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Année 2002 : 44ème Rapport annuel de la BCT
Publié dans WMC actualités le 11 - 08 - 2003

Lettre introductive au 44ème Rapport annuel de la Banque Centrale de Tunisie sur l'activité économique, monétaire et financière de la Tunisie en 2002 présentée à Monsieur le Président de la République Tunisienne au nom du Conseil d'Administration de la Banque Centrale de Tunisie Par Monsieur Mohamed DAOUAS, Gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie.

Monsieur le Président de la République,
J'ai l'honneur de vous présenter le quarante-quatrième rapport annuel de la Banque Centrale de Tunisie relatif à l'année 2002.

Ce rapport décrit les résultats financiers de l'Institut d'Emission et analyse les faits saillants qui ont marqué la conjoncture internationale et l'évolution de l'activité économique en Tunisie tant à l'échelle globale que sectorielle.

Monsieur le Président,
L'environnement international a été marqué, en 2002, par la poursuite du ralentissement quasi-général de l'activité économique, sous l'effet, notamment, des tensions géopolitiques et d'importants scandales financiers.

Dans ce contexte, la croissance de l'économie mondiale n'a atteint que 3% et la progression du volume des échanges de biens s'est limitée à 3,1%.

Ce ralentissement, conjugué à la décélération des investissements et aux plans sociaux dans le cadre de restructuration d'entreprises, a provoqué la montée du chômage dans les principaux pays industrialisés.

La détérioration du climat de confiance des investisseurs, fortement secoués par l'apparition de dérives comptables et financières de grandes entreprises, a pesé sur les marchés boursiers, déjà affectés par l'éclatement de la bulle des valeurs des nouvelles technologies. Ainsi, la chute des indices des marchés américains et de la zone euro a oscillé entre 17% et 44% et le dollar américain a perdu plus de 15% de sa valeur vis-à- vis de la monnaie européenne.

Aux Etats-Unis, la poursuite de politiques monétaire et budgétaire accommodantes et le maintien des gains de productivité à un niveau élevé, grâce aux innovations technologiques et à la flexibilité du marché de l'emploi, ont permis, néanmoins, de soutenir l'économie qui s'est accrue de 2,4%.

Dans les pays de l'Union européenne, l'activité économique est demeurée atone et la progression du PIB s'est limitée à 1% en raison, surtout, des rigidités structurelles des économies de la zone,
notamment au niveau du marché de l'emploi et de la fiscalité.

Face à cette situation, la Banque Centrale Européenne a opté pour l'assouplissement de sa politique monétaire, mais les mesures de relance budgétaire ont été limitées par les contraintes du pacte de stabilité et de croissance, encore que certains pays aient enregistré des déficits supérieurs au seuil autorisé.

Au Japon, l'enlisement dans la déflation et la dégradation continue du portefeuille des banques accentuée par la chute des valeurs boursières, ont entretenu la fragilité de l'économie qui ne
s'est accrue que de 0,3%.

En revanche, la Chine a continué à enregistrer des taux de croissance élevés, soit 8% en 2002 contre 7,3% en 2001, rendus possibles, notamment, grâce aux flux d'investissements directs étrangers qui, favorisés par l'adhésion de ce pays à l'Organisation Mondiale du Commerce, ont atteint un nouveau record.

Monsieur le Président,

L'économie tunisienne a été rarement confrontée, en une seule année, à la conjonction de tant de facteurs défavorables, en particulier, le prolongement des retombées des évènements du 11 septembre, la détérioration du climat géopolitique international, les effets de quatre années successives de sécheresse et le ralentissement économique, notamment, dans l'Union européenne.

En dépit de cet environnement, la Tunisie a pu, tout en préservant ses grands équilibres interne et externe, réaliser une croissance réelle de 1,7% ; taux qui demeure supérieur au croît démographique et assure, ainsi, l'accroissement du revenu par habitant.

Sur le plan des finances publiques, la consolidation de l'effort de recouvrement fiscal et la rationalisation des dépenses publiques ont permis, malgré un contexte économique défavorable et la poursuite du processus de démantèlement tarifaire, de ramener le déficit budgétaire à 2% du PIB contre 3,5% en 2001.

Quant à l'inflation qui s'est située à 2,8%, elle demeure maîtrisée en dépit des effets de la sécheresse sur les prix des produits alimentaires.

