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A quand la fin de l'amateurisme ?
Diplomatie tunisienne
Publié dans Le Temps le 19 - 01 - 2013

«La dernière position sur l'intervention française au Mali est plus équilibrée», déclare Mohsen Marzouk, dirigeant à Nida Tounès
«La diplomatie tunisienne a dilapidé le capital confiance généré par la Révolution», affirme Chokri Belaïd, secrétaire général du Parti des Patriotes Démocrates Unifié
L'intervention militaire française au Mali, a mis à nu un certain déficit de cohérence de la diplomatie tunisienne prise entre incertitudes et atermoiements ajoutés à des problèmes de mauvaise coordination.
En deux jours deux positions contradictoires ont été exprimées. Que se trame-t-il derrière ces changements de positions ? Le capital confiance acquis grâce à la Révolution a-t-il été dilapidé ?
Le ministre des Affaires étrangères Rafik Abdessalem a annoncé le 15 janvier « le refus de la Tunisie de toute opération militaire non africaine sur le continent ». Il avait affirmé que les « problèmes du Mali doivent être résolus au sein de l'Afrique. D'une manière générale, nous nous opposons à toute intervention étrangère ». Deux jours après, la Tunisie se prononce pour une position plus équilibrée, moins tranchante. Au terme d'une réunion au palais de Carthage entre les trois présidents, le ministre des Affaires étrangères a déclaré que la Tunisie apporte son « soutien à la sécurité du Mali frère et son unité territoriale, et condamne toutes les formes de menaces qui pèsent sur ce pays par les groupes terroristes armés. La Tunisie comprend la déclaration souveraine du gouvernement malien pour faire face aux risques sécuritaires qui menacent le pays et notamment la capitale Bamako ». Elle appelle au respect de la légalité internationale, en particulier les résolutions du Conseil de sécurité sur le Mali N° 2071 et 2085. La déclaration de la Tunisie appelle à « lancer un dialogue politique national global, parallèlement à l'action militaire, de manière à contrer les risques et à unifier les rangs des forces nationales qui ne recourent pas aux armes en politique».
Mohsen Marzouk, un dirigeant à Nida Tounès, pense que « la dernière position annoncée par le ministre des Affaires étrangères après la réunion de Carthage, est plus équilibrée. C'est une position posée et réfléchie contrairement aux autres déclarations qui laissaient entendre que la Tunisie ne soutient pas l'intervention française au Mali. Cette intervention a été faite suite à une demande souveraine du Mali. Qui a demandé à la Tunisie de formuler une position ? La première position a été corrigée. La seconde position est équilibrée et reconnait la souveraineté du Mali ». Par ailleurs, la Tunisie appelle à un dialogue interne au Mali. Mohsen Marzouk déplore cet appel. « Les terroristes font partie d'Al-Qaïda. Demander au Mali de négocier avec les terroristes est un message indirect pour l'Algérie et peut l'indisposer. C'est comme si on demandait à l'Algérie de négocier avec ses propres terroristes. Là où il y a le feu ou l'odeur de la poudre canonnière, la Tunisie a intérêt à ne point s'embourber et à ne pas faire glisser sa main dans la braise. Si l'argument qui est derrière cet appel est de nous protéger des attaques de ces groupes terroristes, la meilleure position est de ne pas s'exprimer. Il fallait rester à l'écart. Cela prouve que notre diplomatie ne répond à aucune logique ».
Chokri Belaïd, secrétaire général du Parti des Patriotes Démocrates unifié, va plus loin. Il considère que notre Diplomatie pâtit du fait qu'elle a « plusieurs têtes ». Il déclare au Temps « ce qui distingue la diplomatie tunisienne sous la Troïka c'est la multitude des centres de décision et leurs contradictions. Les positions du président de la République s'opposent franchement à celle du ministre des Affaires étrangères dans plusieurs dossiers. C'est une diplomatie partisane qui n'a aucun rapport avec les intérêts de l'Etat. Ainsi, Rached Ghannouchi qui n'a aucune position officielle à l'intérieur des institutions étatiques, prend plusieurs positions et décisions sans que le Gouvernement ni la Présidence ne réagissent. Nous remarquons une grande perturbation dans notre diplomatie, dirigée par d'autres agendas. Ainsi, nous avons vu une immiscion dans les affaires intérieures des Palestiniens qui approfondit les divisions en soutenant une partie contre une autre. Notre diplomatie soutient les hordes de terroristes en Syrie. Aujourd'hui, elle appuie la guerre contre le Mali, sous le prétexte de lutter contre le terrorisme. Elle a approuvé l'intervention en Libye. Elle parle d'amis de la Tunisie en Libye qui ne sont au fait que les amis d'Ennahdha. La diplomatie tunisienne adhère à des axes dont le résultat a été une inquiétude en Algérie, contraire aux intérêts de notre pays. Répondant aux pulsions et tempéraments, la politique étrangère, n'est pas conforme aux règles fondamentales dont la plus importante est que la géographie façonne l'histoire. La diplomatie doit répondre aux intérêts de l'Etat et non ceux d'un parti politique. L'essentiel est de savoir comment garantir les intérêts de la Tunisie et améliorer son image au niveau international en consolidant et diversifiant ses relations, loin de toute hégémonie. Ajouter à cela, l'option prise pour l'appartenance politique et non pour la compétence dans les nominations. Le ministre des Affaires étrangères dépourvu de compétences, a eu le privilège d'être parachuté rien que pour ses liens d'alliance avec Rached Ghannouchi. Une tendance qui s'est répercutée dans les nominations dans les ambassades et les consulats, où les cadres et les compétences du ministère ont été mis à l'écart. Des personnes sans compétence ont pris leur place. Le résultat : la diplomatie tunisienne a dilapidé le capital confiance générée par la Révolution. Ce capital aurait pu être utilisé pour consolider les intérêts du pays et gagner d'autres avantages. A titre d'exemple, au deuxième anniversaire de la destitution du dictateur, aucune personnalité étrangère n'a fait le déplacement, sauf le président de l'Autorité palestinienne. C'est un grand échec. Ce que vit notre colonie en Libye en Syrie et en Italie prouve que notre diplomatie a échoué. Il faut un changement radical au ministère des Affaires étrangères, au niveau des approches, des programmes et des responsables. Il faut changer les méthodes de gestion des dossiers du ministère des Affaires étrangères pour consacrer l'unité de l'Etat ».


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