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Des réformes à court, à moyen et à long terme
Santé
Publié dans Le Temps le 19 - 02 - 2012

Interview du ministre de la Santé publique, Abdellatif Mekki
• «Le trafic illicite des médicaments perturbe l'équilibre du marché local»
• Le tourisme de santé sévèrement touché en 2011. Une régression de 90 % a été enregistrée dans le domaine de la thalassothérapie. Le thermalisme a chuté de 40 %.
Secteur vital, la santé publique souffre de plusieurs lacunes. Encombrement, déséquilibre entre les régions en termes d'infrastructures et de médecins spécialistes, manque de médicaments dans les établissements publics…
Pour remédier à cette situation, des interventions seront effectuées à court, à moyen et à long terme, déclare Abdellatif Mekki, ministre de la Santé tout en précisant que l'accent sera mis dans une première phase, sur les urgences et les établissements de première ligne. Le rôle des hôpitaux régionaux, des dispensaires et des hôpitaux de circonscription sera dès lors, renforcé pour alléger la demande sur les CHU. Une révision des législations et des règlementations régissant le résidanat en médecine et la création des cabinets dans les régions, est en cours d'étude, annonce le ministre. Parlant du problème des médicaments où l'on enregistre du trafic illicite, M. Mekki signale qu'il y a une légère amélioration au niveau de l'approvisionnement des officines. Reste qu'il faut rationnaliser la consommation des médicaments qui s'est multipliée par quatre au bout de dix ans, révèle le ministre dans cette interview.
Le Temps : Le ministère de la Santé compte introduire des réformes dans le secteur à court, à moyen et à long terme. D'après-vous, sera-t-il, possible de les concrétiser efficacement avec les problèmes épineux qui se trouvent dans le secteur ?
Abdellatif Mekki : Certes, la tâche n'est pas facile mais elle reste possible. Nous sommes d'ailleurs, obligés d'entamer ces réformes pour ne pas multiplier les problèmes dans le secteur et pour rééquilibrer la carte sanitaire. Elle se basera ainsi sur la redistribution des moyens sur toutes les régions, notamment, les villes côtières, où l'on enregistre des grands problèmes (encombrement, manque des ressources humaines…) à cause de la forte demande. Les Centres Hospitalo-universitaires nécessitent de leur côté d'être réévalués. Ils font partie du programme de réforme de ces structures.
Vous misez, à court terme, sur les services des urgences, où l'on enregistre des grandes lacunes. A quel niveau cela pourrait-il résoudre les problèmes d'encombrement ?
Nous mettons l'accent dans l'immédiat sur les services des urgences lesquels assurent 4,5 millions de consultations annuellement, alors que les études ont démontré qu'un grand nombre des consultations peuvent être effectuées dans les centres de santé de base et les hôpitaux de circonscription. Pour résoudre ce problème, nous allons mettre en place une démarche de travail qui se base sur la sélection des cas les plus urgents nécessitant une prise en charge dans ces services. Egalement, les efforts seront orientés vers la dynamisation de toutes les structures hospitalières : dont les hôpitaux locaux qui sont supposés assurer une meilleure prestation aux patients et ce pour alléger la pression sur les services d'urgence. Il faut dire dans ce contexte que le citoyen assume une part de responsabilité. Il est appelé à changer son comportement en ne se rendant aux services des urgences qu'en cas de besoin. Nous allons travailler sur cette question par le biais des campagnes de sensibilisation. Par ailleurs, il faut dire que l'encombrement dans les urgences fait partie d'un problème général : l'encombrement dans tous les établissements hospitaliers. C'est ce qui justifie la réforme envisagée et la dynamisation des rôles de toutes ces structures.
Vous avez dès lors un programme qui sera concrétisé à moyen terme. Sur quoi se base-t-il ?
Il se base sur la relance des établissements des premières lignes à savoir les dispensaires, en plus de la mise à niveau des hôpitaux régionaux. Objectif : les rendre capables d'accueillir les patients tout en satisfaisant leurs demandes même dans la médecine de spécialité.
Mais nul ne peut nier que nos médecins spécialistes sont toujours réticents et refusent d'exercer dans les régions à cause du manque d'encouragements en la matière et surtout l'absence des structures les aidant à réaliser des progrès au niveau de la recherche scientifique.
Ce sujet nous préoccupe. Nous nous penchons sur cette question et nous dialoguons avec tous les intervenants pour examiner les mesures à prendre afin de réduire ce problème à court terme. Un programme de réforme des textes législatifs et règlementaires est en cours de gestation au sein du ministère. Il concerne la loi régissant le résidanat en médecine ainsi que l'ouverture des cabinets des médecins spécialistes dans les régions. Objectif : garantir une répartition équitable des médecins spécialistes sur toutes les régions.
Le ministère compte-t-il augmenter le nombre des spécialistes étrangers pour satisfaire la demande dans les régions ?
La priorité est accordée aux médecins tunisiens. C'est la vraie solution qui doit être appliquée. Des nouveaux recrutements seront annoncés prochainement en concordance avec le concours de résidanat qui aura lieu le 13 mars. Parallèlement nous avons recours aux spécialistes étrangers et ce dans le cadre de la coopération. 90 spécialistes russes et 34 chinois exercent en Tunisie.
Qu'en est-il de la coopération privé-étatique ?
Cette coopération existe déjà. Elle sera dynamisée et élargie pour ne pas se limiter aux consultations uniquement.
Le ministère envisage-t-il de créer de nouveaux établissements hospitaliers (CHU, hôpitaux régionaux) dans les régions ?
Il est important d'investir dans le secteur, sauf qu'il ne faut pas commettre les mêmes fautes. Le Centre Hospitalo-universitaire à Jendouba n'a pas réalisé les objectifs escomptés à cause de l'absence d'une infrastructure adéquate, du déséquilibre de développement et de l'absence des établissements universitaires qui assurent une formation en médecine. Ces projets peuvent être concrétisés à long terme. Par ailleurs, nous sommes en train de diagnostiquer les projets des hôpitaux régionaux qui seront édifiés dans les régions prioritaires.
La disponibilité des médicaments dans les établissements publics pose problème en Tunisie.
Nous avons une structure équilibrée, reste qu'il faut rationnaliser la consommation qui s'est multipliée par quatre au bout de 10 ans pour passer de 289 MD en 2000 à 974 MD en 2010, soit une augmentation annuelle moyenne de 16,75 %.
Le secteur est touché par la contrebande.
Le trafic illicite des médicaments perturbe l'équilibre du marché local. Toutefois, une légère amélioration a été enregistrée ces derniers jours dans les officines après la reprise d'activité dans quelques unités de production après la vague de revendications sociales. Il faut dire que le manque a été souligné essentiellement dans les médicaments saisonniers.
Comment évaluez-vous le tourisme de santé ?
Le secteur a été sévèrement touché en 2011. Une régression de 90 % a été enregistrée dans le domaine de la thalassothérapie. Pour ce qui est du thermalisme, il a diminué de 40 %.
Quelle est la stratégie du ministère en matière de sensibilisation contre les risques des maladies sexuellement transmissibles ?
Nous sommes appelés à fournir un effort supplémentaire à ce niveau en renforçant les programmes de sensibilisation et de prévention. Cela implique la mise en place d'une approche sanitaire et sociale globale. Ces sujets seront exposés de manière méthodique et scientifique.


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