À compter de ce dimanche 2 juin 2025, le Royaume-Uni bannira officiellement la vente des cigarettes électroniques jetables, aussi appelées « puffs ». Cette mesure, déjà adoptée en France, en Belgique et bientôt en Irlande, vise à limiter l'accès de ces dispositifs aux plus jeunes et à réduire leur impact environnemental. Ces e-cigarettes colorées, sucrées, peu chères et à usage unique, largement consommées par les adolescents, sont accusées d'encourager l'addiction à la nicotine dès le plus jeune âge. « Depuis trop longtemps, les cigarettes électroniques à usage unique souillent nos rues et rendent nos enfants accros à la nicotine », a dénoncé Mary Creagh, secrétaire d'Etat à l'Environnement. Des sanctions dissuasives À partir de dimanche, la vente ou même l'offre gratuite de ces produits sera passible d'une amende de 200 livres sterling (environ 238 euros ou 800 dinars tunisiens). Les récidivistes s'exposent quant à eux à des peines pouvant aller jusqu'à deux ans de prison. L'interdiction a été initiée sous le précédent gouvernement conservateur britannique, et s'inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre le tabagisme chez les jeunes. Selon l'ONG Material Focus, quelque 5 millions de puffs sont jetées chaque semaine au Royaume-Uni, représentant à elles seules plus de 40 tonnes de lithium par an, soit de quoi équiper 5 000 voitures électriques. En plus du gâchis de ressources, ces dispositifs présentent des risques de combustion dans les déchets ménagers. Une tendance chez les jeunes qui inquiète D'après les données de l'association Action on Smoking and Health (ASH), 11 % des adultes britanniques, soit 5,6 millions de personnes, vapotent. Chez les jeunes de 11 à 17 ans, ce taux grimpe à 18 %, soit près d'un million d'adolescents ayant vapoté au moins une fois en 2024. Chez les 18-24 ans vapoteurs, la proportion d'utilisateurs de puffs a chuté de 52 % en 2024 à 40 % en 2025, un effet direct de l'annonce de l'interdiction. La mesure, toutefois, n'interdit pas l'usage personnel de ces produits. Seule la vente est proscrite, ce qui soulève des craintes du côté des distributeurs. Dan Marchant, directeur du plus grand site de vente en ligne Vape Club, met en garde contre un effet pervers : « Nous risquons une augmentation des articles illégaux et potentiellement dangereux ». L'exemple européen inspire... mais la Tunisie reste en retrait En Europe, la France et la Belgique ont ouvert la voie, bientôt rejointes par l'Irlande. Ces pays misent sur l'interdiction des dispositifs jetables pour endiguer l'addiction précoce à la nicotine et préserver l'environnement. En Tunisie, la loi anti-tabac existe depuis 2009. Elle interdit notamment de fumer dans les lieux publics et encadre la publicité pour le tabac. Toutefois, son application est largement déficiente sur le terrain. Dans les cafés, les transports ou même certaines administrations, la fumée reste omniprésente. Un paradoxe inquiétant alors que les enjeux de santé publique, notamment liés aux jeunes, sont majeurs. La question reste donc posée : pourquoi une loi pourtant saluée à son adoption est-elle restée lettre morte ? Ainsi, face à une jeunesse de plus en plus exposée à la nicotine et aux produits dérivés, les gouvernements multiplient les restrictions. Le Royaume-Uni rejoint une dynamique européenne de régulation, pendant que la Tunisie, malgré un cadre juridique existant, peine à transformer ses ambitions sanitaires en réalité concrète. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!