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«L'activité culturelle en général et cinématographique en particulier à Sousse, est étroitement liée à la situation politique dans le pays...»
Entretien avec Mohamed Kedidi, alias "Monsieur Cinéma"
Publié dans Le Temps le 04 - 09 - 2013

Durant plusieurs années après l'Indépendance, Sousse était l'une des villes Tunisiennes les plus riches et les plus actives en terme de manifestations culturelles.
C'est à Sousse que fut créé le premier festival d'été de Tunisie en 1958. Il y avait une activité théâtrale intense avec Mohamed Zorgati comme fer de lance. Egalement , la société archéologique de Sousse (SAS) ,
fondée en 1903 par Dr Louis Carton, avait connu ses moments de gloire en 1959 et en 1963 avec notamment deux colloques internationaux auxquels avaient participé de grands historiens, spécialistes de l'Afrique Antique, de plusieurs pays dont Louis Foucher ,le père spirituel du musée archéologique de Sousse , et le Tunisien Hassen Hosni Abdelwahab , l'auteur des incontournables "Waraqat".
Par ailleurs, dans le domaine du cinéma, le ciné-club de Sousse, avec sa revue "Ecrans", fit partie des meilleurs de Tunisie aux côtés de ceux de Hammam-Lif , Sfax et Kairouan. A ce niveau, nous ne pouvons occulter l'apport des enseignants coopérants Français dans l'éclosion du ciné-club de Sousse. Ceci étant, l'ex-Hadrumetum disposait de quatre salles de cinéma, "Le Théâtre Municipal"(qui avait remplacé le Casino), "L'ABC", "Le Palace" et le "Vox" , qui drainaient un nombre considérable de cinéphiles. Plusieurs années après, le multiplex Nejma est venu enrichir les capacités de la ville en salles sombres.
Dans cet article, nous tenons à nous intéresser au chapitre cinéma à Sousse. Actuellement, les choses y ont complètement changé. Les salles Nejma font partie du passé, le "Vox" et l'"ABC" ont fermé leurs portes depuis belle lurette alors que "Le Palace" est dans un état piteux et ressemble à tout sauf à une véritable salle de cinéma.
De la sorte, la programmation de projections de films n'est possible qu'au Théâtre Municipal ou au Centre Culturel Mhamed Maarouf .
Outre le festival international du film de l'enfance et la jeunesse de Sousse (FIFEJ) qui connait actuellement des difficultés d'ordre matériel, si la programmation cinématographique continue à se faire à Sousse contre vents et marées, c'est grâce aux efforts louables du commissariat régional à la culture et ceux d'un enseignant de français à la retraite qui est le cinéphile par excellence. Il s'agit de Mohamed Kedidi alias "Monsieur Cinéma".
Nous avons jugé utile de l'interviewer afin de lever le voile sur la situation du septième art à Sousse. Il a répondu aimablement à nos questions.
* Le Temps : Qu'en est-il de l'activité cinéma à Sousse ?
M.K. :L'activité culturelle en général et cinématographique en particulier est étroitement liée à la situation politique dans le pays (espaces spécialisés, sentiment de sécurité et surtout des moyens financiers adéquats). Quand cela est possible, ça bouge beaucoup ! De nombreuses associations et des clubs spécialisés ont vu le jour après le 14/01/2011 en plus des ciné-clubs et des clubs de cinéastes amateurs, qui existent depuis longtemps, du FIFEJ, des festivals locaux, du colloque des amis du cinéma organisé par la Mairie à l'occasion du Printemps de Sousse. De nombreuses projections de films sont programmées (mais rarement suivies de débats) ainsi que des ateliers de formation autour de l'image (photo numérique, vidéo, montage, dessins animés sur ordinateur, …avec quelques productions à la clef). Beaucoup de jeunes ont profité de ces occasions (encore si rares !) pour s'initier à la pratique de l'image. Depuis deux ans, les rencontres culturelles et les festivals à Sousse programment surtout des films documentaires-fiction récents autour de la « Révolution » tels que « Plus jamais peur », « Yalaan Bou Elfosfat », « Dégage » etc... Ce sont des activités ponctuelles. Ajoutons à cela un phénomène « nouveau » : les projections de films (souvent violents) à but, disons-le, « lucratif » comme les films en 3D sans respect des normes techniques de projection (écran inadapté, qualité du DVD, validité douteuse des lunettes et surtout absence de débat après chaque projection !).
