La Tunisie est depuis une semaine et pour quelques jours encore, selon les prévisions météorologiques, sous l'emprise d'une vague de froid exceptionnelle. Un phénomène étranger au peuple tunisien, habitué au climat doux et aux températures clémentes et nullement préparé, ni équipé pour faire face et se protéger contre les aléas de la nature. Mais, à comparer avec l'Algérie, touchée, elle aussi, par la vague de froid, où on recense près d'une cinquantaine de morts et l'Europe où les morts se comptent par centaines, on peut dire que la Tunisie est bénie par le ciel pour lui avoir épargné des pertes en vies humaines même si les souffrances endurées par les populations des zones sinistrées sont énormes. Mais, au-delà de la crise et de ses répercussions, cette vague de froid a eu au moins le mérite d'avoir, encore une fois, mis sous les feux des projecteurs l'amère réalité des régions de l'intérieur, oubliées du développement, dépourvues de toutes les commodités de la vie et livrées à la misère et à la pauvreté. C'est une sonnette d'alarme pour que le gouvernement s'attelle d'urgence à doter ces régions de l'infrastructure de base et à fournir à sa population les attributs d'une vie digne, en réalisant le développement régional promis et ressassé à plus d'une reprise. Cette vague de froid à le mérite, également, d'avoir régénéré l'élan d'une solidarité enracinée dans la population tunisienne, illustrée de belle manière par l'afflux des aides de la société civile, des partis politiques, des organisations nationales et bien sûr des efforts du gouvernement qui, malgré quelque retard, a remédié à l'essentiel.