valeur de la monnaie, c'est-à-dire à une forte inflation, avec le corollaire de l'explosion de nouvelles bulles. L'économiste David Ricardo (1772-1823) avançait que chaque fois qu'un gouvernement eut la faculté d'émettre du papier-monnaie, il en a abusé. Cela conduit, en effet, à de fallacieuses structures de crédit.
Reste que l'on peut très bien subir de fortes pressions inflationnistes en période de crise de la demande et de sous-utilisation des capacités de production. Ce phénomène a été constaté dans les années 1970 et a conduit à la stagflation, que nous retenons comme scénario économique des années prochaines. Ceci étant, la stagflation est aussi l'illustration que l'inflation ne conduit pas à une résorption du chômage ou à une meilleure allocation des ressources. C'est davantage un aboutissement plutôt subi (ou choisi par résignation) qu'une politique optimale.
Ceci ramène à l'acerbe réflexion de Lénine qui postulait que «pour détruire le régime bourgeois, il suffit de corrompre sa monnaie». Est-ce un scénario improbable ? Les prochains mois l'apprendront.

* Par Bruno Colmant, professeur à la Vlerick Management School et à l'UCL, membre de l'Académie royale de Belgique-


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.