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Et pourtant, les vrais handicapés ne sont pas ceux qu'on croit
Publié dans Le Temps le 14 - 11 - 2014

Handicapés moteurs, handicapés mentaux, aveugles ou sourds-muets, sont des citoyens. La citoyenneté n'étant pas basée sur des critères physiques ou esthétiques, ne doit donc pas exclure des handicapés de son cercle des droits sociopolitiques. Est-ce un choix de les exclure ou inclure ? Pourrait-on considérer que le discours politique les marginalise?
Le nombre de handicapés en Tunisie est estimé, d'après les dernières statistiques, à 208 mille 456, un nombre qui dépasse de loin celui indiqué par l'ancien régime. Les pourcentages indiqués par les mêmes statistiques montrent que 11% des porteurs de carte de handicapé sont aveugles, 44% souffrent d'un handicap organique, 28% de handicaps mentaux, 12% de sourds et 5% ayant des handicaps divers.
Les autorités soulèvent le problème... et passent
Des Colloques pour les droits des handicapés ou des conférences autour de leur intégration dans la société ainsi que leur éducation et emploi, la scène n'en manque pas. Les responsables des affaires sociales semblent reporter la révision de ce volet qui s'avère déterminant comme un indicateur économique et social.
Les institutions spécialisées et les associations de soutien et d'encadrement de cette classe sociale, s'annoncent nombreuses jusque là et sont estimées, pour les associations, à 366.
Depuis l'ère de Ben Ali, l'image souvent exposée au public, est que les autorités ne manquent pas d'intérêt pour les handicapés et qu'on envisage, à long terme, leur fournir l'encadrement social adéquat et leur permettre de bénéficier de leurs droits sociaux, politiques et citoyens basiques. Néanmoins, ceci ne figure ni dans les discours politiques ni dans les programmes électoraux des candidats des législatives ou des présidentielles.
Ils parlent d'eux-mêmes
Le Temps s'est dirigé à l'un des hôtels de la capitale, là où se tient une formation pour les handicapés sur les outils de négociation qu'ils doivent adopter avec les politiciens.
On a interrogé l'un des participants à la formation, M.Mzati Yosri président de l'Organisation Tunisienne de Défense des Droits de Personnes Handicapées. M. Yosri est aveugle. Il a parlé de la participation des handicapés dans la prise de décision politique en parlant de son expérience ainsi que des objectifs et revendications de l'organisation qu'il préside.
M. Yosri a été membre du conseil municipal de Menzel Bouzelfa, de là il nous donne un argument de la capacité d'un handicapé, celui qui ne voit pas par exemple, de prendre part à des décisions locales et d'y être interactif et même d'y contribuer pour donner le plus, selon ce qu'il a essayé de nous expliquer.
Concernant les revendications soulevées par l'organisation, M. Yosri attire l'attention sur l'obligation qu'il y ait au sein du parlement une commission chargée des affaires des handicapés dont un parmi les membres serait un handicapé. De plus, l'organisation lance un appel pour qu'il y ait un secrétaire d'Etat chargé également des dossiers et affaires des handicapés au sein de la présidence du gouvernement.
D'une autre part M. Yosri a indiqué qu'il faudrait passer de la vision médicale et sociale par rapport aux handicapés, à la vision et à l'approche juridique de cette classe sociale de citoyens, et c'est à partir de là qu'on pourrait créer une sorte d'égalité des opportunités entre eux et le reste de la société.
M. Yosri réclame un autre fait, celui de faire revenir toutes sortes de demandes et de dossiers présentés par un handicapé, au ministère des affaires sociales. Ceci constitue selon lui, une offense et une minimisation de cet individu en le classant, de la part de l'Etat, parmi les gens pauvres et aux besoins spécifiques, appellation qu'ils exigent de changer.
Talentueux en matière de communication
On s'est adressé à Mme. Bouraouia, porte-parole de l'organisation Tunisienne de Défense des Droits des personnes handicapées. Elle est aussi aveugle, et a commencé par mettre l'accent sur le fait qu'on ne doit plus dire « individus aux besoins spécifiques » et qu'il faudrait simplement dire que ce sont des handicapés. Elle explique que pour commencer, il convient mieux que le handicapé surpasse lui-même ce complexe d'avoir un organe non fonctionnel, il s'agit de l'un des aspects de la variété humaine qu'il faut admettre.
Au même propos, Mme Bouraouia a précisé que les personnes handicapées peuvent avoir le même accès à l'information, et le même comportement avec l'information qu'une personne normale, et que les besoins spécifiques desquels on parle, peuvent concerner tout le monde et peuvent empêcher un être de communiquer, d'exister, d'agir, alors que le handicap n'a jamais représenté un obstacle face à la réalisation de soi, donc il ne s'agit pas de personnes aux besoins spécifiques, il s'agit de personnes handicapées.
D'un autre côté, Mme. Bouraouia nous a informés qu'il y a eu un pacte national sous le nom du Pacte Tunisien des Droits des Personnes Handicapées auquel ont signé des partis politiques, dont 5 qui sont marquants actuellement sur la scène politique. Cependant, dans cette phase de campagne électorale pour la présidentielle, aucun programme d'aucun candidat ne prend en considération ce pacte, bien que leurs partis y soient engagés. Elle indique également que les mêmes partis ont fait partie des tables rondes organisées entre le 3 Mai 2014 et le 13 Septembre 2014 pour signer le pacte. Mme Bouraouia insiste sur le fait que ce pacte est le point de transition entre l'ancien discours mené sur les handicapés en tant que personnes en besoin d'aide et de pitié, à un nouveau discours qui exige un comportement mature avec ceux-ci basé sur une approche juridique, c'est-à-dire qui consacre leurs droits citoyens et politiques.
L'intervenante a également soulevé le point de l'indifférence des autorités de tutelle face à cette marginalisation des personnes handicapées. Il est indispensable, selon elle, qu'on veille à la rectification des programmes et projets de l'Etat en faveur de ces personnes pour qu'ils aient accès à tout ce qui leur est de droit. L'une des étapes primordiales serait, d'après ce que l'organisation vise, de faire participer activement les personnes handicapées dans les organismes locaux de l'Etat, pour qu'il y ait une représentativité relative, les concernant, dans la prise des décisions politiques.
Mme. Bouraouia rappelle que cette rencontre de formation pour l'acquisition des outils de négociations dans un dialogue direct avec les politiciens, constitue une occasion pour les personnes handicapées de se prouver et de s'imposer dans les discours politiques.
Elle appelle finalement, les médias, notamment audiovisuels, d'agir pour faire connaitre leur propos et faire savoir au public large le contenu du Pacte de Tunisie Pour La Défense des Droits des personnes Handicapées. Le but est de s'engager à changer notre vision en tant que société à l'égard des personnes handicapées.
En l'attente de la concrétisation du contenu du Pacte récemment signé et approuvé spécialement par les politiciens, dont quelques uns se présentent aux élections présidentielles, on a toujours besoin d'avoir la réponse des politiciens eux-mêmes sur les éventuels projets consacrés aux personnes handicapées dans leurs programmes.


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