Trois longs mois de négociations-tractations et une séance marathonienne à l'Assemblée parlementaire, ont fini par donner à la Tunisie post-révolutionnaire son 7ème gouvernement, cette fois, « d'Union nationale », que tous les Tunisiens attendaient... et c'est tant mieux ! Les mécanismes institutionnels ont bien fonctionné dans la ligne droite d'un système politique qui semble tenir la route malgré les lenteurs des procédures. Par conséquent, pas de crainte spéciale et majeure pour la Démocratie parlementaire qui nous a valu le fameux « Nobel », mais tout le reste est à faire et c'est pas peu ! M. Chahed l'a martelé au Bardo : « l'économie va mal » et la démocratie ne se résume pas dans la parlotte libre et les joutes idéologiques aiguisées mais dans ce défi autrement plus compliqué à réaliser à savoir remettre le pays à nouveau sur orbite de la croissance, du bien être collectif et doper le moral d'une Nation qui commence sérieusement à mettre en doute l'ensemble du processus « révolutionnaire ». En effet, aucun paramètre économique et de croissance n'arrive à la cheville des bilans tant contestés de l'ancienne « dictature ». L'année 2010, cette année de la mise à mort de l'ancien régime est de plus en plus, devenue le témoin du déclassement « révolutionnaire » à tous les niveaux. Les villes tunisiennes en six ans de recréation « populiste-populaire » ont été tout simplement défigurées par l'anarchie des rues, l'extension du commerce parallèle ambulant, les constructions hors la loi et l'amoncellement de déchets solides sur les chaussées totalement délabrées. Aucune autorité digne de ce nom, qu'elle soit municipale, régionale ou centrale n'a pu jusqu'ici, mettre un terme à cette déconfiture qui se prolonge sous nos yeux. Pire encore, l'effet d'accoutumance visuelle a fait que plus personne ne s'étonne de l'état des lieux à telle enseigne qu'un ambassadeur d'une puissance européenne amie a fini par lâcher le mot : « Les touristes de mon pays ne viendront plus si l'état de l'hygiène des villes balnéaires continuent à se dégrader » ! Le pays est comme frappé de paralysie et d'impuissance face au phénomène du laisser-aller intégral. Des terrasses de café en plein avenues prestigieuses, accueillent leurs consommateurs avec des sacs de poubelle et des déchets solides qui leur pointent au nez... et personne ne bouge... On s'accommode de plus en plus de cette fatalité du délabrement « révolutionnaire » des dix dernières années. Tout le reste ne fait que suivre. La culture du travail de l'effort et de « l'Excellence » sont des valeurs de l'ancienne « dictature » de Ben Ali qu'on a jetée à la vindicte populiste-populaire pour installer à sa place la culture des « Droits... et surtout pas de Devoirs » ! Tout le monde défend les « droits » et les 150 députés qui ont pris la parole avant-hier, pour légitimer l'investiture du gouvernement « Chahed », ont développé de quoi faire taire pour l'éternité les rédacteurs du « Bill of hights » britannique de 1689, les rédacteurs de la constitution américaine de 1776, et les rédacteurs français de la déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789 ! Tout le monde somme le nouveau gouvernement et son jeune Premier ministre de trouver les solutions « magiques » aux problèmes de l'emploi des jeunes, des caisses sociales à genoux, du pouvoir d'achat des catégories fragilisées de la population, de la trésorerie nationale « Kaput » comme disent les Allemands, de l'endettement qui culmine à 61% alors qu'il n'était que de 39% en 2010, du développement régionae à l'arrêt depuis 2011, etc... etc.... et la liste des vœux pieux est encore longue ! Mais aucun, nous disons bien aucun, parmi nos honorables députés n'a donné la recette pratique pour solutionner tous ces problèmes... Au gouvernement de se débrouiller et rendez-vous après les 100 jours de grâce, pour que « M. Aladin », le Premier ministre, fasse actionner sa « lampe » ou assumer à nouveau le feu des critiques. Finalement, le brave peuple tunisien est plus raisonnable, à condition de ne pas le manipuler par les discours enflammés de la « révolution permanente », qui, jusque-là, ont installé le pays dans le désastre général. Pourtant, les vraies solutions qui ne relèvent ni du miracle ni d'une ingéniosité particulière et transcendante, sont celles du pragmatisme, du réalisme et de la simplicité ! Laissons les discours-programmes à ceux qui les « rédigent, parmi les faux stratèges des partis et allons droit au but comment disent les Marseillais de l'O.M !... Monsieur le Premier ministre, libérez le capital, les investisseurs et les entrepreneurs de la peur et de l'angoisse des poursuites inquisitoires. Autorisez les Tunisiens de l'étranger et les investisseurs des pays frères et amis, à introduire leurs avoirs en devises dans les banques tunisiennes en toute transparence et sans menaces procédurales ou autres sur leurs biens et leurs personnes. Simplifiez les procédures et les tracasseries bureaucratiques et vous verrez l'argent coulera à flot dans notre pays avec la relance entr'autres, des grands projets bloqués. Nous savons que les critiques et mêmes « accusations » gratuites fuseront de la part qui n'ont jamais monté quoique ce soit dans leur vie, à part les manifestes d'idéologies déclassées depuis les années 50-60 du siècle dernier. Mais, on n'a pas le choix... l'investissement qui va doper la croissance et créer de nouveaux emplois, vaut bien une « Messe »... et la « Messe » c'est de simplifier la bureaucratie. On parle de « corruption » qui prend le large depuis la Révolution... Mais, aucun n'a essayé ou voulu comprendre pourquoi ! Eh bien, une des causes essentielles de la prolifération du mal correctif c'est la multiplicité des procédures et des formalités, l'allègement de l'ordre bureaucratique, doit être la « règle » et non l'exception pour toutes les actions de développement à engager au plus tôt. Simplifiez les procédures et arrêtez la culpabilisation des vrais travailleurs et des promoteurs. L'effet boule de neige permettra de débloquer la machine du développement multiple et intégral. Des actes simples, des mesures pratiques et palpables... c'est cela... l'urgence nationale aujourd'hui. Réhabilitons... le pragmatisme ! K.G