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Conjoncture nationale
Publié dans L'expert le 28 - 08 - 2009

Dans le cadre d'une conjoncture économique internationale assez trouble et imprévisible, la croissance économique peine à démarrer, car tous les intervenants sont à l'expectative. Plusieurs mesures ont été prises à l'échelle internationale pour endiguer la crise financière et les gouvernements étaient obligés de mettre les mains à la poche et secourir les institutions financières en difficultés. Cette crise, qui est partie financière pour se transformer en crise économique, a touché toute l'économie mondiale sous l'effet de la mondialisation accélérée qui a régné au cours des dernières années.
Cette crise, qui est partie financière pour se transformer en crise économique, a touché toute l'économie mondiale sous l'effet de la mondialisation accélérée qui a régné au cours des dernières années. Dans ce tableau, et vu l'intégration avancée de la Tunisie dans le système commercial et économique mondial, notre économie s'est trouvée touchée dans la sphère réelle plutôt que financière. Les plus importants « secteurs moteurs » de notre croissance se sont trouvés en difficulté tels que les IME, le textile-habillement et le tourisme. Face à la crise, le gouvernement tunisien a été proactif et a pris les mesures qui s'imposent au tout début de son déclenchement. Ces mesures étaient-elles suffisantes pour limiter les effets de la crise ? Faut-t-il d'autres mesures pour stimuler la croissance ?

Des mesures appropriées face à une crise importante :
Le réflexe avant-gardiste des responsables tunisiens était un élément important pour trouver les mesures appropriées pour faire face à la crise. C'est dans ce cadre que le Président Ben Ali a ordonné, depuis le mois de Novembre 2008, la création d'une commission nationale, présidée par le premier ministre pour suivre la crise financière mondiale et proposer les mesures appropriées pour y faire face. C'est suite à plusieurs réunions et rapports que des mesures ont été annoncées pour soutenir les entreprises exportatrices en difficulté à cause de la crise. Ces mesures ont été votées par la loi n°2008-79 du 30 décembre 2008, relative aux mesures conjoncturelles de soutien aux entreprises économiques pour poursuivre leurs activités, et son décret d'application n°2008-3931 du 30 décembre 2008. Ces dispositions ont touché essentiellement les entreprises totalement exportatrices.
Une loi des finances complémentaire a même été votée pour la prorogation des mesures anti-crise, et ce, au mois de juillet dernier, portant le budget de l'Etat de 17 206 MD à 17 393 MD, soit une augmentation de 187 MD. Ces fonds supplémentaires serviront à financer de nouvelles mesures pour faire face à la crise, et surtout de:
o Améliorer les liquidités des entreprises qui enregistrent une baisse équivalente ou supérieure à 15% de leurs chiffres d'affaires en raison de la crise économique en leur permettant de déposer les déclarations relatives aux acomptes provisionnels sans les payer et en leur facilitant les procédures de la ristourne des trop-perçus de TVA.
o Accélérer le rythme d'exécution des projets d'ouvrages publics en cours qui ont une vocation économique et à booster le développement régional à travers l'inscription de nouveaux projets tels que des projets de construction de barrages, des projets de voiries et réseaux divers, le projet d'électrification de la banlieue,….
o Soutenir les exportations et renforcer les capacités des entreprises économiques à intégrer les marchés extérieurs, et à garantir les exportations à travers plusieurs mécanismes dont l'appui aux capacités d'intervention de la société de garantie des exportations.

La Banque Centrale de Tunisie, qui a joué un rôle central dans la mise en œuvre des mesures anticrise et la proposition des solutions adéquates, a pris d'autres mesures courageuses.
C'est dans ce cadre que le taux directeur de la BCT a été baissé de 75 points pour le ramener de 5,25% à 4,5%, vu la baisse de l'inflation qui est passée de 4.5% à 3.5% en Janvier 2009. Cette mesure était surtout orientée vers les entreprises pour réduire les charges de leurs financements, et vers les consommateurs pour stimuler la consommation intérieure et faire face à la baisse de la demande extérieure. Il y a eu aussi l'institution de certaines facilités permanentes de dépôts et de crédits auxquelles les banques peuvent recourir de leur propre initiative, tant pour satisfaire leurs besoins en liquidité que pour placer leur excédent auprès de la Banque Centrale. Cette mesure était orientée au profit des banques tunisiennes afin qu'elles améliorent leur situation financière, et qu'elles parviennent à donner l'appui escompté aux entreprises, surtout exportatrices.

