L'Inde monte en puissance en Afrique, avec pour ambition de bousculer la Chine, la Turquie, l'Italie, la France, etc. L'Algérie est prioritaire dans cette stratégie, d'ailleurs la présidente de l'Inde, Droupadi Murmu, était à Alger en octobre 2024. Le Premier ministre indien, Narendra Modi, suivra prochainement. Une délégation parlementaire le précède, elle est en terre algérienne depuis le vendredi 30 mai, pour un séjour de 4 jours. Ce voyage a pour but de consolider les liens entre les deux nations, il sera aussi question de la lutte contre le terrorisme, un combat que mène la 5e puissance économique mondiale. La 4e guerre entre l'Inde et le Pakistan a éclaté en mai dernier, suite à une attaque dans le Cachemire indien (des dizaines de morts) attribuée aux rebelles islamistes. Les armes se sont tues mais pas de pause dans le combat contre les insurgés islamistes, a averti Modi, qui a menacé son voisin de reprendre les hostilités cas de nouvel attentat. New Delhi tente de convaincre la communauté internationale du bien-fondé de son intransigeance avec ceux qu'il qualifie de terroristes. La délégation indienne est pilotée par Shri Baijayant Jay Panda et un ancien ministre des Affaires étrangères, Harsh Vardan Shringla, en fait partie. «Le Premier ministre indien, Narendra Modi, effectuera bientôt une visite en Algérie», a fait savoir le chef de cette délégation lors d'une rencontre avec les médias à l'ambassade de son pays à Alger, rapporte El Moudjahid. Le chef de la délégation parlementaire indienne est d'avis que «l'Algérie et l'Inde peuvent collaborer et mettre en œuvre un mécanisme commun en matière de lutte contre cette hydre (…). L'Algérie est un champion de la lutte antiterroriste et contre l'extrémisme. Nous voulons apprendre et bénéficier de votre expertise dans ce domaine», a-t-il déclaré, d'après le même média. M. Shringla l'a corroboré en ces termes : «l'Algérie a beaucoup appris ces dernières décennies : le mouvement salafiste que vous avez dû combattre trouve son origine au Pakistan. Nous combattons la même idéologie extrémiste en Inde. Nous combattons le même niveau insensé de terrorisme et de violence, et je pense que nos deux pays doivent travailler ensemble...». Les médias indiens se sont fait l'écho du discours sur le takfirisme tenu en Algérie par un membre de la délégation indienne, il a dit le pays hôte avait affronté cette idéologie dans les années 1990. Asaduddin Owaisi est le leader de l'AIMIM, ou All India Majlis-e-Ittehadul Muslimeen, la principale formation politique indienne représentant la minorité musulmane de l'Etat d'Andhra Pradesh. D'après le site the week.in, M. Owaisi a évoqué Alger la conjoncture dans son pays. Il soutient qu'il n'y a aucune différence idéologique entre les groupes terroristes qui sévissent depuis le Pakistan et les organisations terroristes internationales telles que l'Etat islamique (Daech) ou Al-Qaïda… «Ils croient bénéficier d'une couverture religieuse, ce qui est totalement faux. L'islam interdit de tuer qui que ce soit, et malheureusement, c'est leur idéologie», a déclaré le responsable politique, cité par le même média. Ce dernier a ajouté que le takfirisme est la manifestation d'une idéologie qui invite à assassiner ses coreligionnaires étiquetés comme des apostats ou des mécréants. M. Owaisi a martelé que ceux qui désignent à tort un musulman comme un apostat sont en fait les vrais mécréants. Il a repris l'exemple de Daech, qui a classé les musulmans chiites et soufis comme des mécréants ; selon lui c'est également le cas au Pakistan où beaucoup d'ahmadis ont été massacrés par des terroristes se réclament de cette idéologie. Des drames humains que l'Algérie a vécus dans sa chair par le passé, rappelle le journal indien… Rappelons que de 1991 à 2002, le GIA (Groupe islamique armé), a catalogué comme mécréants tous ses rivaux et «massacré des centaines de civils innocents au nom de la religion (…). À l'exception de ceux qui sont avec nous, tous les autres sont des apostats et méritent la mort», a dit le patron du média, Antar Zouabri, rapporte The week.in. M. Owaisi est revenu sur la nocivité du Pakistan, alertant la communauté internationale sur cette menace. «Ce n'est pas seulement une question d'Asie du Sud. Nous sommes la quatrième économie mondiale. Que va-t-il se passer ? Voulez-vous que tout ce carnage se propage dans différentes régions d'Asie du Sud ? Non. Il est dans l'intérêt de la paix mondiale de contrôler le Pakistan», a-t-il argué. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!