Un homme de nationalité tunisienne a été tué de cinq balles samedi soir à Puget-sur-Argens, dans le département du Var, par un voisin français de 53 ans, qui a également blessé par balle un autre homme, de nationalité turque, avant d'être interpellé par la gendarmerie. Le suspect, adepte déclaré de tir sportif, avait posté des vidéos racistes et haineuses sur un réseau social avant et après son passage à l'acte. Selon le procureur de la République de Draguignan, Pierre Couttenier, l'auteur des faits a été arrêté grâce à une intervention rapide de la gendarmerie, assistée de l'unité du GIGN d'Orange, après avoir pris la fuite en voiture. À l'intérieur du véhicule, les forces de l'ordre ont retrouvé plusieurs armes, dont un pistolet automatique, un fusil à pompe et une arme de poing. La victime tuée serait âgée d'environ 35 ans et résidait dans le voisinage. L'homme blessé, âgé de 25 ans, a été touché à la main et transféré à l'hôpital de Fréjus. Une enquête en flagrance pour meurtre et tentative de meurtre aggravés par des motifs discriminatoires a été ouverte. Le parquet a confirmé que les faits sont considérés comme motivés par l'appartenance réelle ou supposée des victimes à une ethnie, une nation ou une religion déterminée. Les vidéos diffusées par le suspect sur les réseaux sociaux, au contenu explicitement raciste, renforcent le caractère idéologique du crime. Ce double ciblage de personnes d'origine étrangère soulève de vives inquiétudes sur la montée des violences à motivation raciste en France. Sur les réseaux sociaux, plusieurs figures politiques du LFI ont dénoncé un crime raciste. Manuel Bompard, député européen, a qualifié sur X (anciennement Twitter) l'acte d'ignoble meurtre raciste, tout en pointant la responsabilité des discours de haine véhiculés dans certains médias et au sein même des institutions. Jean-Luc Mélenchon a pour sa part dénoncé une « faillite dangereuse » de la parole publique et des responsables politiques, appelant à ne pas minimiser ce drame. Malgré la gravité des faits, la couverture médiatique de l'événement demeure extrêmement discrète, réduite à quelques brèves, sans mobilisation officielle ni communication du gouvernement à ce stade. Un contraste saisissant qui alimente les critiques sur un traitement à deux vitesses de l'information : si les rôles avaient été inversés, soulignent plusieurs internautes, l'affaire aurait probablement occupé la une de tous les journaux et les télévisons français , avec des réactions officielles immédiates. Ce drame pose une fois de plus la question de la reconnaissance du racisme comme facteur aggravant dans les crimes violents, mais aussi celle de l'égalité de traitement médiatique selon l'origine des victimes. En attendant, la communauté tunisienne en France, tout comme les défenseurs des droits humains, exigent justice, transparence et reconnaissance de la dimension raciste de cet acte, pour qu'il ne soit pas relégué à un simple fait divers. Mise à jour : Le ministre français de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a réagi dimanche sur le réseau X, confirmant qu'« un Tunisien a été assassiné par son voisin » et qu'« une autre personne de nationalité turque a été blessée ». Il a précisé que les vidéos publiées par l'auteur « ne laissent aucun doute » sur le caractère raciste de l'attaque. Darmanin a également affirmé s'être entretenu avec l'ambassadeur de Tunisie en France pour exprimer sa compassion aux proches de la victime et sa solidarité à la communauté tunisienne de France. Il a annoncé un échange imminent avec son homologue tunisien, concluant que « le racisme doit être sévèrement puni » et que la réponse pénale doit être implacable face à une telle sauvagerie. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!