Des signes faibles de reprise :
Malgré les mesures importantes prises pour faire face à la crise, les signes de reprise ne sont pas encore au rendez-vous, et ce, pour plusieurs raisons :
- Il est encore tôt pour effectuer une évaluation rationnelle de l'effet des mesures prises,
- La conjoncture internationale est encore instable et la visibilité est encore floue autour des perspectives économiques,
Mais certains signes ne sont pas trompeurs, et confirment que l'économie tunisienne est sur la bonne voie. En effet, les chiffres du mois de Juillet attestent d'une stabilisation de la baisse des exportations qui sont passés de -22.2% en Juin à -21.3% en Juillet. Les secteurs des IME, du textile-habillement et du tourisme semblent moins touchés que prévu.
La baisse de l'investissement industriel s'est arrêtée au niveau de -0.8% après un résultat de -6.5% au mois de Juin.
La baisse des IDE a été confinée au niveau de -24%, ce qui est acceptable en comparaison avec une baisse à l'échelle mondiale de plus de 50% prévue pour 2009.
Malgré la baisse de l'activité économique au cours des derniers mois, le taux de chômage est stabilisé au niveau de 13.9%. Le but de toutes les mesures prises était surtout de maintenir les postes d'emplois et de limiter les licenciements.
Un coup de projecteur sur l'impact de la crise économique sur les autres économies similaires à la Tunisie, permet aussi de démontrer l'importance des mesures prises pour faire face à la crise. Il suffit de suivre les indicateurs macro économiques du Maroc, de l'Egypte et de la Jordanie pour s'en apercevoir.

Dans la tourmente d'une crise économique sans précédent, le fait de maintenir certains indicateurs à leur niveau d'initial est déjà une performance.

Nous comptons sur la croissance des autres :
L'économie tunisienne est, depuis quelques années tirée par la demande extérieure, avec un taux d'effort à l'exportation dépassant les 50% (contribution des exportations dans le PIB). Cette situation nous laisse très attentif au développement de l'activité économique chez nos principaux partenaires commerciaux de l'Union européenne. Les dernières semaines ont apporté du nouveau avec la France et l'Allemagne qui renouent avec la croissance, même si elle n'est que dérisoire (+0.3% au cours du deuxième trimestre). La consommation des ménages dans ces pays est en train de reprendre aussi avec une croissance de +1.3% en France durant le mois dernier. Le climat des affaires en Allemagne s'est nettement amélioré en août pour atteindre son plus haut niveau en près d'un an, ce qui confirme un regain de confiance des investisseurs dans l'économie. Au niveau de l'Europe et de l'économie mondiale, on s'obstine à affirmer qu'il existe de vrais signes de reprise économique. Les signes de reprise de l'économie mondiale vont surtout stimuler les flux d'IDE qui pourront reprendre avec leur rythme connu en 2007 et en 2008, et dynamiser le commerce mondial qui risque de se contracter de 12% au cours de l'année actuelle (prévisions FMI).
Ces signes sont importants pour notre économie nationale, qui tire une part importante de sa croissance de la croissance des autres.

Des objectifs et des mesures qui s'imposent :
Les objectifs de croissance économique en Tunisie ont été révisés à la baisse à plusieurs reprises, au fur et à mesure que l'ampleur de la crise se démystifie. En effet, on est passé d'une prévision de 6.1% au mois de Septembre 2008 à 5.1%, à 4.5% pour se stabiliser à une prévision de croissance variant entre 3 et 3.5%. Ces prévisions sont confirmées par le FMI qui prévoit une croissance de 3.3% pour l'année 2009 et 3.8% en 2010.
Pour arriver à cette croissance positive et réaliser les objectifs de développement prévus dans le 11ème Plan, il est important de maintenir un suivi permanent aux déroulements de la crise et d'interpréter tous les signes de l'économie mondiale. L'esprit réformateur et proactif face à cette crise doit être toujours présent. C'est dans ce sens qu'il est important de :
- Miser encore plus sur l'innovation en tant qu'élément important de stimulation de la croissance économique. La crise doit être une occasion pour rechercher la croissance dans des investissements à forte rentabilité. A ce niveau, la Tunisie semble sur la bonne voie avec l'entrée en activité de plusieurs technopôles et l'atteinte de l'objectif fixé de consacrer 1.25% du PIB à la recherche et au développement. L'Etat doit encourager encore plus l'investissement privé dans le savoir et conduire des projets de partenariat public-privé.
- Stimuler l'épargne des ménages à travers de nouvelles mesures incitatives et la proposition de nouveaux produits d'épargne, pour trouver les ressources financières pour financer l'investissement
- Prendre des mesures en faveur de la consommation intérieure : La crise actuelle a démontré que notre économie était principalement tirée par la demande extérieure. Vu la baisse de la demande et de la consommation dans les principaux partenaires de la Tunisie, il est nécessaire de stimuler la demande intérieure à travers des mesures significatives. La baisse du taux directeur de la BCT de 75 points était une bonne initiative en faveur de la consommation, mais il faut encore plus. Une baisse, même minime de la TVA, contribuera à accélérer la consommation des ménages et redynamiser la croissance économique et ainsi redonner à la demande intérieure une place centrale dans le schéma de croissance.
- La crise actuelle est aussi une bonne occasion pour penser à établir des politiques structurelles qui visent à soutenir la croissance à côté des politiques conjoncturelles.
Il est important de valoriser les mesures prises jusqu'à présent par le gouvernement pour faire face à une crise sans précédent. Tout de même il est nécessaire de rester à l'écoute permanente des préoccupations des différents opérateurs économiques, et assurer un suivi continue de la conjoncture internationale dans ses moindres signes, pour arriver à prendre les mesures qui s'imposent et « rectifier le tir » si le cas se présente.


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