● La Banque Mondiale met en garde contre le risque de l'afflux de capitaux vers l'Asie La Banque mondiale a mis des préventions contre le risque de bulle financière dû à la hausse des flux de capitaux en direction de l'Asie et appelle les autorités locales à éviter une redite de la crise asiatique de la fin des années 1990. La Banque mondiale souligne que le bas niveau des taux d'intérêt dans les pays développés siphonne d'importants volumes de capitaux en direction de l'Asie, où les devises tendent en conséquence à s'apprécier. L'inflation suivie d'un phénomène de bulle financière dangereux pour le secteur bancaire est à craindre. Les interventions qui visent à juguler l'appréciation des devises ont eu un succès et leur caractère non coordonné n'a fait qu'accroître le flux de liquidités, ce qu'a constaté l'institution de prêt. Monsieur Vikram Nehru, économiste en chef de la Banque mondiale pour l'Asie-Pacifique a déclaré: «Nous voyons que les pays en développement d'Asie orientale s'efforcent de gérer les forts volumes de liquidités générés en grande partie par l'assouplissement de la politique monétaire des Etats-Unis». Il a ajouté: «Si cette abondance de liquidités reste durablement à un tel niveau, je pense qu'ils devront prendre de nouvelles mesures". Monsieur Vikram Nehru a énuméré quelques outils dont peuvent recourir les pays asiatiques, parmi lesquels: l'ajustement des politiques monétaires et la suppression des mesures de relance, ainsi que la régulation des secteurs bancaires dans le but de rationnaliser les prêts et emprunts. Le secteur privé est un moteur de croissance: Les ministres des Finances du G20 se réuniront vendredi en Corée du Sud et débattront des taux de change, alors que les pays développés et en développement sont divisés sur l'emploi des mesures de dévaluation. Selon monsieur Vikram Nehru, les flux de capitaux vers l'Asie orientale se font de plus en plus à court terme, les gouvernements locaux sauront toutefois empêcher que cette tendance s'accentue au point que les flux puissent s'inverser rapidement, comme ce fut le cas lors de la crise asiatique de 1997. Dans son dernier rapport semestriel sur l'Asie orientale et Pacifique, la Banque mondiale estime que les économies en développement d'Asie orientale connaîtront en 2010 une croissance de 8,9%. La précédente prévision était à 8,7%, mais les perspectives se sont améliorées concernant le commerce international et les ventes aux particuliers. A l'exception de la Chine, la prévision de croissance est de 6,7% pour 2010, contre 5,5% dans le précédent rapport. Selon ce dernier rapport semestriel de la banque mondiale: "Il est encourageant de constater que le secteur privé redevient le moteur de la croissance, que la confiance est de retour, et que les transactions commerciales reviennent à leur niveau d'avant la crise". "Le retour de forts afflux de capitaux dans la région, couplé aux tensions inflationnistes accrues et à des prix en hausse, constituent un défi (...) et un risque croissant pour la stabilité macroéconomique", adoucit cependant le même rapport. En raison de la lenteur de la reprise dans les pays développés et du retrait des plans de relance dans ceux en développement, la prévision de croissance pour 2011 en Asie orientale a été réduite à 7,8%, contre 8,0% dans le précédent rapport. Sana Belaâzi
Monsieur Vikram Nehru, économiste en chef de la Banque mondiale pour l'Asie-Pacifique a déclaré: «Nous voyons que les pays en développement d'Asie orientale s'efforcent de gérer les forts volumes de liquidités générés en grande partie par l'assouplissement de la politique monétaire des Etats-Unis». Il a ajouté: «Si cette abondance de liquidités reste durablement à un tel niveau, je pense qu'ils devront prendre de nouvelles mesures».