Il n'y a pas de fil conducteur, de vision d'ensemble et surtout pas de coordination entre les clubs et les associations : c'est du « chacun pour soi… », le repli sur «son» festival, « son club ou association », l'information ne circulant pas toujours comme il faut. Peu de gens assistent aux manifestations cinématographiques de films culturels comme la semaine du film Russe, les Journées du cinéma Européen avec la difficulté, cette année, d'organiser le moindre débat!
Un constat s'impose : l'absence de formation cinématographique de valeur hormis les journées organisées par le FIFEJ en Mars 2013 (ça a été le cas lors de ses différentes sessions) et les ateliers de photo numérique et d'analyse filmique en marge des Journées du Cinéma Européen en mai 2013. En outre, les chaînes satellitaires et surtout le piratage de films nouveaux sont devenus à la portée de toutes les bourses. De plus, l'absence de salles de cinéma dans les normes exigées (après la fermeture des 3 salles Nejma) ont fini par avoir raison de la volonté des cinéphiles les plus déterminé(e)s !
Il y a bien eu des projections de films dans les foyers universitaires et / ou dans les facultés, dans les Instituts supérieurs à Sousse mais elles ne sont pas toujours bien encadrées et bien animées. Elles restent conçues pour la détente ou l'évasion ! Il faudrait que ces institutions collaborent beaucoup plus avec le FIFEJ, les animateurs de la FTCC et / ou ceux de la FTCA à Sousse.
*Avez-vous réussi à inculquer une véritable culture de cinéma aux jeunes que vous avez encadrés ?
Notre ciné-club enfants de Sousse fonctionne depuis 1989 sans interruption avec une moyenne de 30 à 35 films pour enfants durant 10 mois/an, en plus des projections de films lors des manifestations cinématographiques pour enfants ou / jeunes et parents où l'image est présente ( sessions du FIFEJ, programmes de l'Institut Français de Tunisie, centre culturel de Sousse, Ecrans du Ramadan, Printemps de Sousse …). Cette pléthore de films-débats projetés ne devrait pas cacher le fait que nous ne savons pas où vont les enfants devenus adolescents et surtout étudiants car ils sont happés par d'autres structures plus « attractives », d'autres espaces de détente comme les salons de thé, les JCI… Durant le primaire et le collège, les enfants-adhérents changent chaque année car certains parents mettent leur « véto » et empêchent une assiduité nécessaire à toute formation approfondie : les techniques cinématographiques, les métiers du cinéma, l'analyse filmique. Nous avons toujours travaillé sur du provisoire, du ponctuel. Rien de solide ! Que des bribes de formation pour une meilleure compréhension des films. Nous avons un sentiment d'échec par rapport aux années 1980/90. La responsabilité est partagée entre les responsables d'établissements, certains enseignants et surtout les parents démissionnaires qui sont plus intéressés par le Tennis, le Judo et les cours particuliers pour leurs enfants en vue de meilleurs résultats scolaires ! Pourtant, les enfants et jeunes adhérents, qui ont reçu un minimum de formation et d'éducation à l'image, sont plus ouverts et ont une meilleure capacité d'adaptation à la vie sociale ainsi que de bons résultats scolaires ! Autrefois, mes élèves et ceux de mes collègues aimaient assister aux projections-débats de films, aux ateliers de formation, aux rencontres et aux festivals de cinéma. L'encadrement de tous ces jeunes existait ! Nous avons même essayé, depuis de années, de lier le cinéma aux différents thèmes des modules enseignés en arabe, en français ou en anglais. Rien à faire ! Les administrations d'établissements scolaires étatiques et privées ne jouent plus le jeu maintenant. Il faut se démener pour les convaincre car ils refusent de mettre le moindre sou pour assurer les dépenses d'une petite manifestation cinématographique durant un seul week-end ! Dure, dure est la vie d'un animateur culturel, incompris par les responsables locaux, par les parents surtout et même par les propriétaires d'espaces pouvant servir à des animations sous forme d'ateliers comme les jardins d'enfants et les salles de classe en dehors des heures de cours habituels. C'est là où devrait se faire en priorité le travail d'initiation de l'enfant et / ou de l'élève et pourquoi pas des étudiants au cinéma et à la pratique de l'image. Exemples : la fabrication en papier Canson d'un zootrope pour donner une idée du mouvement et de l'image animée, l'initiation au dessin animé sur ordinateur, la photo numérique, la vidéo ainsi que le montage et l'utilisation du portable pour filmer de courtes séquences vidéo. Là, les moyens manquent. Mais avec un esprit d'initiative et de débrouillardise, tout peut être surmonté grâce à des animateurs volontaires et /ou payés. En somme, nous ne pouvons que montrer la voie à suivre, donner l'exemple et faire le suivi des apprenants. Mais rien n'est sûr ! Les formateurs ont besoin eux aussi de recyclage, de formation, de stages et surtout de motivation.
