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Accident de Sebbala à Sidi Bouzid Travail précaire, accidents, Indifférence politique… et drames à la pelle
Publié dans L'expert le 17 - 05 - 2019

L'EXPERT – Les accidents de la route se sont multipliés, surtout dans le domaine du transport des travailleurs agricoles, face à l'indifférence des parties concernées, alors qu'ils auraient dû prendre des décisions adaptées, afin de mettre fin aux drames qui se sont multipliés, dans une totale indifférence, des responsables politiques, en mettant tout d'abord à ce système de transport avilissant, alors que tous les Tunisiens pensent qu'ils ont fait une révolution, afin de vivre dans la dignité. Mais, toutefois, les résultats sont loin de répondre aux aspirations du peuple.
C'est un accident de trop qui vient de vivre le pays, avec le drame de Sebbala (Gouvernorat de Sidi Bouzid) et dont le bilan a été de 12 ouvriers, hommes et femmes, tués et 20 autres blessés. Et comme cela ne suffisait pas, on a appris qu'un accident similaire a eu lieu, le même jour, dans le gouvernorat de Kasserine.
Loin de chercher à trouver des solutions à ces situation dramatiques et de proposer des solutions, tous les intervenus se sont enfoncés dans des spéculations et des attaques en règles, avec des tentatives pour exploiter politiquement ces drames… ce qui est, vraiment, éhonté.
Certainement, le gouvernement aurait dû, depuis longtemps, organiser le transport des ouvriers agricoles, d'une manière radicale. Mais, l'indifférence politique n'avait pas permis de trancher, et voilà que nous avons vécu un autre drame dont on aurait pu se passer, parce que plus d'une quinzaine de familles viennent d'être endeuillées.
Le forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDS) a fait porter la responsabilité de l'accident survenu ce matin à l'aube dans la délégation de, aux autorités locales et régionales, déplorant les conditions de transport inhumaines qui a mis en péril la vie des ouvrières agricoles.
La FTDS a dénoncé dans un communiqué, l'augmentation du nombre d'accidents de la circulation au cours de ces quatre dernières années (40 morts parmi les ouvrières agricoles et 492 blessés) mettant l'accent sur le rôle important assumé par les ouvrières du secteur agricole, les sacrifices consentis envers la communauté nationale et l'impact de cet accident tragique sur leurs familles.
La FTDS a exprimé son mécontentement face à la négligence des parties concernées et des responsables gouvernementaux, qui selon cette organisation, n'ont pas assuré les conditions minimales de sécurité aux ouvrières agricoles, rappelant que des accidents mortels ont été perpétrés auparavant dans l'indifférence totale des responsables.
Responsabilité collective
Pour sa part et évoquant l'horrible, le ministre de l'Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Samir Taieb, a souligné la nécessité de prendre des mesures rigoureuses pour mettre fin aux conditions inhumaines du transport de cette catégorie de femmes qui représente 50% de la main-d'œuvre agricole. Et d'avancer que « la responsabilité dans de tels accidents est collective ».
Taieb a précisé, dans une déclaration à la presse en marge de sa visite à Médenine, que la recrudescence de ce phénomène et les accidents devenus répétitifs démontrent que la signature d'une convention entre les ministères de l'Agriculture et de la Femme est insuffisante pour mettre fin à ces problèmes et éradiquer les réseaux des propriétaires de camions qui transportent les ouvrières agricoles, sans un minimum de conditions de sécurité et de préservation de la dignité de l'être humain.
Cela exige, a-t-il dit, une cohésion sociale pour mettre terme à l'exploitation de cette catégorie d'ouvrières et au commerce des êtres humains.
Le ministre a affirmé que son département va suivre ce dossier, après la décision du ministre de l'Intérieur d'ouvrir une enquête sur l'accident, jugeant nécessaire de fournir des moyens de transport adaptés au transport de la main-d'œuvre agricole et d'octroyer des autorisations pour l'acquisition des moyens de transport nécessaires.
Déclaration maladroite de la ministre de la Femme
La ministre de la Femme, de la Famille, de l'Enfance et des Séniors, Neziha Labidi, a déclaré que le gouvernement n'assume aucune responsabilité dans l'accident tragique, faisant porter la responsabilité de l'accident, en premier lieu, au chauffeur de camion. Toutefois, il est de notre droit de juger cette déclaration maladroite, surtout qu'elle réduit le drame à un simple accident de la circulation, alors qu'il est le résultat de toute une politique, sachant que tous les Tunisiens ont le droit de vivre dans la dignité et que l'Etat n'a pas le droit de regarder, sans réagir, pareilles pratiques dans le transport.
Dans une déclaration, Labidi qui est loin de ressentir l'immensité du drame, a souligné que les parties gouvernementales se sont acquittées de leurs obligations envers la femme rurale à travers la mise en œuvre et l'exécution de plans d'actions dans les zones en question, estimant que ces « ouvrières étaient victimes d'un chauffeur de camion irresponsable, qui a enfreint les lois de la sûreté du transport ».
La ministre a rappelé que le gouvernement avait en 2017, mis en place une stratégie nationale au profit de la femme rurale, en collaboration avec les ministères concernés et qu'une enveloppe de 54 millions de dinars a été mobilisée pour l'organisation de ce type de transport.