La politique monétaire a contribué à la réalisation de ce résultat tout en assurant un financement adéquat de l'activité économique. Dans ce cadre, l'intervention de l'Institut d'Emission sur le marché monétaire s'est effectuée essentiellement à travers l'instrument de l'appel d'offres, allégeant ainsi le coût de refinancement des banques. D'un autre côté, le réaménagement du taux de la réserve obligatoire en fonction de la forme et de la durée des dépôts, a permis d'inciter les banques à collecter des ressources stables et d'améliorer leur liquidité.

Pour sa part, le secteur bancaire qui a connu en 2002 un fléchissement de son activité, reflétant le niveau de croissance économique, a pu, toutefois, préserver les fondamentaux de sa situation financière. Les établissements de crédit ont, en effet, adopté une attitude à la fois responsable, en poursuivant leur soutien aux entreprises, et prudente, en consentant un effort particulier dans la constitution de provisions pour la couverture de leurs risques.

Cet effort de la part des banques mérite d'être davantage accompagné, pour préserver leur capacité de financement de l'économie, par l'amélioration des conditions réglementaires et judiciaires de recouvrement des créances et l'ancrage de la culture du remboursement du crédit.

Sur le plan extérieur, le déficit de la balance courante s'est limité à 3,5% du PIB contre 4,3% l'année précédente par suite, notamment, de l'importante contraction du déficit commercial et de l'amélioration de la balance des revenus des facteurs. Ce niveau de déficit courant traduit une performance d'autant que son financement a été intégralement couvert par les flux des investissements directs étrangers.

Au niveau des services exportateurs, le secteur touristique a pu, grâce au soutien des autorités et aux efforts déployés par la profession, circonscrire les effets des évènements du 11 septembre dans des limites gérables. Le rôle essentiel de ce secteur dans les apports nets en devises et sa contribution dans la création d'emplois réclament, néanmoins, la prise de mesures stratégiques à même de le rendre moins sensible aux aléas de la conjoncture et de lui garantir un niveau d'activité optimal.

Est-il besoin de rappeler, à ce propos, qu'un meilleur placement du produit touristique exige, d'une part, une implication directe et structurée de la profession, avec l'appui de l'Etat, dans la commercialisation, à travers l'implantation à l'étranger de nouvelles structures ou le développement de partenariat et d'autre part, l'adoption d'une politique de prix adaptée au produit offert.

D'autres activités de services se présentent comme de nouveaux créneaux générateurs de ressources en devises et méritent d'être promues. Il en est ainsi des nouvelles technologies de l'information et de la communication, de l'enseignement supérieur comme de la santé.

Quant aux transferts des tunisiens résidents à l'étranger, ils continuent à progresser à un rythme soutenu et représentent plus de la moitié des recettes touristiques. Pour les stimuler davantage, des produits d'épargne ciblés devraient être développés, notamment, dans les domaines de la création de projets d'investissement, de l'assurance-vie et de la retraite complémentaire.

Monsieur le Président,

Le parcours de l'économie nationale en 2002 témoigne de l'affermissement de sa capacité à surmonter les difficultés conjoncturelles et ce, grâce à la pertinence des réformes engagées et à une gestion macro-économique adaptée. Ce constat a été, également, déclaré dans les commentaires publiés lors de la dernière amélioration de la notation souveraine en 2003.

Dans le cadre de l'approche progressive et cohérente qui caractérise la conduite des réformes structurelles, un intérêt particulier devrait être, toutefois, accordé au renforcement de la transparence et de la bonne gouvernance.

Certes, l'adoption des normes et des principes de diffusion des statistiques et de l'information, pour une plus large transparence de la situation et des prévisions de l'économie, a permis d'en assurer le suivi et d'apporter le soutien approprié aux secteurs clés ; ce qui a valu au pays d'être retenu, en 2002 et pour la première fois, dans le classement mondial sur la compétitivité établi par le Forum économique de Davos.

Néanmoins, le passage de la Tunisie d'une économie d'endettement à une économie de marché réclame l'adhésion de l'ensemble des opérateurs, notamment, le secteur privé.

Caractérisé jusqu'ici par des structures de gestion plutôt familiales, ce secteur est, en effet, appelé à s'ouvrir davantage afin de mobiliser l'épargne locale à travers le marché financier pour que sa contribution à la croissance au cours du dixième plan puisse atteindre le niveau prévu.