* Avez-vous des relations assez étroites, relatives aux activités cinématographiques, avec les établissements scolaires et universitaires?

Dès le début, le ciné-club enfants et jeunes de Sousse a établi une relation par lettres postales puis par mails, par sms et Facebook pour faire parvenir tous les programmes, les invitations, créant ainsi des liens avec beaucoup d'établissements, d'instituts et de facultés sans oublier les agences de banques, les offices régionaux….pour sensibiliser les enfants, les parents et surtout les enseignants à la nécessité de se former et de se cultiver . Autrefois, on ramenait tous les internes du lycée de garçons de Sousse et d'autres lycées ce qui permettait de faire le plein de spectateurs dans la salle de cinéma. Mais aujourd'hui, on n'arrive à attirer que quelques dizaines de spectateurs pour une ville aussi importante que Sousse avec des dizaines d'affichettes et d'invitations. Résultat des courses : une chute libre du nombre de participants, du niveau de culture cinématographique en particulier (même chez les enseignant(e)s !) alors que le nombre d'animateurs à Sousse est respectable ! Un paradoxe qui traduit bien le travail de communication qui reste à faire. Tout est à reprendre à zéro car il n'y a plus de tradition culturelle dans les écoles, les collèges et les lycées pour ne pas dire à l'Université aussi !
J'ai fait l'animation d'un ciné-club au lycée de garçons de Sousse de 1989 à 2007 et dans plusieurs foyers universitaires de Sousse en soirée. Durant cette dernière expérience, il était très difficile d'imposer des films culturels ( surtout en Noir et Blanc ) à des étudiants « nourris » de feuilletons Egyptiens, Jordaniens, Turcs….mais pas impossible car en les motivant, on arrive à leur donner goût au bon cinéma mondial et surtout aux films Tunisiens !
Je garde d'excellents souvenirs et même un contact avec certains étudiants qui m'ont marqué .Aussi, je suis en train de continuer cette expérience avec le centre culturel universitaire de Raqqada à Kairouan qui est entouré de plusieurs foyers universitaires: l'idéal pour une animation (lancement d'un ciné-club, journées du documentaire, festival de l'image numérique…). Après le 14 janvier 2011, nous sentons un rejet de l'activité culturelle à l'intérieur des établissements mais il existe des chefs d'établissements qui demeurent très disponibles pour des actions visant la formation cinématographique de leurs élèves ou de leurs étudiants.
Nous organisons chaque année des « journées de l'image » dans un lycée de Sousse ( ex :lycée de garçons, lycée Tahar Sfar de Sousse, lycée Ibn Rochd de la Cité Riadh à Sousse ) et dans un collège ( collège de Bouhsina ) mais nous rencontrons énormément de petits problèmes qui seraient faciles à résoudre si le partenariat avec notre ciné-club devenait une tradition et s'il était cautionné par le Ministère de tutelle.
* Comment voyez-vous l'avenir du cinéma dans la perle du Sahel?
Sans être trop nostalgique d'un âge d'or du ciné-club de Sousse et de toutes les activités culturelles et….sportives qui ont fait la renommée de certains lycées de Sousse, nous espérons recréer un climat de convivialité, de rapprochement(qui, hélas, manque à Sousse ) entre les clubs, les associations, les ONG, les festivals ( si nombreux au Sahel ) et les rencontres internationales qui programment des films à chaque session car, chacun, seul dans son coin, ne peut pas réaliser grand-chose. Pour cela, il est temps de rompre avec:
1 – L'esprit négatif de nostalgie, genre : « ah !du temps du ciné-club des années 1960/70 !du théâtre scolaire, des clubs de musique… ». Tout cela risque de mener à l'immobilisme et de servir d'alibi à tous ceux et celles qui ne feront RIEN pour que ça change à Sousse et au Sahel en général. Ces derniers ont une formation cinématographique très solide, en plus de leur spécialité, mais ils la gardent jalousement pour eux. Il est temps de les voir proposer leurs talents, leurs connaissances et leur savoir-faire à tous les enfants, jeunes et même adultes qui en ont cruellement besoin. La culture a besoin aussi de bénévoles !
