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La corruption coûte à la Tunisie près de 2% de son PIB annuel.. En somme, «Ben Ali a été renversé mais la corruption et les abus réglementaires continuent à constituer des défis critiques au développement»
Le rapport publié avant-hier par la banque mondiale intitulé : La Révolution inachevée : créer des opportunités, des emplois de qualité et de la richesse pour tous les Tunisiens est le résultat d'une étude analytique de l'économie tunisienne. Partant du cas paradoxal de l'économie tunisienne, entre le potentiel et l'existant, les auteurs du rapport ont essayé de démêler l'écheveteau avant de proposer leur agenda de réformes pour réaliser le plein potentiel de la Tunisie. Une check-list détaillé des différents obstacles ayant entravé la relance économique du pays fait apparaître essentiellement les maux suivants : une réglementation rigide, très faible concurrence, un interventionnisme destructeur de l'Etat dans la vie économique, un secteur bancaire en déroute, une industrie et un secteur agricole peu complétifs et rentables, une dichotomie inefficace entre le système onshore et offshore d'exportation outre un lourd héritage d'un système de rente où le copinage, la corruption et la prédation sont les maîtres-mots. Le dernier triptyque aurait coûté à l'économie nationale plusieurs points de croissance, emboîtant le pas à une concurrence loyale et affectant par ricochet la taille des entreprises tunisiennes, leur rentabilité et donc leur contribution loyale dans le cercle vertueux de la croissance et dans la création d'emplois. Le rapport de la banque mondiale a mis à nu en chiffres et via des témoignages et des cas pratiques le rouleau compresseur et implacable de la corruption qui a mis en péril tout effort de redressement privé. La corruption coûte à la Tunisie près de 2% de son PIB par an. Les auteurs du rapport se sont attelés à présenter les distorsions que présentaient les « entreprises de Ben Ali », actuellement confisquées, qui ont considérablement influencé à contre courant l'effort entrepris par le secteur privé tunisien. « Bien qu'elles ne représentent que moins de 1% de tous les emplois, les entreprises confisquées représentent 3.2% de la production du secteur privé et 21.3 % de tous les bénéfices nets du secteur privé tunisien... les entreprises confisquées produisent encore 346 fois plus de résultats que les autres », note le rapport qui affirme que les secteurs qui sont soumis à un large faisceau de réglementations associé à une intervention omniprésente de l'Etat sont les secteurs les plus averses au triptyque copinage, prédation et corruption. Des pratiques qui existent toujours et même elles prennent de l'élan post-révolution. « Il serait également erroné de penser qu'après le départ du président Ben Ali et de sa famille le copinage et la recherche de rentes ont disparu du pays. La prédation a probablement disparu avec la sortie de Ben Ali et de sa famille mais la majeure partie du système des rentes et des privilèges demeure intacte. Les nombreuses restrictions d'accès au marché et l'application discrétionnaire d'un fardeau réglementaire excessif persistent en Tunisie, donnant l'occasion aux entreprises d'obtenir des rentes à travers le copinage et la corruption. En effet, selon les conclusions de ce chapitre, il y a lieu de croire que ces problèmes ont même empiré depuis la révolution. En somme, Ben Ali a été renversé mais la corruption et les abus réglementaires continuent à constituer des défis critiques au développement », souligne le rapport. Le phénomène corruption ou encore le système de capitalisme de copinage ont miné le décollage de l'économie et favorisé l'exclusion sociale d'où la nécessité selon la banque mondiale d'ouvrir davantage le marché à la concurrence, d'annihiler les restrictions réglementaires et administratives et surtout de réduire la marge discrétion réglementaire tout en réduisant le rôle interventionniste de l'Etat.