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Mémoires croisées...contre l'oubli
Publié dans Le Temps le 11 - 07 - 2015

La galerie Roubtzoff à la Marsa ne prend pas de congé. Elle organise pour ses soirées du mois de Ramadan une exposition de circonstance intitulée «L'Ecole de Tunis et Ali Ben Salem».
La conjonction "et" a-t-elle le rôle de signaler une complémentarité entre ce mouvement et Ali Ben Salem ou bien signifie-t-elle une opposition entre les deux. En réalité l'exposition qui nous est proposée par La galerie Roubtzoff regroupe des membres pleins mais d'autre peintres tels que Berraïes, Ben Zakour , Nello Lévy, ont le même statut que Ali Ben Salem et ne peuvent donc être du point de vue historique assimilé à lui.
Quel est donc l'intérêt de cette approche ? Elle ne peut, être à mon sens, qu'une démarche comparative.
L'élément premier de cette comparaison est constitué nécessairement par la présence de peintres reconnus comme tels du groupe de l'Ecole de Tunis. Les premiers travaux que l'on rencontre dès l'entrée, à droite, sont les dessins de Zoubeir Turki et de Hédi Turki : deux mondes différents. Le premier développe un dessin aux lignes cursives aux déliés orientalisants, rappelant, en plus expressionniste, Matisse. Les dessins du second : Hédi Turki, sont accompagnés de quelques tableaux de peinture au style gestuel. La ligne, dans les dessins, est tantôt continue, pleine, rapide, tantôt discontinue en taches irrégulières suggérant des corps de femmes nues tantôt élégants tantôt disgracieux.
Plus loin les tableaux de Jalel Ben Abdallah : Des œuvres classiques sur grand format où l'on retrouve l'iconographie habituelle du peintre. Ici encadrés par des Jelliz de Qallaline à motifs stylisés sont représentés : Qanun, luth, rebeb et autres instruments de musique. D'autres petits formats du peintre : de véritables miniatures représentent d'une manière minimale des personnages, des animaux, des objets tous puisés dans la tradition, baignent dans une ambiance sereine éthérée paradisiaque où rien ne semble pouvoir advenir.
L'autre artiste qui a vécu aussi à Sidi Bou Saïd, Brahim Dhahak dont les gravures sur bois ont fait la réputation, est représenté, ici par quelques unes de ses œuvres ; des gravures dont les graphismes sont issus des nervures sinueuses du bois que les ondulations des costumes de bédouines épousent avec bonheur.
Les peintres comme Soufi, Boucherle, Nello Lévy sont présents avec un souffle franchement moderniste. Boucherle président du groupe de l'Ecole de Tunis sort du lot avec un tableau de sensibilité cubiste représentant le port de Tolède. Soufi plus flamboyant adopte une technique mixte et nous convainc avec ses moyens de coloriste.
Une remarque s'impose une fois l'exposition visitée : c'est l'absence d'une thématique qui créerait une certaine homogénéisation pour en faciliter la lecture et le sens à donner à toute exposition de ce genre. La galerie a essayé de trouver le lien entre les œuvres pour amoindrir l'éclectisme du choix des œuvres exposées. Cet éclectisme habitait aussi la production artistique de l'époque. Les peintres du groupe de l'Ecole de Tunis ont fini par vouloir dépasser un orientalisme qu'on leur décrivait comme décadent. Ils ont abouti, pour certains, à une démarche néo-orientaliste.
Même si elle est éclectique cette exposition est actuelle. En vérité le travail de ce groupe même si les jeunes de l'époque lui reprochaient ses origines coloniales voire folkloriques, a joué un grand rôle dans la formation et dans la constitution du mouvement général des arts plastiques moderne et contemporain. Le mouvement Ecole de Tunis s'est constitué lui-même comme référence positive ou aussi pour certains comme un repoussoir favorisant ainsi le développement d'une dynamique nouvelle dans le pays favorisant l'explosion depuis les années soixante d'une formidable action artistique et une prolifération d'institutions de formation et d'apprentissage de l'art à tous les niveaux. Cette dynamique s'est traduite par la multiplication de galeries et de tendances de positions esthétiques très souvent conflictuelles. Après la création du groupe de l'Ecole de Tunis furent créés à partir du début des années soixante le fameux « Groupe des six » (composé de Néjib Belkhodja, Fabio Roccheggiani, Lotfi Larnaout, Sadok Gmach, Carlo Caracci, Jean-Claude Hennen.) « Le groupe des cinq » Le groupe « Nouvelles tendances » (avec Hatim El Mekki, Mohamed Ben Meftah etc.)« Le groupe des Onze », «Le groupe 70, Le groupe 80..., »,
Le groupe Ettaswwir le Groupe Ertissem (Mahmoud Shili , Ridha Ben Abdallah, Tahar Mimita, Nejib Belkhodja, Rafiq El Kamel etc. Naceur Ben Cheikh) , « Le groupe Chiem »... Ces groupes se faisaient et se défaisaient au gré des intérêts et autres motivations... dont la plus évidente est l'opposition au groupe de l'Ecole de Tunis.
Cette effervescence extrêmement salutaire est tombée aujourd'hui :
"L'Ecole de Tunis a vécu" et ne constitue plus un adversaire contre lequel
l'on peut développer une rivalité. Rivalité qui, n'a été, malheureusement, en l'occurrence qu'assassine.
Il est encore temps aujourd'hui dans cette époque de mutation culturelle dont le maître mot est démocratie, de réfléchir et d'approfondir une approche plurielle où les différenciations les dissensions d'ordre artistique ou culturel peuvent être menées dans un cadre créatif et essentiellement inspiré de la liberté de création. Il sera alors possible que toutes les tendances et "Ecoles" puissent coexister dans la plus vive émulation.
Houcine Tlili


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