2 – L'esprit de léthargie. Nous avons touché le fond ! Il nous faut, maintenant, remonter à la surface grâce au partenariat qui est un moyen efficace pour progresser et réaliser des programmes définis à l'avance.cf. Le partenariat avec le Relais culturel de Sousse.
3 – L'improvisation : commencer à penser avec un esprit collectif, un esprit d'équipe par une consultation entre tous les partenaires de Sousse pour l'élaboration d'un programme annuel qui tienne compte des grands rendez – vous culturels et cinématographiques nationaux et régionaux importants : JCC – FIFEJ – DOCS A TUNIS - JOURNEES DU CINEMA EUROPEEN - JOURNEES DU FILM RUSSE….
4 – L'ancien statut de l'animateur : Il est à revoir en respectant mieux ce qu'il produit tout en essayant de l'éloigner de la précarité. Il faudrait le consulter plus souvent et tenir compte de son avis car il / elle est l'homme ou la femme de terrain.
La solution viendra grâce à l'effort de tous les responsables durant la saison culturelle en matière de formation des formateurs : Ateliers, stages, séminaires pour tous les cinéphiles de tous les âges dans le cadre d'ateliers spécialisés dans l'image sous toutes ses formes…
5-La sensibilisation des Ministères de l'Education et de la Culture pour la création, par étapes, d'une classe OPTION CINEMA facultative au début puis obligatoire, d'abord dans tous les collèges et les lycées pilotes de Tunisie ensuite dans certains collèges et lycées à condition que le nombre de professeurs animateurs spécialisés dans le cinéma et les équipements de salles obscures réservées aux projections ne constituent pas un problème.
*Vous venez de fonder une nouvelle association culturelle, de quoi s'agit-il au juste?
Effectivement, nous avons créé l'Association des amis des Lettres, des Arts et des Sciences de Sousse juste après le 14 janvier 2011 et nous l'avons enregistrée au Journal officiel en date du 25/05/2011 et ce pour compléter nos activités culturelles et cinématographiques. Les activités y sont plus variées car elles touchent à tous les domaines des Lettres, des Arts et des Sciences (langues, littératures, peinture, cinéma, théâtre….) surtout sous forme d'ateliers de formation pour tous les âges. L'idée est de donner une priorité à la pratique, à l'éducation par l'image, sur demande, « à la carte » en quelque sorte. Il faut aller là où les gens étudient ou travaillent, c'est à dire dans leurs espaces habituels. Les adhérents (5d,000 par an )auront la priorité. Les frais de participation seront bien étudiés pour ne pas handicaper les plus démuni(e)s. A côté de cette activité annuelle, nous envisageons des excursions culturelles, des échanges de visites avec des associations et des festivals. Nous comptons également développer un partenariat avec le commissariat régional à la culture, la Municipalité de Sousse, les festivals du Sahel, l'IF de Tunisie et les centres culturels étrangers en Tunisie. Notre souci majeur est d'offrir aux personnes intéressées un produit culturel de qualité (formation et production).
Notre association compte développer une activité GRATUITE d'apprentissage de l'arabe et de la langue française pour les enfants et les jeunes en difficulté face à la lecture des textes, de l'image et à leur compréhension, basée sur la méthode syllabique traditionnelle. Les encadreurs seront TOUS des bénévoles.
Et voici quelques unes de nos activités réalisées dans le cadre de notre association :
* La projection-débat du film : « La source des femmes » en 2012.
*La rencontre-débat à 2 reprises avec Dr Mirvet Medini Kammoun autour de son ouvrage : « Youssef Chahine, caméra de tous les combats » enrichie d'une analyse du film du grand réalisateur Egyptien : « Le retour de l'enfant prodige » en 2012 et 2013.
*La rencontre avec Mme Emna Ben Miled autour de son livre « Les origines bibliques du voile » en 2013.
*La rencontre avec Mme Saida Douki Dedieu autour de son livre « Les femmes et la discrimination » en 2013.
A chaque occasion, nous avons mis, à l'avance, l'ouvrage présenté à la disposition des lecteurs.
Nous avons beaucoup de projets : la création poétique des jeunes – un atelier de théâtre – un hommage à Tawfik Salah décédé récemment – les docs à Sousse – un festival de l'image autour de l'analyse filmique et d'ateliers variés pour enfants / jeunes et adultes (Février 2014) - les Journées du Cinéma Européen 2014.
Entretien conduit par :


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