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Mondialité ou mondialisation ?
THEMA - «Les nouveaux imaginaires démocratiques »
Publié dans Le Temps le 10 - 12 - 2011

Jamais cette sorte de fluctuation qui ne cesse de s'accentuer depuis le déclenchement de la révolution tunisienne sur le processus démocratique n'aura paru aussi perceptible qu'aujourd'hui.
Le colloque qui s'est tenu au tout début de ce mois, du 1er au 3 décembre sous l'égide de « Les Nouveaux imaginaires démocratiques » a traité de la question du pluralisme politique et culturel.
Au sein d'un fortissimo climat d'échange d'idées suscitant le questionnement d'un rapport dialectique entre deux notions fondamentales à savoir la mondialité et la mondialisation qui n'arrêtent pas d'intriguer par leur apparente similarité phonique et graphique mais de par leur signification le contraste voire le paradoxe est flagrant .A la lumière de la présente conjoncture mondiale tenaillée par une crise économique qui s'est vite persécutée aussi bien sur les pays dits riches qu'émergents, doublée d'une décadence des valeurs cosmopolites inhérents à un humanisme en voie d'éclipse, la mondialisation appelée ,également ,globalisation se définit comme étant mercantile et pragmatique. Elle est aux prises, en partie, avec le versant éthique d'une mondialité qui favorise un cheminement moral d'un passage de la conscience de soi à celle du monde. Ce concept emprunté au grand penseur antillais Edouard Glissant, restitue l'homme dans ses valeurs les plus élémentaires .Nombre de sujets qui se rapportent à ces deux terminologies ont trouvé leur pleine expression dans plusieurs interventions, notamment, celle de l'ancien premier ministre espagnol, Felipe Gonzalez, gouvernant de 1982 à 1996.
La cyber-agora démocratique : Son intervention s'est axée sur ce qu'il a appelé “La démocratie de l'agora” reprenant ainsi un terme cher aux grands philosophes et rhéteurs de la Grèce antique qui considèrent “l'agora” comme un lieu public de discussion et de débat entre les tenants du pouvoir et le peuple .Ce lieu est, actuellement, le digital, la cyberespace, en l'occurrence, le face book qui a permis aux révolutions arabes de se concrétiser sur terrain. La priorité de la Tunisie, précise-t-il, en ce moment historique est de reconquérir la dignité et la liberté dont la restitution n'est pas exempte de difficultés voire d'entraves. Il y a de nouveaux paradigmes qui s' affichent sur la scène mondiale aussi bien pour les pays émergents que développés et auxquels il faut faire attention pour préserver “la démocratisation représentative” en tant qu'assise de la pluralité et les valeurs de la citoyenneté. En réponse à la question de la légitimité du pouvoir, Felipe Gonzalez, a souligné l'importance d' ''un sentiment de pertinence'' dont doive jouir le représentant élu par le peuple pour éviter toute dérive dictatoriale. A titre explicatif, il a tenu à distinguer, en citant l'exemple, des Etats Unies, qu'il est essentiel pour un leadership de ne pas perdre son “autorité morale'' par rapport à son''autorité normative''chose qui favorise ce qu'il a appelé'' le changement civilisatoire''dont la concrétisation ne s'opère que dans un climat d'entente et de confiance entre les leaderships et leurs communautés afin d'assurer une bonne gouvernance. Par ailleurs, il n'a pas manqué, de passer en revue les signes de la crise démocratique dans le monde arabe à savoir, essentiellement, la corruption du pouvoir, la montée foudroyante du chômage et la restriction des libertés individuelles. Alors qu'en Europe la carence du mode de vie est lié à une économie qui a causé le déficit monétaire dû à une politique financière et fiscale en défaillance. C'est la renaissance du ‘'nationalisme économique''qui a clivé les mécanismes adoptés en vue d'un commun fonctionnement économique relatif à tous les membres de l'Union Européenne au détriment des spécificités de chaque pays. Dans ce même cadre économique, Felipe Gonzalez, a évoqué l'importance de la récupération de la confiance pour pouvoir relancer la croissance économique et établir la démocratie qui n'est pas non plus une idéologie mais tout un processus. Moi-même j'ai vécu la transition en Espagne, ajout-il, mais chaque pays a ses particularités culturelles ,sociales, territoriales, militaires et religieuses qui lui permettraient d'opérer sa propre transition loin des modèles d'ores et déjà préétablis car il est tout à fait licite et compréhensible qu'un pays qui se cherche encore sur la voix de la démocratie s'inspire des anciennes expériences. Mais elle ne pourrait pas calquer à la lettre les modalités du fonctionnement propres aux phases de ces précédentes expériences compte tenu des particularités cités-ci-dessus . Au terme de sa conférence, L'intervenant a soulevé la quête des repères démocratiques afin de mener à bien cette transition qui va de pair avec une question qui ne cesse de se problématiser, actuellement, à savoir l'identité. En procédant à l'établissement de ce processus démocratique, les différents acteurs de la sociétés ne devraient pas perdre de vue leur legs et leur passé pétris de différents jalons qu'a connu la Tunisie au fil de son histoire.
La diaspora ,propice à l'économie et à un “nationalisme à distance'' : La diaspora est un mot qui non seulement a été ethnisé mais aussi politisé dans le cadre des relations internationales via des flux immigratoires ,en perpétuel mouvement ,à la fois, entre les frontières interétatiques et continentales. La chercheuse ,Catherine Wihtol de Wenden, a démontré dans son intervention que, dans ce contexte de la mondialisation, la diaspora s'avère bénéfique pour l'économie de certains pays, et ce par le transfert de fonds des pays du départ vers ceux d'accueil cultivant ainsi « un nationalisme à distance »entre les expatrier et leurs pays d'origine. Les exemples n'en manquent pas, en 2007, le philippine dont 10% des immigrants sont la principale source de devises, dit-elle, participent au PIB par 13% ,score dépassé uniquement par les libanais qui avoisinent les 25%.Ils sont classés 4ème sur l'échelle mondiale, juste après, les Mexicains, les Chinois et les Indiens. Etant donné les enjeux économiques de ce phénomène, plusieurs pays ont pratiqué, précise-elle, “une diplomatie d'immigration” en mettant en œuvre des mesures en faveur de leurs ressortissants. Outre son versant économique, la diaspora suppose au préalable un terrain d'entente culturelle portant ,essentiellement, sur l'intégration linguistique et religieuse des communautés dites non autochtones au sein de leurs nouvelles sociétés. Il n'en demeure pas moins évident donc que la maîtrise de la langue est un facteur crucial pour les diasporains, à titre indicatif, 2 millions de personnes ont pu regagner l'Allemagne au lendemain de la chute du mur de Berlin en provenance de l'ex URSS car ils parlent l'idiome de ce pays. Il en va de même, ajoute-elle, pour les immigrants francophones et anglophones, présents dans tous les continents. Mais ,il ne faut pas perdre de vue, également, que la diaspora a subi un glissement des flux immigratoires voire un détour au niveau de ce que l'intervenante a appelé “les catégories des immigrants'', notamment, du Sud( pays dits en voie de développement) vers le Nord(l'Europe et les Etats Unis).C'est-à-dire, une diaspora sélective ou encore élitiste, basée sur les compétences individuelles propres au domaine scientifique ou professionnel à l'encontre du massive, telle qu'elle a eu lieu de l' Afrique vers le continent américain.


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