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L'appât du «Bakchich»...
Publié dans Le Temps le 05 - 03 - 2015

Les relations entre fonctionnaires et usagers des services publics se caractérisent par une corruption généralisée, selon une étude réalisée par l'Association tunisienne des contrôleurs publics (ATCP).
Intitulée «Petite corruption, le danger banalisé», cette étude évalue le montant global de la petite corruption, qui désigne couramment les pots-de-vin versés par des citoyens à des fonctionnaires, à 450 millions de dinars entre mai 2013 et mai 2014.
Selon cette même étude, 27% des Tunisiens avouent avoir eu recours aux dessous- de-table pour bénéficier de services administratifs, dans la plupart des cas pour accélérer les procédures administratives, bénéficier d'un avantage dont ils n'ont pas droit, échapper à une sanction ou alléger un impôt ou une amende.
D'après les personnes interrogées dans le cadre de cette étude réalisée avec le concours du cabinet de sondage Emrhod Consulting, l'agent administratif est responsable de ce fléau «qui se propage d'une façon endémique et risque de devenir une fatalité socioculturelle, car le citoyen le tolère pratiquement».
77% des sondés estiment, d'autre part, que la petite corruption n'a cessé d'augmenter durant les dernières années et 89% d'entre eux considèrent que l'absence de volonté politique est l'une des causes de sa prolifération.
81% considèrent dans ce cadre que la faiblesse des structures de contrôle est aussi l'une des principales causes de la corruption.
L'étude fait, par ailleurs, ressortir que les secteurs les plus touchés par la petite corruption sont la sureté (police, garde nationale etc...), les douanes, la justice, la santé, les collectivités locales (mairies, gouvernorats...).
Viennent ensuite les secteurs des banques, des assurances, des sports de l'enseignement et des syndicats.
Acceptation
L'étude de l'ATCP montre, par ailleurs, que 75% des Tunisiens pensent que la petite corruption est à l'origine de la criminalité et du terrorisme et 74% d'entre eux reconnaissent qu'elle affecte le pouvoir d'achat du citoyen.
Fait très alarmant cependant : 43% des sondées pensent que les dessous-de-table sont nécessaires pour bénéficier de certains services !
De même, 84% des personnes interrogées n'ont pas dénoncé des faits de corruption.
Selon les auteurs de l'étude, ces chiffres révèlent une certaine acceptation de ce fléau.
Dans nos murs, le champ sémantique de la petite corruption est d'ailleurs très riche. De nombreux termes qui cachent souvent un désir de légitimation des pots-de-vin ont été inventés par les Tunisiens. Les usagers des services publics qualifient ainsi les pots-de-vin et les dessous-de-table de «cadeaux» ou de «café ». «Khémaïs » et «Achour», sont aussi des appellations que l'on donne aux billets de 5 et 10 dinars, sésames pour de petits passe-droits.
Appelée aussi corruption administrative, la petite corruption se produit au niveau de la mise en œuvre des politiques publiques, là où les fonctionnaires rencontrent les usagers. Il s'agit alors de corruption liée aux lois, à la réglementation en place ou encore d'abus de pouvoir rencontrés au quotidien comme par exemple quand l'agent de circulation demande des paiements aux automobilistes contrevenants pour les laisser en paix.
Les sommes en jeu dans ce type d'échanges sont souvent modestes (entre 5 et 20 dinars dans la plupart des cas) mais en raison du caractère endémique de cette petite corruption, on atteint des sommes totales élevées comparables à celles de la grande corruption, qui pèsent sur le bon fonctionnement des services publics.


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