On notera pour l'année 2002 une baisse de l'investissement privé imputable à la détérioration de l'environnement international, à l'attitude attentiste des opérateurs dans la perspective de l'élargissement de l'Union européenne et de l'Organisation Mondiale du Commerce et du démantèlement prévu des accords multifibres. Par ailleurs, les investissements demeurent orientés soit vers des secteurs saturés soit de façon répétée dans l'immobilier, notamment ; ce qui contribue à affecter davantage leur rentabilité et leur compétitivité interne et externe.

En vue d'insuffler à l'investissement une nouvelle dynamique qui privilégie l'innovation, la qualité et la valeur ajoutée, le secteur privé se doit d'être plus entreprenant pour s'attirer le capital étranger. Il doit oeuvrer, notamment, à respecter les règles de transparence et de bonne gouvernance pour développer un partenariat fructueux et durable.

D'ailleurs, l'adoption par l'entreprise des normes et pratiques de bonne gouvernance devrait permettre d'accroître son efficience par une meilleure organisation, une fluidité dans la circulation de l'information et une systématisation du processus décisionnel. Elle devrait également permettre l'optimisation de l'utilisation des capacités de production existantes. Sur ce dernier aspect, le taux d'utilisation des capacités de production, en tant qu'indicateur du degré d'efficacité du capital et de
l'orientation des nouveaux investissements, milite en faveur de son institutionnalisation à l'échelle tant globale que sectorielle.

Il reste que, pour l'aider à réussir cette mutation dans un environnement de plus en plus concurrentiel, l'entreprise doit être protégée contre toute forme de concurrence déloyale, en particulier, la prolifération des circuits non organisés.

Sur un autre plan, le renforcement des pratiques de la transparence au niveau du secteur privé, notamment, par la migration progressive vers le régime fiscal réel, est de nature à contribuer à une plus grande maîtrise du déficit budgétaire et de l'endettement public.

La progression dans cette voie, qu'autorise le degré de maturité atteint par l'économie nationale, en général et l'entreprise, en particulier, hissera notre pays à un palier supérieur dans l'équité fiscale.

Monsieur le Président,

Au niveau de la sphère financière, l'application du dispositif réglementaire, institutionnel et logistique, profondément remanié au cours des dernières années, a révélé des insuffisances qui
affectent l'information financière dans sa fiabilité et sa lisibilité.
Cela a contribué à la baisse de l'activité du marché boursier et a occasionné un repli du taux de l'épargne.

Aussi, la transparence doit-elle être inscrite au coeur de la problématique du développement de l'épargne financière pour surmonter les difficultés qui entravent une plus grande contribution du marché financier.

La transparence suggère, pour que l'information financière soit lisible, comparable et accessible à l'ensemble des investisseurs, le respect des standards définis par les tutelles, dont ceux se rapportant aux notes sur les états financiers dans leur aspect favorisant la pertinence, ainsi que pour les stratégies de développement sur le moyen terme.

Dans cette optique, l'adoption et l'application rapide de la norme de consolidation des comptes des entreprises sont de nature à améliorer l'horizon de prévision et la visibilité pour tous les intervenants.

Dans le même ordre d'idées, la mise en place d'une base de données ouverte au public et pouvant être consultée à distance constitue un instrument fort utile pour le développement du marché financier, pour autant qu'elle soit exhaustive et actuelle.

La transparence requiert, par ailleurs, une revalorisation de la fonction d'audit à travers le renforcement de l'indépendance des auditeurs externes et des comités d'audit interne mais, également, une représentation de l'ensemble des intérêts sociaux, le petit actionnariat en particulier.

Monsieur le Président,

Dans le cadre de la dynamique libérale dans laquelle la Tunisie s'est résolument inscrite, le défi consiste à laisser les mécanismes de marché jouer pleinement leur rôle, en évitant cependant des dysfonctionnements majeurs de l'ensemble du système financier qui feraient peser des risques systémiques sur l'économie.

L'estompement des frontières entre la stabilité monétaire et financière sous l'effet conjugué de l'extension de l'activité bancaire à de nouveaux produits financiers tels la bancassurance et, surtout, du rôle de la Banque Centrale de Tunisie de prêteur de dernier ressort, implique une réforme institutionnelle pour l'instauration d'une collaboration étroite et organisée entre les autorités de contrôle et attribuerait, à la lumière des tendances qui se dessinent à l'étranger, le rôle de coordination à l'Institut d'Emission.

LE GOUVERNEUR
Mohamed DAOUAS

(Source: BCT)
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