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Le 12ème plan de développement est-il encore valable ?
Publié dans L'expert le 17 - 02 - 2011


Corrections ou changement de cap ?

La révolution tunisienne du 14 janvier a marqué une rupture importante avec le passé. Elle a surtout changé tout un pays sur tous les niveaux politiques, sociaux et économiques. Nous sommes aujourd'hui face à un nouveau mode de société. Mais surtout nous sommes face à un nouveau paysage économique et un renouveau du model de développement du pays. Un model qui a montré ses limites puisqu'il nous a produit une pauvreté importante, un déséquilibre régional flagrant et une injustice dans la répartition de la richesse. La Tunisie qui adopte le système de la planification, vit la première année de son 12ème plan quinquennal du développement qui s'étale de 2010 à 2014. A la lumière de la nouvelle phase dans laquelle est entrée la Tunisie il est légitime de se poser sur la validité de ce plan et de ses objectifs.

Une naissance anecdotique
Depuis les années 60, la Tunisie vit au rythme de plans de développement, qui étaient triennaux, puis sont devenus quinquennaux. Ces plans contiennent les principaux objectifs et axes de développement durant 5 ans. Une évaluation permanente sur l'état d'avancement des réalisations est effectuée chaque année. En 2006 un plan de 10 ans a été élaboré couvrant la période 2007-2016, et comportant 2 plans de développement, le 11ème plan de développement 2007-2011 et le 12ème plan 2012-2016. Avec la crise économique et financière de 2008, tous les objectifs du 11ème plan ont été revus à la lumière de la conjoncture internationale. En 2009, le gouvernement décide d'élaborer un plan glissant, actualisant les objectifs des deux plans 11 et 12, et créant un tremplin entre les deux. Ce plan glissant couvre une période de 5 ans, 2010-2014. Une évaluation à mi-parcours a été faite pour le 11ème plan couvrant la période 2007-2009 sur la base de laquelle le plan glissant a été rédigé. Et voilà que par miracle, le plan glissant disparaissait, et le gouvernement du président déchu nous parle d'un 12ème plan de développement. Aucune explication n'a été donnée sur ce changement ni sur ses motivations. L'administration découvre chaque jour un nouveau terme. Mais il était évident pour tout le monde qu'on voulait faire imbriquer l'ex programme présidentiel « Ensemble relevons le défis » 2009-2014, au plan de développement, et par conséquent les faire coïncider sur la même période. Un tour de magie qui a défié toutes les règles et a anéanti des mois de travail dans les différentes structures administratives pour l'élaboration et la négociation des objectifs. Le plus dur à accepter c'est que cette manigance a été réalisée par un certain Mohamed Nouri Jouini, actuel ministre du développement et de la coopération internationale. Comme pour plaire au « Roi », on intègre son programme présidentiel dans les plans de développement, normalement indépendants. Une naissance anecdotique, qui s'intègre dans le cadre de l'anarchie totale dans laquelle sévissait l'administration tunisienne durant l'ère du déchu Ben Ali. Cette naissance « à la césarienne » pose la question sur la légitimité de ce plan de développement à la lumière de la réalité de la Tunisie d'aujourd'hui.

Des objectifs ambitieux à réviser
Le 12ème plan de développement est le fruit d'un grand travail de recherche, de négociation, et de coordination au sein de l'administration centrale et dans les régions. Il contient plusieurs objectifs ambitieux, qui cadraient avec la réalité de la date de son écriture.
En effet, le 12ème Plan de développement prévoit une croissance annuelle du PIB de 5,5 %, le renforcement de l'investissement global de 2% par an, le développement des exportations de plus de 40%, l'augmentation de la part des activités à fort contenu de savoir de 30% en 2014 et un revenu moyen par tête d'habitant de 8.300 dinars. On envisage aussi de réduire la dette extérieure à moins de 30% du PIB en 2014, l'abaissement du taux de la dette publique à 40,4% du PIB et la maîtrise de la couverture des besoins de financement de l'économie nationale. On prévoyait sur un autre plan la limitation du taux de chômage à 13,3% actuellement et le ramener à 11.6% en 2014, la création de 415 mille postes d'emploi permettant de couvrir la totalité des demandes additionnelles d'emploi.
Ces objectifs et pas mal d'autres, sont à réviser vu la conjoncture actuelle sur le plan national et international. Les pertes de l'économie nationale suite à la révolution, évaluées à 5000 MD soit 4% du PIB doivent être pris en considération. Certains secteurs ont subi des pertes importantes et ne peuvent pas atteindre les objectifs fixés par le 12ème plan à l'instar du tourisme, l'agriculture, l'industrie et le commerce extérieur. Une révision nécessaire pour ce plan, si le gouvernement décide de continuer la stratégie de la planification.

Changement de cap :
Aujourd'hui des questions vont se poser concernant le modèle de développement qu'on voulait pour la Tunisie. Les axes prioritaires doivent être redéfinies à la lumière de la réalité de l'après révolution. Des dossiers comme l'équilibre régional et l'emploi doivent occuper « les premières loges » dans les priorités des futurs gouvernements.
La stratégie même de la planification est à remettre en cause, puisqu'elle est une pratique révolue dans le temps et date des époques communistes.
Un comité de réflexion sur la Tunisie de l'après révolution doit préparer un nouveau document traçant les principaux axes autour desquels doivent pivoter les différentes actions gouvernementales.
Il est important aujourd'hui de constater la fin du 12ème plan de développement et qu'il est nécessaire de construire le futur sur de nouvelles bases.


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