Labidi a indiqué à cet égard, que le gouvernement a appelé l'ensemble des gouverneurs en septembre 2018, à accorder des autorisations aux chauffeurs exerçant dans les zones rurales, qui leur permettent de transporter les ouvrières agricoles, soulignant que la circulaire relative à cette décision n'a pas été appliquée jusqu'à l'heure actuelle.
En réaction à l'accident tragique, le ministère de la Santé a indiqué dans un communiqué que les soins ont été apportés aux blessés, ajoutant que 3 d'entre eux ont été transférés à l'hôpital Habib Bourguiba de Sfax, 3 autres ont été transférés à l'hôpital Sahloul de Sousse, tandis que 13 blessés ont été transférés à l'hôpital régional de Sidi Bouzid, puis répartis entre les services de chirurgie générale, d'orthopédie, de réanimation et d'urgence.
La même source a révélé que l'état de certains blessés, a nécessité des interventions chirurgicales, tandis que d'autres blessés ont été gardés sous contrôle médicale.
La colère gronde dans la région
Pareille déclarations ne pouvaient qu'attiser la colère des citoyens, surtout que ses dirigeants sont hors de la plaque. Plusieurs représentants d'associations, d'organisations et de la société civile à Sidi Bouzid ont revendiqué, dimanche, l'encadrement et le dédommagement financier et moral des familles des victimes.
Les protestataires, qui se sont rassemblés à la place Bouazizi, en solidarité avec les familles des victimes, avant d'engager une marche dans la rue principale de la ville, ont appelé aussi à définir une solution au problème de transport des ouvrières vers les fermes agricoles.
« Les autorités locales et régionales doivent œuvrer à améliorer les conditions de vie des citoyens, dans ces régions montagneuses, notamment les femmes rurales qui travaillent dans le secteur agricole », a déclaré l'activiste de la société civile, Attia Athmouni, soulignant l'impératif de leurs offrir des conditions de transport et de déplacement sécurisés.
Les protestataires ont scandé des slogans, appelant à la démission du gouvernement, à l'ouverture d'une enquête approfondie sur les circonstances de l'accident, et à l'impulsion du développement et de l'emploi dans les régions intérieures du pays.
L'UGTT n'est pas restée sans réaction, même si elle est timide. Le secrétaire général adjoint de l'UGTT Bouali Mbarki a affirmé dimanche que l'organisation ouvrière adoptera la cause des travailleurs agricoles dans toutes les régions y compris les questions relatives à leur déplacement, leur rémunération et leur droit à la protection sociale.
En visite dans le gouvernorat de Sidi Bouzid pour se rendre au chevet des blessés de l'accident, Mbarki a appelé le gouvernement à prendre des mesures urgentes pour prendre en charge des familles endeuillées.
Trouver des solutions radicales
Il a notamment, insisté, sur l'impératif de trouver une solution définitive au transport des ouvrières agricole et à leur assurer la protection sociale nécessaire, faisant remarquer que les ressources dans cette région se basent principalement sur les activités agricoles.
Bouali Mbarki a indiqué que l'Union générale tunisienne du travail (UGTT) avait exhorté le gouvernement à se pencher sur la situation des familles démunies et aux revenu limité.
L'UGTT avait, déjà, fermement condamné la poursuite, dans l'indifférence persistante, du transport des ouvriers agricoles dans des conditions inhumaines et dangereuses ainsi que le mutisme des autorités et leur incapacité à faire preuve de responsabilité en trouvant une solution à ce problème.
Dans un communiqué publié, samedi, à la suite de l'accident, L'UGTT a fait porter au gouvernement la responsabilité de la poursuite de cette situation.
Elle a qualifié l'accident de « nouveau massacre qui a coûté la vie à des ouvrières agricoles et causé de graves blessures à plusieurs autres », soulignant que le bureau exécutif de la centrale syndicale exprime son immense tristesse et son entière solidarité avec les familles des victimes.
L'UGTT regrette la non application de la convention cadre relative au transport des ouvriers agricoles signée avec l'union tunisienne de l'agriculture et de la pêche (UTAP en raison de l'absence de mesures juridiques garantissant un minimum de sécurité à ces travailleurs et faisant valoir leur dignité.
Un éclair, quand même, dans cette grisaille qui règne, avec la déclaration du porte-parole de l'Etoile du Sahel, Kaïs Achour, qui a annoncé, dimanche, que les recettes de la demi-finale retour de la coupe de la Confédération qui opposera l'équipe étoilée au Zamalek d'Egypte, le 5 mai prochain à Sousse, seront versées aux familles des victimes de l'accident.
Dans une déclaration publiée sur la page officielle Facebook du club étoilé, Achour précise que l'Etoile du Sahel a reçu l'accord de la Confédération africaine de football pour observer une minute de silence en hommage aux victimes, avant le coup d'envoi de la demi-finale aller face au Zamalek, prévue ce dimanche à partir de 20h00 au stade de Borj Al Arab, à Alexandrie.
Il a également présenté les condoléances du comité directeur du club aux familles des victimes de ce tragique accident.
Les ouvriers agricoles ont payé de leur sang la recherche de leur pain quotidien, et il est nécessaire de leur offrir de meilleures conditions de travail et de déplacement, afin de les soutenir dans leur quotidien qui est loin d'être gai.


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