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Rapports de la Banque mondiale sur la Tunisie Tout était faux !
Publié dans L'expert le 16 - 10 - 2014

Longtemps, elle a été présentée comme le dragon de la Méditerranée sous l'ére de l'ancien président, battant tous les records et caracolant à la tête de toutes les prévisions aussi bien à l'échelle maghrébine que continentale. Il aurait fallu un 14 janvier 2011 pour que les voiles tombent. L'élève modèle s'avère un tricheur,.L'exemple à suivre des institutions de Bretton Woods semble être plutôt le contre-exemple. Parmi ces institutions, l'une d'elles, la Banque mondiale, reconnaît avoir participé, du moins à demi-mots, à cette combine, mais comment et à quel prix ? Le dernier rapport qu'elle publie sur la Tunisie, édifie un tant soit peu sur les méthodes utilisées et démontre que la prédation aurait probablement disparu, mais la majeure partie du système demeure intacte et aurait même empiré depuis la révolution. S'il est un secteur où la Tunisie est compétitive, c'est dans les tâches à faible rémunération telles que l'assemblage.
« La Tunisie possède un potentiel économique énorme mais a connu une performance économique mitigée, dont un taux de chômage élevé et des emplois de qualité médiocre, qui continuent à peser très lourd sur les perspectives du pays. Jusqu'en 2010, le Forum économique mondial a classé la Tunisie plusieurs fois comme étant l'économie la plus concurrentielle en Afrique, alors que le FMI et la Banque Mondiale la présentaient comme un modèle pour les autres pays en développement. Et pourtant ,ce modèle tunisien avait de graves lacunes. La création insuffisante d'emplois, notamment pour les diplômés, et les grandes disparités régionales ont été à l'origine d'une frustration grandissante à travers le pays, ce qui a mené à la révolution de janvier 2011. » Voilà un extrait de ce rapport du Groupe de la Banque mondiale intitulé « La révolution inachevée », qui ,en presque 400 pages, dénonce tous les secteurs sans en épargner aucun, et invite les décideurs à repenser le modèle de développement économique de la Tunisie.
Une économie figée à faible valeur ajoutée, où les entreprises stagnent en termes de gains de productivité et de création d'emplois, loin de la façade reluisante qui était présentée avant la Révolution, et demeure encore ainsi de nos jours à cause de politiques qui ont freiné la performance économique globale du pays, suite à divers obstacles dont un environnement règlementaire protectionniste qui annihile la concurrence et donne lieu à une bureaucratie étouffante, d'un secteur financier entravé par les défaillances de gouvernance, notamment la réglementation du travail qui met en avant la précarité et limite la concurrence à tous les niveaux aussi bien dans l'industrie que dans le secteur agricole et qui a contribué à mettre le pays dans cette voie sans issue. Trop d'obstacles qui ont provoqué l'exclusion sociale et découragé la performance économique à beaucoup d'entreprises qui opéraient sur le marché intérieur et qui faisaient face à des conditions drastiques de concurrence légale avec le secteur public où tout est réuni pour étouffer la croissance économique en empêchant l'initiative privée tout en décourageant l'innovation et la recherche de gains de productivité. Pour illustrer l'absence d'incitation à la performance créée par la concurrence, le rapport cite le coût des appels téléphoniques internationaux qui coûtent 10 à 20 fois plus cher que la plupart des pays de l'OCDE, et celui des billets d'avions estimés 30 à 50% plus cher qu'ils ne devaient l'être.
Le rapport démontre que l'économie tunisienne croule sous le poids d'un système de rentes et privilèges qui prospère, décriant la prévalence de copinage qui est antérieure à Ben Ai et continue de prospérer après son départ. La prédation a peut-être disparu, mais la majeure partie du système demeure intacte. Les restrictions d'accès au marché et l'application discrétionnaire d'un fardeau réglementaire persistent, donnant l'occasion aux entreprises d'obtenir des rentes à travers le copinage et la corruption. Après trois ans, rien n'a presque changé, les diplômés et autres mains d'œuvre qualifiés toujours au chômage à cause de tous ces maux, bureaucratie et charges élevées sur les affaires, les sociétés protégées qui font face à peu de concurrence et peuvent donc produire des articles de moindre qualité. La Tunisie n'est compétitive que dans les tâches à faible rémunération telles que l'assemblage.
Prenant l'exemple du secteur bancaire, il en ressort que les banques tunisiennes ont financé des projets appartenant à la famille du président déchu Ben Ali à hauteur de 2,5% du PIB, c'est-à-dire l'équivalent de 5% de tous les financements accordés par le secteur bancaire tunisien, et sans compter les 30% de financement accordé sans garanties de remboursement. Des défaillances qui font à ce qu'environ 34% des entreprises tunisiennes déclarent avoir des difficultés pour accéder aux crédits auprès des banques, entre autres à cause des ces proches du pouvoir qui ont eu un accès sans limite aux crédits à des taux intéressants et des garanties faibles, alors que les entreprises ordinaires éprouvaient de grandes difficultés à accéder au financement. Quant au secteur agricole, le rapport décrie le manque de politique lié à ce domaine et dénonce plutôt une politique de sécurité alimentaire qui ne fait qu'entraver le développement de ce secteur.
La révolution de 2011 était censé trancher avec ces modèles qui semblent perdurer, même si des avancées politiques ont été effectuées, avec notamment l'adoption d'une nouvelle Constitution. Les politiques économiques mises sous Ben Ali n'ont pas vraiment changé et les Tunisiens n'ont pas encore les fruits de leurs revendications à accéder à de conditions meilleures. Les différents gouvernements postrévolutionnaires se sont succédé et le bout du tunnel reste encore loin et à peine visible pour une bonne frange de la population. Espérons que les élections à venir contribueront à mettre sur pied un Etat stable qui effectuera des changements radicaux qui contribueront à donner plus de confiance aux Tunisiens en créant de meilleures opportunités économiques. Pour cela, le nouveau régime devra rompre avec la politique de copinage aux dépens de la concurrence et de la performance.


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